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	<title>Croyances &amp; Villes</title>
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	<description>Explorez les mondes du croireactualit&#233;s, analyses et enqu&#234;tes.</description>
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		<title>Croyances &amp; Villes</title>
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		<title>Le probl&#232;me du mal : Comprendre le mal comme mal absolu</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Pigler</dc:creator>


		<dc:subject>Expertises</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le Probl&#232;me du mal (3/3) - Dans son introduction Agn&#232;s Pigler, nous a parl&#233; de cette fiction, La grande menace (The M&#233;dusa touch), dans laquelle le protagoniste vainc par deux fois la mort, habit&#233; qu'il est par le mal radical, avec pour seul but la destruction de l'humanit&#233; enti&#232;re. Dans cette derni&#232;re partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal, elle nous invite &#224; nous demander &#171; s'il n'y a pas un mal absolu sup&#233;rieur encore dans sa noirceur au mal radical &#187; en r&#233;pondant aux questions : &#171; Un tel mal absolu est-il pensable ? Est-il explicable ou bien surpasse-t-il &#224; la fois notre raison et notre imagination ? &#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/image-article-le-mal-3-e67f4.jpg?1775209693' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans mon introduction sur l'origine du mal, nous avons parl&#233; de cette fiction, La grande menace (The M&#233;dusa touch), dans laquelle le protagoniste vainc par deux fois la mort, habit&#233; qu'il est par le mal radical, avec pour seul but la destruction de l'humanit&#233; enti&#232;re. Dans cette derni&#232;re partie de ma r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal, nous nous demanderons &#171; s'il n'y a pas un mal absolu sup&#233;rieur encore dans sa noirceur au mal radical &#187; en r&#233;pondant aux questions : &#171; Un tel mal absolu est-il pensable ? Est-il explicable ou bien surpasse-t-il &#224; la fois notre raison et notre imagination ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Nous l'avons vu, le mal est une &#233;nigme et un scandale. C'est en tant qu'&#233;nigme qu'il nous a fallu rechercher ce qui l'explique. Mais nous nous sommes rendu compte que cela ne suffisait pas. Car le scandale reste entier malgr&#233; les explications : comment pourrait-on &#171; expliquer &#187; le scandale absolu des camps de la mort ? S'agissant d'Auschwitz toute tentative d'explication philosophique se trouve terriblement &#233;branl&#233;e et ne r&#233;siste gu&#232;re &#224; cette mise a&#768; l'&#233;preuve. Parmi les intellectuels, Hannah Arendt est, comme nous l'avons dit, une des rares &#224; avoir regard&#233; le probl&#232;me en face. Hans Jonas a n&#233;anmoins propos&#233; une autre analyse du mal absolu. Dans son ouvrage &lt;i&gt;Le concept de Dieu apr&#232;s Auschwitz&lt;/i&gt;, il analyse ce que signifie le silence de Dieu pendant le massacre de son peuple au cours de la Seconde Guerre mondiale. Selon lui, le fait que Dieu ait &#171; laisse&#769; faire &#187; le mal, est le signe de son impuissance. D'o&#249; cette conclusion : il ne faut pas expliquer le mal a&#768; partir de Dieu, mais comprendre Dieu a&#768; partir du mal. C'est pourquoi, devant le mal absolu que repr&#233;sente les camps de la mort, Jonas pose une question qui lui para&#238;t &lt;i&gt;in&#233;vitable&lt;/i&gt; : o&#249; &#233;tait Dieu quand on exterminait des innocents ? Le Dieu dont il est ici question n'est pas celui des philosophes, mais bien celui de la Thora, et devant le scandale absolu du mal nazi il faut reconnaitre que ce Dieu a &#233;t&#233; impuissant &#224; prot&#233;ger sa cr&#233;ation. L'exp&#233;rience historique du mal absolu, le nazisme et avec lui Auschwitz et l'extermination des Juifs, doit d&#232;s lors soulever la question de la validit&#233; de l'id&#233;e m&#234;me de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;De fait, pour Jonas, le mal absolu implique de renoncer &#224; l'id&#233;e de Dieu comme transcendant au mal absolu qui ronge sa Cr&#233;ation, nature et humanit&#233; ensemble, et son silence prouve son impuissance, et peut-&#234;tre son indiff&#233;rence, voire son inexistence. Auschwitz est donc le nom de l'&#233;v&#233;nement qui a r&#233;v&#233;l&#233; l'impuissance de Dieu. D&#232;s lors, l'humanit&#233; endosse une nouvelle responsabilit&#233;. Celle du mal commis, bien s&#251;r, du mal qui existe sans raison, sans motif, sans int&#233;r&#234;t &#8211; bref d'un Mal au-del&#224; de la compr&#233;hension et de l'explication (c'est le mal absolu), et au-del&#224; aussi de tout ce qui est fait pour le combattre ou, &#224; tout le moins, pour t&#233;moigner au nom d'une autre puissance que celle du Mal. D'une certaine mani&#232;re, quand Dieu n'est plus en mesure d'aider les hommes, c'est &#224; eux qu'il revient d'aider Dieu. Telle est la conclusion de Jonas dans ce terrible ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;C'est aussi le point de vue de Marcel Conche qui, dans son &lt;i&gt;Journal &#233;trange, &lt;/i&gt;&#233;crit que la souffrance des enfants constitue le mal absolu : &#171; La souffrance des enfants devrait suffire a&#768; confondre les avocats de Dieu &#187;. Et il ajoute cette pr&#233;cision : &#171; l'exp&#233;rience initiale a&#768; partir de laquelle s'est form&#233;e ma philosophie fut li&#233;e a&#768; la prise de conscience de la souffrance de l'enfant a&#768; Auschwitz ou a&#768; Hiroshima comme mal absolu, c'est-a&#768;-dire comme ne pouvant &#234;tre justifie&#769; en aucun point de vue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;On le voit, pour des philosophes comme Arendt, Jonas ou Conche, le mal absolu a pour caract&#233;ristique d'&#234;tre historique, d'une part, et d'&#234;tre impensable, d'autre part. Tous se r&#233;f&#232;rent &#224; la Shoah comme &#224; &lt;i&gt;l'&#233;v&#232;nement historique total&lt;/i&gt; qui a fait surgir le mal absolu devant nos consciences sans qu'elles puissent pour autant le comprendre et l'expliquer. Devant le scandale du mal absolu la raison ne peut que renoncer &#224; comprendre car le mal absolu produit un sentiment de d&#233;vastation intellectuelle et conceptuelle. Ainsi, le probl&#232;me du mal absolu s'identifie a&#768; celui de la capacit&#233; de destruction humaine, qui rel&#232;ve de notre seule responsabilit&#233;. La question qui se pose alors est la suivante : si Dieu a pu laisser faire advenir le mal absolu, par impuissance ou par indiff&#233;rence, pourquoi nous autres, hommes, avons-nous pu tol&#233;rer ce mal absolu, voire en &#234;tre complices par l&#226;chet&#233; ? L'homme doit se sentir pleinement responsable face au mal et plus encore face au mal absolu. La d&#233;couverte des camps de la mort, et tout ce que le mot d'Auschwitz en est venu a&#768; signifier en tant que manifestation d'une malveillance absolue sans explication ni absolution possible &#8211; tout cela n'implique-t-il pas notre &lt;i&gt;responsabilit&#233; enti&#232;re &lt;/i&gt;d'hommes conscients de notre humanit&#233; ? Si Auschwitz a an&#233;anti la port&#233;e de nos cat&#233;gories morales, Auschwitz a aussi soulev&#233; des doutes radicaux sur nos capacit&#233;s &#224; mettre en pratique ces cat&#233;gories morales en assumant la responsabilit&#233; de ce mal absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le concept de banalit&#233; du mal arendtien prend alors un nouveau sens. En effet, si, dans son ouvrage sur Eichmann, Hannah Arendt a tellement insiste&#769; sur l'apparente absence d'intentions mal&#233;fiques chez ce criminel, c'est aussi, peut-&#234;tre, pour mettre en &#233;vidence la lourde t&#226;che et le spectaculaire d&#233;fi laiss&#233;s en partage a&#768; la philosophie ult&#233;rieure &#224; Auschwitz : la t&#226;che et le d&#233;fi de penser une responsabilit&#233; morale &lt;i&gt;hors intentionnalit&#233;&lt;/i&gt;. Dans le mal absolu tel qu'Arendt l'a analys&#233;, c'est bien en effet la notion d'intention qui vient en question &#8211; m&#234;me si elle n'emploie pas ce vocabulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;i&gt;Du mal radical au mal absolu, en passant par la banalit&#233; du mal, une compr&#233;hension politique est &#224; l'&#339;uvre&lt;/i&gt;. Pour expliquer ce point d&#233;cisif je dirai que le mal est dit &#171; radical &#187; eu &#233;gard au &#171; monde commun &#187;, c'est-&#224;-dire vis-&#224;-vis du monde-du-sens-partag&#233; en tant que monde &#171; politique &#187; ; et qu'il l'est parce qu'il vise sa destruction totale. Mais sa radicalit&#233; va de pair avec le fait troublant que ce mal est accompli individuellement de mani&#232;re tout &#224; fait &#171; banale &#187;, sans qu'il acqui&#232;re la profondeur d'un acte intentionnel. C'est ce dernier trait qui d&#233;finit paradoxalement, chez Arendt, le mal &#171; absolu &#187;. Ce paradoxe conduit directement au ph&#233;nom&#232;ne du mal politique, a&#768; savoir l'existence d'un mal qui ne s'accompagne pas d'un caract&#232;re satanique ni de sa tentation, et qui a cependant des cons&#233;quences sur la &lt;i&gt;totalit&#233;&lt;/i&gt; de la vie humaine. Le mal &#171; absolu &#187; est donc un mal qui s'attaque a&#768; la nature humaine elle-m&#234;me en visant &#224; abolir les racines du vivre-ensemble, c'est-a&#768;-dire la spontan&#233;it&#233; et la libert&#233; humaine. Cette compr&#233;hension du mal r&#233;v&#232;le la responsabilit&#233; des hommes dans le mal absolu et, du me&#770;me coup, l'espoir qu'il est peut-&#234;tre en notre pouvoir de le combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le mal absolu constitue donc, pour la pens&#233;e, un d&#233;fi absolu dans la mesure o&#249;, comme le dit Arendt : &#171; Nous n'avons, en fait, rien &#224; quoi nous r&#233;f&#233;rer pour comprendre un ph&#233;nom&#232;ne dont la r&#233;alit&#233; accablante ne laisse pas de nous interpeller, qui brise les normes connues de nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le mal absolu a &#233;galement &#233;t&#233; analys&#233; par Jacques Derrida dans un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Mal d'archive, une impression freudienne&lt;/i&gt; (1994)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;: Jacques Derrida mentionne le mal radical dans de nombreux textes, parmi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le mal absolu y est nettement distingue&#769; du mal courant, et ses manifestations concr&#232;tes sont sp&#233;cifi&#233;es : g&#233;nocides, Shoah, violence. Pour Derrida, &#224; chaque fois qu'on supprime la possibilit&#233; d'un a&#768;-venir, le mal est absolu. Ce mal absolu est tellement au-del&#224; du mal qu'on ne peut plus tracer une ligne continue entre l'un et l'autre. &lt;i&gt;L'annulation de l'avenir est donc l'autre nom du mal absolu,&lt;/i&gt; pour autant qu'il emp&#234;che que quoi que ce soit puisse arriver. Selon Derrida, quelles que soient les modalit&#233;s du mal, elles conduisent a&#768; ce plus grand risque, &#224; cette plus grande menace : celle qui d&#233;truit toute foi, tout h&#233;ritage, toute croyance, toute m&#233;moire, toute promesse, toute vie, et me&#770;me toute possibilit&#233; de penser ou d'&#339;uvrer. Le mal absolu est ainsi une force de destruction, une force d'annihilation qui ne laisse rien subsister derri&#232;re elle. Il est cette chose obscure, &#233;nigmatique, difficile a&#768; d&#233;limiter, d&#233;terminer ou de&#769;finir. Poser le mal absolu dans son rapport a&#768; la mort et &#224; la destruction c'est aussi poser la question de la r&#233;sistance a&#768; ce mal. &#171; &lt;i&gt;Tu ne tueras point &#187;&lt;/i&gt;, ce commandement qui para&#238;t aussi inconditionnel qu'universel est aussi le plus universellement transgress&#233;. La mort d'autrui est d&#233;valoris&#233;e, elle ne compte pour rien. Il n'y a pour l'autre ni compassion, ni deuil. Cette &#233;clipse est l'un des fondements du mal absolu, comme le montre tr&#232;s bien le film &lt;i&gt;La grande menace &lt;/i&gt; : que l'autre soit d&#233;truit, ou qu'il soit consid&#233;r&#233; comme non humain, cela ne revient-il pas, irr&#233;m&#233;diablement, au m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pour Derrida comme pour Arendt, penser la Shoah, &lt;strong&gt;c'est mettre la m&#233;taphysique a&#768; la question&lt;/strong&gt;, car aucun humanisme au monde ne peut r&#233;sister a&#768; cette mise a&#768; mort de l'&#233;thique qu'a &#233;t&#233; la Shoah. Aucune institution, qu'elle ait &#233;t&#233; partie prenante ou complice, ne sort indemne, immune, saine et sauve d'une dissociation aussi radicale entre l'&#233;thique et la justice. La &#171; solution finale &#187; est un &#233;v&#232;nement singulier, unique, qu'il faudrait red&#233;finir. On utilise en effet diff&#233;rents mots pour la nommer, sans pouvoir s'arr&#234;ter sur aucun &#8211; ni Auschwitz, ni Holocauste, ni Shoah. Comme le mal absolu ou le nazisme, elle ne peut &#234;tre pense&#769;e &lt;i&gt;qu'a&#768; partir de son autre&lt;/i&gt;, &#224; partir de ce qu'elle a tent&#233; d'annihiler, &#224; savoir : l'humanit&#233; &#8211; l'humanit&#233; au-del&#224; des pulsions de mort, de cruaut&#233;, de souverainet&#233; et de pouvoir. Et cet au-del&#224; implique une responsabilit&#233; &#233;thique infinie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Nous venons de v&#233;rifier, en suivant plusieurs auteurs, combien la philosophie &#233;prouve de mal &#224; sonder les ab&#238;mes du mal. L'art nous aidera-t-il &#224; appr&#233;hender enfin le mal dans son absoluit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'argument du film de L&#225;szl&#243; Nemes &lt;i&gt;Le fils de Saul&lt;/i&gt; est le suivant : en octobre 1944, Saul Ausl&#228;nder, un juif d&#233;port&#233; &#224; Auschwitz-Birkenau et qui fait partie d'un &lt;i&gt;Sonderkommando&lt;/i&gt;, est forc&#233; d'assister les SS-nazis dans la mise en &#339;uvre du processus d'extermination dans ce camp. Un jour o&#249; il doit nettoyer la chambre &#224; gaz et d&#233;placer les corps des supplici&#233;s, il cro&#238;t reconna&#238;tre le corps de son fils. Il va d&#232;s lors entreprendre de soustraire ce corps au four cr&#233;matoire et de lui offrir une s&#233;pulture digne, au risque de mettre en danger la r&#233;sistance qui est en train de s'organiser dans le camp. La fa&#231;on de filmer du r&#233;alisateur est int&#233;ressante puisque L&#225;szl&#243; Nemes cadre sans cesse, en plan tr&#232;s serr&#233;, la t&#234;te de Saul, seule &#224; &#234;tre nette sur l'&#233;cran, tout le reste &#233;tant tr&#232;s flou. Le film montre donc, sans le montrer vraiment, le mal absolu des camps de la mort. L'image floue de cet environnement terrifiant renforce le pouvoir de suggestion de l'image, tout en ne nous prot&#233;geant d'aucune mani&#232;re de la souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'alt&#233;ration de l'image convoque alors l'imagination, cette derni&#232;re &#233;tant &#233;galement nourrie et renforc&#233;e par les images documentaires pr&#233;sentes dans l'esprit de chacun. Et il en va de m&#234;me pour les sons environnants, qui prennent un aspect encore plus &#233;pouvantable, peut-&#234;tre. Impossible en effet d'oublier les cris des d&#233;port&#233;s enferm&#233;s et leurs coups contre les portes de la chambre &#224; gaz ; impossible d'oublier les bruits des brosses frott&#233;es sur le sol pour nettoyer leur sang, ou les vocif&#233;rations gla&#231;antes des nazis. Mais, ce que souligne le film c'est avant tout la perte totale de sens dans cet univers du mal sans partage. La seule fa&#231;on de lutter contre cette inhumanit&#233; effroyablement organis&#233;e est le pur geste symbolique de Saul : il veut enterrer celui qu'il a d&#233;cid&#233; &#234;tre son fils, et il cherche &#224; travers tout le camp un rabbin pour r&#233;citer le Kaddish sur la tombe de ce fils.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'humanit&#233; de Saul au c&#339;ur de l'inhumanit&#233; est une fa&#231;on de montrer ce qui est irrepr&#233;sentable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le philosophe et historien de l'art Georges Didi-Huberman a &#233;crit une lettre au r&#233;alisateur. Une lettre qu'il a intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt;Sortir du noir&lt;/i&gt; &#187;, et qui est aujourd'hui publi&#233;e aux &#233;ditions de Minuit. Il tente dans cette lettre de mettre en mots le trouble qu'il a ressenti en voyant cette &#339;uvre cin&#233;matographique, chambre d'&#233;cho &#224; ses propres travaux : &lt;i&gt;&#171; Bien qu'ayant travers&#233; les m&#234;mes sources que vous, les images et les cris de votre film m'ont laiss&#233; sans d&#233;fense, sans savoir protecteur. Ils m'ont pris &#224; la gorge de plusieurs fa&#231;ons&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;C'est une mani&#232;re de souligner que l'art (ici le cin&#233;ma) doit avoir pour imp&#233;ratif, lorsqu'il veut repr&#233;senter le mal absolu, de ne pas le trahir, c'est-&#224;-dire de ne pas chercher &#224; l'expliquer &#8211; car cela offrirait paradoxalement au mal absolu l'occasion d'une sorte de &lt;i&gt;plaidoyer&lt;/i&gt;, un plaidoyer injuste et absurde. Si le mal est absolu, il &#233;chappe n&#233;cessairement &#224; ceux qui tentent de le dire, de l'expliquer, de le comprendre : peut-on vraiment imaginer, penser, expliquer par quelque raison que ce soit la Shoah ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Non, et Primo L&#233;vi a eu raison d'&#233;crire, &#224; propos de la Shoah : &#171; Peut-&#234;tre que ce qui s'est pass&#233; ne peut pas &#234;tre compris, dans la mesure o&#249; comprendre c'est presque justifier. En effet &#8216;&#8216;comprendre'' la d&#233;cision ou la conduite de quelqu'un, cela veut dire les mettre en soi, mettre en soi celui qui en est responsable, se mettre &#224; sa place, s'identifier &#224; lui. H&#233; bien aucun homme normal ne pourra jamais s'identifier &#224; Hitler, &#224; Himmler, &#224; Goebbels, &#224; Eichmann et &#224; tant d'autres encore &#187;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;(Appendice &#224;&lt;i&gt; Si c'est un homme&lt;/i&gt;)&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Au fond, Primo L&#233;vi nous dit que, pour un &#233;crivain ou pour un cin&#233;aste, la difficult&#233; quasi insurmontable consiste &#224; dire et &#224; montrer le mal absolu sans l'expliquer, sans le r&#233;duire, sans le trahir, et donc &lt;i&gt;sans trahir ses victimes&lt;/i&gt;. Au bout du compte donc, lorsque l'art cherche &#224; dire le mal absolu, il ne doit pas chercher &#224; dire l'indicible, mais &#224; dire &lt;i&gt;l'indicibilit&#233; m&#234;me du mal en tant que mal absolu.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Conclusion'&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans mon introduction j'ai &#233;voqu&#233; le film de Jack Gold, &lt;i&gt;La grande menace, &lt;/i&gt;et j'ai qualifi&#233; le protagoniste du film, Morlar, d'incarnation du mal radical et non du mal absolu. Pourquoi mal radical plut&#244;t que mal absolu ? Si l'on se reporte &#224; la d&#233;finition kantienne du mal radical, on s'aper&#231;oit que Morlar lui correspond exactement. Kant, on s'en souvient, s'interroge sur les conditions de possibilit&#233; de l'action moralement mauvaise. Il ne s'agit pas pour lui de rechercher le principe &lt;i&gt;objectif &lt;/i&gt;de la moralit&#233;, mais d'&#233;tablir le fondement &lt;i&gt;subjectif &lt;/i&gt;de l'adoption des maximes non conformes a&#768; la loi morale, c'est-&#224;-dire des maximes particuli&#232;res non universalisables. De m&#234;me, Kant fait alors l'hypoth&#232;se de la pr&#233;sence d'un penchant au mal inn&#233; dans la nature intelligible de l'homme. C'est ce penchant qui produit dans le monde ph&#233;nom&#233;nal notre inclination a&#768; ne pas respecter la loi morale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Or, c'est bien de cela qu'il s'agit chez Morlar : d'un penchant au mal qu'il ne comprend pas lui-m&#234;me et qu'il nomme dans le film sa &#171; &lt;i&gt;mal&#233;diction&lt;/i&gt; &#187;, mais qu'il fait volontairement sien d&#232;s qu'il prend conscience du pouvoir infini que ce penchant lui procure. Le mal de Morlar n'est donc pas absolu si l'on entend par absolu &#171; sans lien &#187;, puisque ce film relie le mal commis par Morlar &#224; l'ensemble des &#233;v&#233;nements qui l'expliquent. De plus, m&#234;me si Morlar finit par devenir &#171; comme un dieu &#187; puisqu'il est plus fort que la mort, le mal qu'il incarne reste relatif &#224; autre chose que lui-m&#234;me car il s'explique par ce que Morlar a lui-m&#234;me souffert en tant qu'enfant, adulte, mari et p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais dans le second film dont je vous ai parl&#233;, &lt;i&gt;Le fils de Saul&lt;/i&gt;, il ne s'agit plus d'un mal radical mais d'un mal absolu. Le mal dans lequel est plong&#233; Saul est, en effet, absolu parce qu'il &#233;chappe &#224; ceux qui tenteraient de le nommer, de l'exprimer et de l'expliquer. Le film de Nem&#232;s sugg&#232;re d'une mani&#232;re tr&#232;s fine ce qu'est le mal absolu en s'abstenant de le montrer : tout est flou dans ce film hormis le visage de Saul, tout est sugg&#233;r&#233; par des bruits et des cris.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;J'ai pos&#233; dans cet expos&#233; trois questions : peut-on conna&#238;tre l'origine du mal ? Qu'est-ce que le mal radical ? Peut-il exister un mal absolu ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#192; la premi&#232;re question, j'ai r&#233;pondu que les th&#233;odic&#233;es qui cherchent &#224; remonter &#224; la source du mal se heurtent &#224; la difficult&#233; d'attribuer le mal &#224; Dieu. Elles posent donc que le mal ne provient que de la &lt;i&gt;privation &lt;/i&gt;qui d&#233;rive de l'imperfection originelle des cr&#233;atures. Mais si le mal trouve ainsi une explication rendant compte de sa re&#769;alite&#769; et de sa nature, il devient fort difficile de comprendre le lien existant entre le mal et la libert&#233;. Je me suis donc tourn&#233;e vers Kant pour tenter de comprendre ce lien. Selon Kant, tout &#234;tre raisonnable est soumis a&#768; la loi morale, et qui dit libert&#233; dit responsabilit&#233;. Mais il est possible de concevoir une volont&#233; qui reconna&#238;t la loi de la raison tout en la violant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ainsi, la responsabilit&#233; s'exerce aussi bien dans le respect de la loi morale que dans l'acte orient&#233; vers le mal. Il s'ensuit que la libert&#233; donne au mal une positivit&#233; : la positivit&#233; d'une force, non pas contradictoire, mais contraire au bien. Par cons&#233;quent, le mal n'est plus une privation. Mais il existe une limite de la libert&#233; pour le mal : un &#234;tre libre n'a pas le pouvoir de se lib&#233;rer de la loi de libert&#233; et de choisir le &lt;i&gt;mal pour le mal&lt;/i&gt;. La volont&#233; humaine n'est donc &lt;i&gt;ni&lt;/i&gt; absolument bonne, puisqu'elle peut choisir le mal, &lt;i&gt;ni &lt;/i&gt;absolument mauvaise, puisqu'elle ne peut pas choisir le mal pour le mal. Le mal radical kantien appara&#238;t ainsi comme pensable, c'est-&#224;-dire explicable et compr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais je me suis demand&#233; s'il n'y avait pas un autre mal, un mal &lt;i&gt;absolu&lt;/i&gt;, qui &#233;chapperait tout &#224; la fois &#224; notre raison et &#224; Dieu lui-m&#234;me. Ce mal absolu, Hannah Arendt nous a aid&#233; &#224; mieux le cerner. Dans son ouvrage sur Eichmann, elle montre que le &lt;i&gt;mal absolu&lt;/i&gt; est celui qui transforme la nature humaine, voire qui &#233;radique l'humanit&#233; de l'homme. Le mal absolu invalide ainsi &#224; sa source la question morale en rendant possible l'impossible. Il ne ressortit plus, d&#232;s lors, des cat&#233;gories du punissable ou du pardon. Il n'a plus rien de commun avec le mal m&#233;taphysique, le mal moral ou le mal radical, parce que non seulement il d&#233;passe tout ce que l'on pouvait imaginer, mais encore il d&#233;sarme nos sch&#233;mas intellectuels de compr&#233;hension.&lt;br class='manualbr' /&gt;Selon Arendt, les crimes qui ont &#233;t&#233; commis pendant la seconde guerre mondiale nous obligent &#224; prendre en compte cette nouvelle forme du mal, vis-&#224;-vis de laquelle les concepts forg&#233;s par la th&#233;ologie ou la philosophie se r&#233;v&#232;lent impuissants. Ce qui an&#233;antit toute tentative de compr&#233;hension du mal absolu est donc l'absence de tout motif et de toute raison compr&#233;hensible dans les crimes commis par les responsables nazis. C'est, pour le dire dans les termes d'Emmanuel L&#233;vinas dans un article intitul&#233; &#171; le scandale du mal &#187;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &#171; l'arbitraire irr&#233;ductible du mal ''m&#233;chant'', du mal sans r&#233;pondant ni r&#233;ponse &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Je voudrais terminer cet article par un po&#232;me, celui du grand Paul Celan, intitul&#233; &lt;i&gt;Fugue de mort (Todesfuge,)&lt;/i&gt; &#233;crit en 1945. Ce po&#232;me dit l'horreur de la d&#233;portation, la douleur de la perte, l'an&#233;antissement du juda&#239;sme et de l'humanit&#233; des hommes. Il dit le mal absolu. La langue po&#233;tique de Celan ouvre &#224; une r&#233;alit&#233; terrible pour toujours expos&#233;e au regard du monde :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Lait noir de l'aube nous le buvons le soir&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous le buvons midi et matin nous le buvons&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;la nuit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous buvons nous buvons&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous creusons une tombe dans les airs on n'y&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;est pas couch&#233; &#224; l'&#233;troit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Un homme habite la maison il joue avec les&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;serpents il &#233;crit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il &#233;crit quand vient le sombre cr&#233;puscule en&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Allemagne tes cheveux d'or Margarete&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il &#233;crit cela et va &#224; sa porte et les &#233;toiles&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;fulminent il siffle ses dogues&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il siffle pour appeler ses Juifs et fait creuser&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;une tombe dans la terre&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il ordonne jouez et qu'on y danse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt; : Jacques Derrida mentionne le mal radical dans de nombreux textes, parmi lesquels : &lt;i&gt;Le retrait de la m&#233;taphore &lt;/i&gt;(dans Psych&#232; 1, 1987), &lt;i&gt;Circonfession &lt;/i&gt;(1991), &lt;i&gt;Politiques de l'amiti&#233; &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;Mal d'Archive &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;Force de loi &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;&#201;chographies de la t&#233;l&#233;vision &lt;/i&gt;(1996), &lt;i&gt;Adieu a&#768; Emmanuel Levinas &lt;/i&gt;(1997), &lt;i&gt;Foi et savoir &lt;/i&gt;(2000), &lt;i&gt;&#201;tats d'a&#770;me de la psychanalyse &lt;/i&gt;(2000), &lt;i&gt;Papier Machine &lt;/i&gt;(2001). Pour renvoyer a&#768; ce th&#232;me, plus fr&#233;quent dans son &#339;uvre a&#768; partir des ann&#233;es 1990, les mots utilis&#233;s peuvent changer. : il est parfois question du &lt;i&gt;pire&lt;/i&gt;, parfois de la &lt;i&gt;loi du pire&lt;/i&gt;, parfois encore du &lt;i&gt;mal radical ou du mal absolu&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Le probl&#232;me du mal : Le mal dans son rapport &#224; la libert&#233; humaine</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Pigler</dc:creator>


		<dc:subject>Expertises</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le probl&#232;me du mal (2/3) - Comme nous l'a montr&#233; Agn&#232;s Pigler dans son premier article, se questionner sur l'origine du mal conduit &#224; des impasses philosophiques et th&#233;ologiques. Dans cette seconde partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal, et son rapport &#224; la libert&#233;, la philosophe s'appuie sur la pens&#233;e de Kant qui envisage le bien et le mal dans les limites de la libert&#233; humaine, c'est &#224; dire &#224; l'aune de la volont&#233; et du libre-arbitre moral.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Religion-+.html" rel="tag"&gt;Religion &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Philosophie-+.html" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L104xH150/illustration-le-mal-2_3-87b0b.jpg?1775209693' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le probl&#232;me du mal (2/3) - Comme nous l'a montr&#233; Agn&#232;s Pigler dans son premier article, se questionner sur l'origine du mal conduit &#224; des impasses philosophiques et th&#233;ologiques car, explique-t-elle : &#171; si le mal peut recevoir un sens, ce n'est certainement pas celui qui consiste a&#768; l'int&#233;grer, pour en amoindrir le scandale, dans une Providence incompr&#233;hensible pour nous. Il faudrait tout au contraire prendre le mal au s&#233;rieux en tant que d&#233;fi lanc&#233; a&#768; la libert&#233; humaine a&#768; partir de cette libert&#233; m&#234;me &#187;. Dans cette seconde partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal et son rapport &#224; la libert&#233;, la philosophe s'appuie sur la pens&#233;e de Kant qui envisage le bien et le mal dans les limites de la libert&#233; humaine, c'est &#224; dire &#224; l'aune de la volont&#233; et du libre-arbitre moral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le mal est &lt;i&gt;toujours d&#233;j&#224; la&#768;&lt;/i&gt;, inexplicable, ancre&#769; a&#768; notre condition ontologique et sans cesse mis en &#339;uvre par nous. C'est l&#224; tout &lt;i&gt;le paradoxe d'une libert&#233; pre&#769;ce&#769;de&#769;e par le mal qu'elle va provoquer.&lt;/i&gt; Faire de notre libert&#233; la racine du mal nous ouvre un autre chemin que celui de la recherche de son origine ; il faut renoncer a&#768; toute &lt;i&gt;explication originaire &lt;/i&gt;du mal. Ce renversement de perspective place le mal dans la seule dimension pratique du questionnement sur nos actes et de notre responsabilit&#233;. Penser la relation du mal et de la libert&#233; revient donc, en premier lieu, a&#768; s'interroger sur la nature me&#770;me de l'action humaine. En effet, si &#234;tre responsable signifie d'abord r&#233;pondre de ses actes, en s'affirmant comme leur cause active, toute la difficult&#233; r&#233;side dans la de&#769;finition de cette activit&#233;. En fait, le rapport entre notre libert&#233; &#224; la loi est, pour une part, un &lt;i&gt;probl&#232;me&lt;/i&gt; car il existe une confrontation entre nos inclinations et les prescriptions de la raison et, pour une autre part, une&lt;i&gt; t&#226;che&lt;/i&gt; puisqu'il s'agit pour notre volont&#233; d'agir d'apr&#232;s la loi morale afin de se rendre autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Selon Kant, la duplicit&#233; de l'homme, est donc celle d'un &#234;tre moral et d'un &#234;tre faillible : l'exp&#233;rience montre que l'homme porte en lui un penchant &#224; d&#233;sirer activement l'illicite, agissant ainsi &#224; l'encontre de l'obligation morale. L'homme exprime sa duplicit&#233; d'&#234;tre faillible qui choisit librement de transgresser ce que sa raison lui prescrit comme norme universelle de son &#234;tre moral. La sensibilit&#233;, en tant que r&#233;ceptivit&#233;, ne saurait en rien rendre compte de notre perfection ou imperfection int&#233;rieure. C'est l'entendement lui-m&#234;me qui commande et qui dispose de l'usage de toutes les facult&#233;s pour les soumettre &#224; son libre arbitre. De m&#234;me, le mal ne saurait r&#233;sulter d'une corruption de la raison morale l&#233;gislatrice, car ce serait abolir la loi morale comme conscience et par suite ne plus reconna&#238;tre son autorit&#233;. Mais cela reviendrait surtout &#224; abolir la libert&#233; dans le mal et &#224; concevoir la raison humaine comme raison maligne, voulant le mal pour le mal. Toute la port&#233;e de la r&#233;flexion kantienne est de penser le bien et le mal dans les limites de la libert&#233;, afin de concevoir la responsabilit&#233; de l'homme dans ses choix : sa libert&#233; s'exprime entre deux extr&#234;mes, une volont&#233; pathologiquement d&#233;termin&#233;e et une raison absolument corrompue. Ainsi, force est de reconna&#238;tre que la nature mauvaise de la volont&#233; r&#233;sulte d'un choix volontaire de principes mauvais et immuables. L'homme est donc mauvais parce que ses actions sont la cons&#233;quence du choix intelligible d'une maxime mauvaise prise pour principe d&#233;terminant de sa volont&#233;. Ce point de vue conduit &#224; consid&#233;rer le mal comme un penchant subjectif adopt&#233; par un &#234;tre faillible dans un &lt;i&gt;acte de libert&#233;&lt;/i&gt; qui rend possible la d&#233;viance des maximes &#224; l'&#233;gard de la loi morale. Ce penchant au mal, &#171; qui s'&#233;veille infailliblement aussit&#244;t que l'&#234;tre humain commence &#224; faire usage de sa libert&#233; &#187;, &#233;crit Kant dans L'&lt;i&gt;Anthropologie&lt;/i&gt;, r&#233;sulte d'un mauvais usage de la volont&#233; eu &#233;gard &#224; la loi morale. On voit que, du point de vue du mal moral, c'est bien la responsabilit&#233; de l'homme qui est en jeu car ce mal concerne avant tout sa libert&#233; et le rapport conflictuel de ses penchants &#224; la loi morale. Soumis &#224; la loi de la libert&#233; l'homme &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt; librement le mal et c'est pourquoi, confront&#233; au tribunal de sa conscience d'&#234;tre moral, il en porte toute la responsabilit&#233;. D'o&#249; la th&#232;se, expos&#233;e par Kant dans son ouvrage &lt;i&gt;La religion dans les limites de la simple raison, &lt;/i&gt;qui affirme que &#171; Cette proposition : l'homme es&lt;i&gt;t &lt;/i&gt;mauvais, ne peut, d'apr&#232;s ce qui pr&#233;c&#232;de, vouloir dire autre chose que ceci : l'homme a conscience de la loi morale, et il a cependant adopte&#769; pour maxime de s'&#233;carter (occasionnellement) de cette loi. Dire qu'il est mauvais par nature, c'est regarder ce qui vient d'&#234;tre dit comme s'appliquant a&#768; toute l'esp&#232;ce humaine : ce qui ne veut pas dire que la m&#233;chancet&#233; soit une qualit&#233; qui puisse &#234;tre d&#233;duite du concept de l'esp&#232;ce humaine (du concept d'homme en g&#233;n&#233;ral), car elle serait alors n&#233;cessaire, mais que, tel qu'on le conna&#238;t par l'exp&#233;rience, l'homme ne peut pas &#234;tre juge&#769; diff&#233;remment, ou qu'on peut supposer le penchant au mal chez tout homme, me&#770;me chez le meilleur, comme subjectivement n&#233;cessaire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, l'homme ne peut devenir mauvais que par sa libert&#233;, c'est-&#224;-dire par le choix d&#233;lib&#233;r&#233; du mal. La &#171; nature &#187; de l'homme qui entre ici en jeu est donc celle de sa volont&#233; qui, ayant choisie le mal, s'identifie &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Tous les &#171; Essais sur le mal &#187;, que ce soit celui de Paul Ricoeur, &lt;i&gt;Le mal, un d&#233;fi &#224; la philosophie et &#224; la th&#233;ologie,&lt;/i&gt; ou d'Hannah Arendt, &lt;i&gt;Eichmann &#224; J&#233;rusalem. Rapport sur la banalit&#233; du mal&lt;/i&gt;, ou encore celui de Myriam Revault-d'Allones, &lt;i&gt;Ce que l'homme fait &#224; l'homme. Essai sur le mal politique,&lt;/i&gt; ou celui de Hans Jonas, &lt;i&gt;Le concept de Dieu apr&#232;s Auschwitz &#8211; &lt;/i&gt;tous ces Essais donc, ont pris pour point de d&#233;part l'analyse kantienne du mal radical en tant que mal moral. Examinons comment ces auteurs transposent le choix d&#233;lib&#233;r&#233; pour le mal &#224; notre &#233;poque contemporaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel de la compr&#233;hension par Hannah Arendt du concept kantien de mal radical est contenu dans le commentaire qu'elle en fait dans son livre &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire &lt;/i&gt; : &#171; Kant, le seul philosophe qui, dans l'expression qu'il forgea a&#768; cet effet, dut avoir au moins soup&#231;onn&#233; l'existence d'un tel mal, quand bien me&#770;me il s'empressa de le rationaliser par le concept &#8220;d'une volont&#233; perverse'' explicable a&#768; partir de mobiles intelligibles &#187;. Ce qui est probl&#233;matique pour Arendt dans la conception kantienne du mal radical, c'est par cons&#233;quent la question de la volont&#233; et des motifs, qu'elle comprend comme une &#171; rationalisation &#187;. Au fond, Arendt rejette la possibilit&#233; que le mal puisse &#234;tre li&#233; &#224; une part monstrueuse en l'homme, et son affirmation selon laquelle le mal radical ne s'explique pas par des intentions mauvaises ou par des motifs m&#233;chants la place en situation de rupture avec la tradition occidentale de la philosophie morale. Pourquoi Arendt effectue-t-elle cette rupture ? Parce que la tradition philosophique t&#233;moigne de l'impuissance de notre philosophie morale a&#768; comprendre le mal politique. Et la rupture est encore plus nette avec l'affirmation provocante d'Arendt selon laquelle le mal n'est pas explicable par un retour sur l'intention &#171; on ne parvient pas a&#768; d&#233;couvrir en Eichmann la moindre profondeur diabolique ou d&#233;moniaque &#187;, &#233;crit-elle dans son livre sur &lt;i&gt;Eichmann&lt;/i&gt;. Dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt;, elle n'utilise pas l'expression de &#171; mal radical &#187; pour qualifier le caract&#232;re des individus, mais pour faire une description ph&#233;nom&#233;nologique du monde totalitaire ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, une description de la dissolution du monde commun par le totalitarisme. L'&#233;pith&#232;te &#171; radical &#187; vient illustrer le caract&#232;re total d'un mal qui vise &#224; la transformation de la nature humaine, voire &#224; l'&#233;radication de l'humanit&#233; de l'homme. En effet, comme Arendt l'&#233;crit dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt; : &#171; le dessein des id&#233;ologies totalitaires n'est pas de transformer le monde ext&#233;rieur, ni d'op&#233;rer une transmutation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;, mais de transformer la nature humaine elle-m&#234;me &#187;. La source du mal radical se trouve ainsi dans l'exp&#233;rience de la d&#233;solation, dans la perte de l'espace entre les hommes, qui est n&#233;cessaire a&#768; la cr&#233;ation d'un monde commun et, par-l&#224;, de toute vie politique. La question qui se pose alors est de savoir comment Arendt est pass&#233;e du &#171; mal radical &#187;, dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt;, a&#768; la &#171; banalit&#233; du mal &#187;, dans &lt;i&gt;Eichmann &#224; J&#233;rusalem&lt;/i&gt;. Et la question est surtout de savoir ce que signifie ce nouveau cheminement de pense&#769;e. Disons tout de suite que ce qu'Arendt abandonne avec l'expression &#171; mal radical &#187; ce n'est pas son analyse du totalitarisme comme tentative pour rendre les hommes superflus et d&#233;sol&#233;s, mais c'est proprement la r&#233;f&#233;rence kantienne attach&#233;e a&#768; l'usage de l'expression de &#171; mal radical &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Sans aborder le compte rendu du proc&#232;s d'Eichmann en d&#233;tail, je me bornerai a&#768; en d&#233;gager les &#233;l&#233;ments essentiels pour la compr&#233;hension de la notion de &#171; banalit&#233; du mal &#187;. Arendt d&#233;crit Eichmann comme quelqu'un qui n'avait aucun motif ni aucune raison personnelle pour d&#233;tester les Juifs. Il n'avait, selon elle, aucune conviction id&#233;ologique ; il n'avait pas sa carte du parti nazi et ne connaissait pas tr&#232;s bien leur programme. Il ne prenait jamais de d&#233;cisions de fa&#231;on autonome et s'arrangeait toujours pour agir en fonction d'ordres re&#231;us. Lors de son proc&#232;s, il r&#233;pond aux questions par des phrases toutes faites, des clich&#233;s. En fait, explique Arendt, il avait fait siennes les r&#232;gles de langage &#233;dict&#233;es par le r&#233;gime, et il fut me&#770;me fier de dire que le langage administratif &#233;tait le seul qu'il conn&#251;t. Eichmann est ainsi d&#233;peint par Arendt comme l'arch&#233;type de &lt;i&gt;l'homme superflu&lt;/i&gt;, c'est-a&#768;-dire de l'homme sans croyances, sans profondeur et facilement rempla&#231;able par quiconque e&#251;t accepte&#769; de remplir sa t&#226;che. La th&#232;se qu'elle propose est finalement qu'Eichmann fait preuve de &lt;i&gt;vacuit&#233; de la pense&#769;e&lt;/i&gt;. Il n'est pas corrompu par nature, mais souffre d'un manque de rapport au monde. Le mal qu'il a impos&#233; aux autres &#233;tait sans motif et surtout sans profondeur ontologique. Ce mal est donc banal, car accompli sans jugement. Eichmann est tout simplement incapable de se mettre a&#768; la place des autres, de faire preuve de pens&#233;e &#171; &#233;largie &#187;, au sens kantien du terme. Arendt remarque dans son ouvrage que cette normalit&#233;-l&#224; est encore plus terrifiante que la perversion ou le d&#233;moniaque, car ce &#171; &lt;i&gt;nouveau type de criminel&lt;/i&gt; &#187; d&#233;fie la compr&#233;hension traditionnelle de la criminalit&#233; et &#233;chappe aux valeurs de la morale classique. Ce qui est &#224; proprement parler &#171; terrifiant &#187;, c'est qu'Eichmann incarne l'id&#233;al-type de l'homme totalitaire et exemplifie, en ce sens, la th&#232;se d'Arendt sur la d&#233;solation totalitaire. En effet, l'individu qui n'a plus de rapports authentiques avec les autres travaillera consciencieusement pour devenir un employ&#233; mod&#232;le et pour acqu&#233;rir ainsi une certaine reconnaissance. Il sera pr&#234;t a&#768; effectuer n'importe quelle t&#226;che, me&#770;me l'extermination de millions de personnes, si cette t&#226;che a l'apparence d'un travail routinier soigneusement organis&#233;. C'est ce caract&#232;re d'employ&#233; soucieux de bien faire son travail qui valut &#224; Eichmann le titre de &#171; sp&#233;cialiste &#187; de la solution finale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le passage du &#171; mal radical &#187; a&#768; la &#171; &#171; banalit&#233; du mal &#187; se comprend donc comme la tentative d'&#233;viter que les horreurs totalitaires ne prennent la forme d'une &lt;i&gt;grandeur satanique&lt;/i&gt;. Arendt expliquait en effet, dans la correspondance qu'elle entretint avec Jaspers, que les actes nazis ne pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des crimes ; ce &#224; quoi Jaspers r&#233;pondait : &#171; votre conception m'inqui&#232;te un peu du fait que la faute qui d&#233;passe toute faute criminelle acquiert in&#233;vitablement une certaine &#171; grandeur &#187; &#8212; une grandeur satanique, qui, pour ce qui est des nazis, est aussi loin de moi que le discours sur le &#8216;&#8216;d&#233;monisme'' de Hitler et autres choses de cette sorte. &#187; (&lt;i&gt;Lettre de Jaspers &#224; Arendt du 23 octobre 1946).&lt;/i&gt; Mais c'est justement la prise en compte de cette &#171; grandeur satanique &#187; qu'Arendt veut &#233;viter avec le concept de &#171; banalit&#233; du mal &#187;. Dans le post-scriptum du compte-rendu qu'elle donne du proc&#232;s d'Eichmann, Arendt &#233;crit : &#171; Eichmann n'&#233;tait pas stupide. C'est la pure absence de pens&#233;e &#8211; ce qui n'est pas du tout la m&#234;me chose &#8211; qui lui a permis de devenir un des plus grands criminels de son &#233;poque. Cela est &#8216;&#8216;banal'' et m&#234;me comique : avec la meilleure volont&#233; du monde on ne parvient pas a&#768; d&#233;couvrir en Eichmann la moindre profondeur diabolique ou d&#233;moniaque &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Arendt d&#233;couvre ainsi que les sources du mal ne sont pas myst&#233;rieuses, profondes ou diaboliques ; elles sont plut&#244;t a&#768; la port&#233;e de tous les hommes. Il n'est pas n&#233;cessaire d'invoquer des forces surnaturelles pour comprendre le mal totalitaire. Or, si le mal n'a pas de profondeur ontologique et s'il est banal, il est &lt;i&gt;en notre pouvoir&lt;/i&gt; de le combattre en exer&#231;ant notre facult&#233; de penser et de juger.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Avec Arendt donc, le mal se d&#233;place de la sph&#232;re de la morale &#224; celle du politique, car il existe une forme de mal &lt;i&gt;sp&#233;cifiquement&lt;/i&gt; &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;. L'ali&#233;nation&lt;i&gt; &lt;/i&gt;politique, ce que Arendt d&#233;signe par le &#171; syst&#232;me totalitaire &#187;, est alors le processus par lequel l'&#201;tat perd le sens de ce qui le d&#233;finit pour ne plus se r&#233;duire qu'a&#768; un complexe de violences et de contraintes. On peut radicaliser une telle conception en isolant plus pr&#233;cis&#233;ment encore la sp&#233;cificit&#233; du mal politique, et c'est ce que fait Myriam Revault-d'Allonnes. Au politique est en effet lie&#769; un type particulier d'attente, d'esp&#233;rance me&#770;me, celle de r&#233;aliser &lt;i&gt;sur terre &lt;/i&gt;le meilleur des mondes. D&#232;s lors que cette esp&#233;rance se pr&#233;sente comme un &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt;, d&#232;s lors que la pr&#233;tention a&#768; am&#233;liorer l'homme devient exigence de le &lt;i&gt;transformer, &lt;/i&gt;le politique adopte le point de vue de la th&#233;odic&#233;e, c'est-a&#768;-dire qu'il nie en l'homme tout ce qui r&#233;siste a&#768; cette transformation. Cette forme d'empi&#232;tement de la sph&#232;re publique sur la sph&#232;re priv&#233;e est caract&#233;ristique des r&#233;gimes totalitaires. La libert&#233; de l'individu y est ni&#233;e au nom d'un id&#233;al de perfection incompatible avec la finitude humaine. L'&#201;tat prend en quelque sorte la place de Dieu : il veut modeler l'homme a&#768; son image. Ce type particulier de &lt;i&gt;perversion &lt;/i&gt;(un id&#233;al qui aboutit a&#768; sa n&#233;gation) nous invite a&#768; nous interroger sur le sens et les limites des diverses ripostes possibles au mal humain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Myriam Revault-d'Allonnes insiste, dans son ouvrage, sur le risque que le politique fait courir &#224; l'homme en se substituant a&#768; la morale ou, pire, a&#768; la religion, en pr&#233;tendant le transformer. Le politique p&#232;che l&#224; par son exigence (irr&#233;alisable) de parfaire l'individu. Il existe donc une sp&#233;cificit&#233; du mal politique qui tient au type particulier d'unit&#233;, de &#171; synth&#232;se &#187; ou de &#171; totalisation &#187; que le politique vise a&#768; r&#233;aliser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous devons aussi r&#233;fl&#233;chir, s'agissant du rapport entre libert&#233; et mal, au fait que l'homme apprend &#224; utiliser la souffrance physique ou psychique pour dominer ou asservir son semblable. Il invente &#224; cette fin les armes les plus raffin&#233;es et les tortures les plus douloureuses. Pouss&#233; par la poursuite des plaisirs, il est entra&#238;n&#233; par une course effr&#233;n&#233;e &#224; la puissance et &#224; la fortune. Dans cette course, la rivalit&#233; primitive prend toutes les formes possibles de la comp&#233;tition f&#233;roce et de la concurrence impitoyable. Dans le but d'obtenir le pouvoir par n'importe quel moyen, il d&#233;veloppe simultan&#233;ment les sympt&#244;mes d'une inflation du moi et d'un d&#233;sir m&#233;galomaniaque de toute-puissance. Cette double inflation fait elle-m&#234;me signe vers l'urgence d'agir, tant il est vrai que, comme Paul Ricoeur l'a soulign&#233;, l'homme qui se trouve confront&#233; au mal &lt;i&gt;se doit&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d'agir&lt;/i&gt;, et d'agir en mettant entre parenth&#232;ses certains probl&#232;mes th&#233;oriques, par exemple celui de l'origine du mal. Il doit s'affirmer comme homme par sa lutte contre le mal, ce qui pr&#233;suppose que le mal soit contingent, c'est-a&#768;-dire d&#233;passable. En effet, pour qui songe a&#768; agir, le mal n'est qu'une re&#769;alite&#769; scandaleuse (tout ce qui ne devrait pas &#234;tre) et un appel a&#768; l'action (qui doit le combattre). C'est l'urgence de l'action qui brise le cercle de la r&#233;flexion th&#233;orique posant abstraitement le probl&#232;me de l'origine du mal. Ainsi p&#233;n&#232;tre-t-on dans l'ordre du concret, o&#249; la question n'est plus celle de l'origine mais celle de la fin : il faut agir pour que cesse le mal. Le combat contre le mal impose donc de r&#233;gler par la pratique un certain nombre de probl&#232;mes sp&#233;culatifs. En premier lieu, agir pour que le mal ne soit pas, c'est poser qu'il pourrait ne pas &#234;tre et qu'il est par cons&#233;quent contingent. Ensuite, la question th&#233;orique du sens de la souffrance est resitu&#233;e sur le plan du mal effectif commis par d'autres hommes et c'est sur ce plan que la souffrance demeure partiellement inexplicable. Pourtant, cela n'enl&#232;ve rien au fait qu'elle est d'abord l'effet concret de la violence&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;que l'homme inflige a&#768; l'homme. Il ne s'agit donc plus que d'agir sur cette violence pour diminuer la souffrance dans le monde. On comprend en lisant Ricoeur que le combat pratique contre le mal n'est jamais un pis-aller &#224; une th&#233;orie. Bien au contraire, c'est l'action qui &#171; r&#233;sout &#187;, en les rendant inessentiels, des probl&#232;mes th&#233;oriques insolubles, par exemple celui du rapport entre Dieu et le mal. Il s'ensuit que penser le mal comme effet d'une pratique &#8211; que ce soit du c&#244;t&#233; de ceux qui exercent le pouvoir, ou de ceux qui &#224; l'inverse renoncent &#224; participer aux affaires de la cit&#233;, ou encore de ceux qui choisissent de faire le mal &#8211; c'est se donner les moyens de repenser notre attitude face au mal et c'est chercher les moyens d'y rem&#233;dier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais n'y a-t-il pas un mal &lt;i&gt;absolu&lt;/i&gt; ? Un mal fait &lt;i&gt;sans aucune r&#233;serve &lt;/i&gt; ; un mal que l'on pourrait presque juger &lt;i&gt;parfait&lt;/i&gt; tant il ne trouve, en chacun de nous, aucune possibilit&#233; de r&#233;action. Un mal &lt;i&gt;stup&#233;fiant &lt;/i&gt;m&#234;me parce qu'il d&#233;passe l'entendement ; un mal absolu sans rapport avec ce que l'on peut normalement imaginer ou penser, c'est-&#224;-dire expliquer et comprendre. Un mal donc, qui transgresserait, non pas la limite qui s&#233;pare le licite de l'illicite, mais la limite entre le possible et l'impossible, le pensable et l'impensable ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#192; suivre : &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le probl&#232;me du mal : Comprendre le mal comme mal absolu&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Relire l'article pr&#233;c&#233;dent : &lt;a href=&#034;https://www.croyancesetvilles.fr/Le-probleme-du-mal-L-origine-du-mal.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le probl&#232;me du mal : les origines du mal&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le probl&#232;me du mal : l'origine du mal</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Pigler</dc:creator>


		<dc:subject>Expertises</dc:subject>
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		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#192; Londres, un d&#233;tective d&#233;couvre qu'un &#233;crivain mourant provoque des catastrophes gr&#226;ce &#224; des pouvoirs t&#233;l&#233;kin&#233;tiques. Sur son lit de mort, le c&#233;l&#232;bre romancier Morlar r&#233;v&#232;le qu'il se croit rempli d'une mission punitive contre l'homme et m&#234;me Dieu. Partant de ce film, The Medusa Touch de Jack Gold, r&#233;alis&#233; en 1977 et dont le titre fran&#231;ais est La grande menace, la philosophe Agn&#232;s Pigler nous convie &#224; partager un examen de conscience philosophique de la notion de mal. Cheminant depuis son origine, passant par son rapport &#224; la libert&#233; humaine, dans une s&#233;rie de 3 articles, Agn&#232;s Pigler nous m&#232;ne jusqu'&#224; la compr&#233;hension du mal comme mal absolu.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Religion-+.html" rel="tag"&gt;Religion &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Societe-+.html" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L115xH150/medusa-63494.jpg?1775209693' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='En-guise-d-introduction-sur-l-origine-du-mal'&gt;En guise d'introduction sur l'origine du mal&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Je voudrais convoquer ici un film qui m'a vraiment marqu&#233; et qui est, pour moi, l'expression m&#234;me du mal radical. Il s'agit du film &lt;i&gt;The Medusa Touch &lt;/i&gt;de Jack Gold, r&#233;alis&#233; en 1977 et dont le titre fran&#231;ais est &lt;i&gt;La grande menace&lt;/i&gt;. Le h&#233;ros du film, John Morlar, est un auteur qui &#233;crit des romans traduisant une volont&#233; d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'agir contre la violence et la cruaut&#233;, dont il rend responsable les institutions (la Couronne d'Angleterre, l'&#233;cole ou l'&#201;glise catholique). Le d&#233;sespoir, l'amertume, la haine qui transpirent dans le film sont celles de Morlar. Cette haine &#224; l'encontre de toutes les institutions va crescendo dans le film. C'est d'abord l'institution de la famille (la nourrice et les parents) qui g&#233;n&#232;re, selon Morlar, le &lt;i&gt;mal social &lt;/i&gt; ; puis celle du coll&#232;ge (il fait br&#251;ler l'institution scolaire), et on peut sans doute parler ici de &lt;i&gt;mal politique &lt;/i&gt; ; puis l'&#233;glise (la cath&#233;drale est d&#233;truite) g&#233;n&#233;r&#233;e par &lt;i&gt;un mal moral&lt;/i&gt; qu'elle perp&#233;tue elle-m&#234;me ; et enfin le genre humain tout entier (l'explosion de la centrale nucl&#233;aire qu'on ne verra pas dans le film) qui est l'expression d'un &lt;i&gt;mal radical&lt;/i&gt;. Pourquoi ? Sous pr&#233;texte que les institutions poss&#232;dent le pouvoir, Morlar les consid&#232;re comme les seules responsables de &lt;strong&gt;sa&lt;/strong&gt; souffrance en tout premier lieu, des guerres et des atrocit&#233;s commises par l'homme ensuite. Sous pr&#233;texte encore que l'&#201;glise a mal agi, il punit l'ensemble des croyants, puisque la destruction finale de la cath&#233;drale an&#233;antit tous les fid&#232;les, les dirigeants et les hommes d'&#233;glise, mais aussi le public. Dans le film, Morlar rencontre deux oppositions fortes, celle de la psychanalyste qui va jusqu'&#224; le tuer au d&#233;but du film, et celle de l'inspecteur qui ira lui aussi jusqu'au meurtre en d&#233;branchant les appareils qui, &#224; l'h&#244;pital, maintenaient Morlar en vie. Mais, malgr&#233; cela, la conception mal&#233;fique du monde selon Morlar devient omnipr&#233;sente dans le film, et triomphe finalement : la folie nihiliste qui s'empare de Morlar est la plus forte, et la morale s'av&#232;re finalement impuissante devant cette soif du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans le film, trois sc&#232;nes en flash-back expliquent le d&#233;sir de mort qui anime Morlar : la nourrice qui le terrorise enfant, les parents qui humilient leur fils, le professeur qui maltraite l'&#233;l&#232;ve Morlar. Mais imaginer la mort de quelqu'un, la d&#233;sirer dans un esprit de vengeance, cela n'a rien &#224; voir avec l'acte de tuer. Imaginez qu'&#224; chaque fois que vous souhaitez la mort de quelqu'un, celle de votre voisin qui met la musique trop fort, celle d'une personne qui vous a fait du mal, ce souhait se r&#233;alise. Or, c'est un &lt;i&gt;d&#233;sir de mort capable de provoquer r&#233;ellement la mort&lt;/i&gt; qui est au c&#339;ur de &lt;i&gt;La Grande menace&lt;/i&gt;. C'est ce qui rend palpable la peur qui existe en chacun de nous : la peur de notre propre violence, de notre pulsion de mort envers autrui. Fort heureusement l'immense majorit&#233; d'entre nous sait faire la diff&#233;rence entre imagination, pulsion, d&#233;sir et r&#233;alit&#233;. Mais nous sommes tous plus ou moins confront&#233;s &#224; cette peur, qui censure parfois nos pens&#233;es violentes et qui nous interroge sur l'espace qui s&#233;pare la pens&#233;e et l'acte. Ai-je le droit de penser cela ? Qu'est-ce que cela va provoquer ? La question morale, celle du bien et du mal, est pos&#233;e en ces termes : &lt;i&gt;Penser mal, est-ce agir mal &lt;/i&gt; ? Qu'advient-il &#224; l'homme qui confond la pens&#233;e et l'acte ? La r&#233;ponse est toujours la m&#234;me : l'erreur, la folie, la mort. Dans &lt;i&gt;La Grande menace&lt;/i&gt;, Morlar est devenu un &#234;tre destructeur &#224; la logique meurtri&#232;re qui accompagne ses actes du discours nihiliste que j'ai &#233;voqu&#233; tout &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans le film, aussi bien la psychanalyste que l'inspecteur, deux &#234;tres dont la rationalit&#233; et l'objectivit&#233; sont &#233;videntes, finissent par &#234;tre persuad&#233;s que Morlar n'est ni un m&#233;galomane ni un fou, ni non plus un psychopathe, mais qu'il poss&#232;de r&#233;ellement le pouvoir d'agir &#224; distance et de donner la mort &#224; distance. Au fur et &#224; mesure que l'enqu&#234;te de l'inspecteur avance, certains faits troublants semblent faire glisser inexorablement le r&#233;cit vers la fronti&#232;re de l'irrationnel. Comment justifier l'inexplicable retour &#224; la vie du cadavre de Morlar, &#233;tendu dans l'appartement &#224; la suite de son meurtre par la psychanalyste et d&#233;clar&#233; mort ? Et ce n'est que le commencement car plus l'inspecteur accumule de t&#233;moignages sur la victime, plus le myst&#232;re s'&#233;paissit. Morlar poss&#232;de non seulement le pouvoir de provoquer des catastrophes mais encore celui de vaincre, de fa&#231;on surnaturelle, la mati&#232;re. Dans le film il ressuscite deux fois, la deuxi&#232;me &#233;tant celle o&#249; il revient &#224; la vie apr&#232;s que l'inspecteur ait d&#233;branch&#233; les appareils qui le maintenaient en vie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;D'o&#249; provient ce terrifiant pouvoir du mal ? Si le Christ a vaincu la mati&#232;re et la mort, c'&#233;tait par l'amour et pour le bien. Si Morlar r&#233;ussi &#224; son tour cette prouesse, c'est par la haine et pour le mal. Morlar ne serait-il pas alors la figure m&#234;me de l'Ant&#233;christ, c'est-&#224;-dire le visage du mal radical ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cin&#233;ma, comme d'ailleurs la litt&#233;rature, nous permet d'appr&#233;hender le mal dans sa radicalit&#233; et son absoluit&#233;. Ce qui est pour la philosophie et la th&#233;ologie un d&#233;fi constitue pour ces deux formes d'art un mat&#233;riau dont la richesse est in&#233;puisable. Non sans ambigu&#239;t&#233;, le cin&#233;ma exprime notre fascination m&#234;l&#233;e de r&#233;pulsion pour le mal et l'horreur. Mais le plaisir ne peut y &#234;tre &#233;prouv&#233; que parce que le mal est tenu &#224; distance, qu'il n'est pas exp&#233;riment&#233;, ni subi r&#233;ellement par celui qui n'en est que le spectateur, et non la victime. Le discours cin&#233;matographique sur le mal permet, gr&#226;ce &#224; cette distance, de sonder les ab&#238;mes du mal et de la m&#233;chancet&#233;, d'aller jusqu'au bout de la connaissance du mal. Il permet au spectateur de se projeter dans une &#171; &lt;i&gt;logique de &lt;/i&gt;l'abject &#187;, comme Georges Bataille l'a &#233;crit dans &lt;i&gt;La litt&#233;rature et le mal&lt;/i&gt;. Il ne s'agit pas d'expliquer ou de justifier le mal mais de le donner &#224; voir sous toutes ses facettes, de le prendre en compte comme une possibilit&#233; inscrite au c&#339;ur de l'&#234;tre humain. Le cin&#233;ma pose ainsi cette question : jusqu'o&#249; est-il possible de vouloir le mal ? Peut-on vouloir le mal pour le mal ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;On se souvient que Kant excluait la possibilit&#233; d'une volont&#233; diabolique choisissant d&#233;lib&#233;r&#233;ment pour maxime de son action de faire &lt;strong&gt;le mal pour le mal&lt;/strong&gt;. La faute morale consistait seulement, selon lui, &#224; s'excepter de la loi morale tout en en reconnaissant l'existence et la validit&#233; universelle. C'est pourquoi il &#233;crivait dans &lt;i&gt;La religion dans les limites de la simple raison &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Il n'existe [&#8230;] pas pour nous de raison compr&#233;hensible pour savoir d'o&#249; le mal moral aurait pu tout d'abord nous venir&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il pour autant renoncer &#224; essayer de comprendre le mal et de penser son origine ? L'&#233;chec des tentatives de justification ou d'explication du mal ne doit-il pas plut&#244;t &#234;tre compris comme une invitation &#224; reprendre le questionnement et &#224; penser le mal &lt;i&gt;autrement&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ma part, j'envisagerai le mal selon trois axes : le premier sera celui de son origine, le deuxi&#232;me celui de son rapport &#224; la libert&#233; et, enfin, le troisi&#232;me axe sera celui de la compr&#233;hension du mal comme mal absolu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='L-origine-du-mal'&gt;L'origine du mal&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pourquoi le mal ? D'o&#249; viennent la souffrance, le p&#233;ch&#233; ? Questions graves, qui ont passionne&#769; bien des esprits, provoque&#769; bien des r&#233;ponses dans le camp des philosophes comme dans celui des th&#233;ologiens. Face au d&#233;fi qu'il lance, tout &#224; la fois, &#224; la pens&#233;e et &#224; l'existence, nous dirigeons toujours nos plaintes vers le Transcendant lorsque nous interrogeons l'insondable opacit&#233; du mal et son scandale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Kant a distingu&#233;, dans la &lt;i&gt;Critique de la raison pratique,&lt;/i&gt; le &#171; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;mal subi&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; par la souffrance ou l'injustice du &#171; mal commis &#187; par la propension mauvaise de la volont&#233;. Toute souffrance provient d'une violence, d'une cruaut&#233; ou d'une m&#233;chancet&#233; subies, et c'est face &#224; ce qui nous accable que nous cherchons une raison en demandant : pourquoi ce mal, d'o&#249; vient-il, qui l'a commis ? Cette volont&#233; de trouver la cause du mal est une fa&#231;on de vouloir l'expliquer, une fa&#231;on de r&#233;duire notre ignorance en int&#233;grant le mal dans un discours rationnel qui lui donnera un sens et qui r&#233;pondra &#224; la question du pourquoi. Rechercher l'origine du mal, en d&#233;terminer la cause, c'est faire le premier pas sur le chemin du soulagement : le mal appara&#238;t moins angoissant d&#232;s lors que l'on est en mesure de l'expliquer un tant soit peu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ceci &#233;tant, faire provenir le mal de Dieu c'est lancer un formidable d&#233;fi th&#233;ologique. En effet, comment Dieu, cr&#233;ateur de toutes choses, infiniment bon et tout-puissant, pourrait-il &#234;tre le cr&#233;ateur du mal ? Pourtant, si Dieu est le cr&#233;ateur de toutes choses, il devrait, logiquement, &#234;tre &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; le cr&#233;ateur du mal. La question est extr&#234;mement d&#233;licate puisque soutenir que Dieu est cr&#233;ateur du mal c'est dire que Dieu a voulu le mal, ce qui entre en contradiction avec la d&#233;finition m&#234;me de Dieu. Cette question est au c&#339;ur de toutes les th&#233;odic&#233;es. D&#233;j&#224; Platon, au livre II de &lt;i&gt;La R&#233;publique, &lt;/i&gt;a montr&#233; combien il est absurde d'affirmer que le dieu a voulu le mal car le concept d'une divinit&#233; m&#233;chante est une contradiction dans les termes. Le dieu de Platon est seulement cause du Bien, et le mal est radicalement &#233;tranger au pouvoir divin. L'origine du mal ne peut donc &#234;tre qu'une cause ext&#233;rieure au divin, par exemple la mati&#232;re qui &#233;chappe, par principe, &#224; la volont&#233; du dieu. Ce que pense Platon, dans la &lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt;, c'est donc la co&#239;ncidence parfaite entre le divin et l'Id&#233;e de Bien &#8211; Id&#233;e qui constitue le principe supr&#234;me du savoir aussi bien que de l'&#202;tre. Il s'ensuit que, pour Platon, le mal est un principe de corruption et que cette n&#233;gativit&#233; le fait d&#233;choir ontologiquement par rapport au Bien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Or il semble bien difficile de n'attribuer &#224; Dieu que le Bien, c'est-&#224;-dire la seule &lt;i&gt;forme&lt;/i&gt; du monde, sans lui en attribuer en m&#234;me temps la &lt;i&gt;mati&#232;re,&lt;/i&gt; et donc le mal. Les th&#233;odic&#233;es des penseurs chr&#233;tiens ne peuvent, comme Platon, renvoyer l'origine du mal &#224; un principe qui &#233;chapperait au pouvoir de Dieu. Il faut donc trouver une autre origine du mal qui ne remette pas en cause le concept m&#234;me de Dieu englobant tout &#224; la fois sa puissance et sa bont&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leibniz montre, dans ses &lt;i&gt;Essais de th&#233;odic&#233;e, &lt;/i&gt;qu'un mal qu'il nomme &#171; mal m&#233;taphysique &#187; est absolument n&#233;cessaire dans le monde, et que ce mal m&#233;taphysique n'est rien d'autre que la &#171; limitation des &#234;tres cr&#233;&#233;s &#187;. Ainsi le mal est-il identifi&#233; &#224; l'imperfection des cr&#233;atures. Cette imperfection est n&#233;cessaire parce qu'il faut que ce qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; soit inf&#233;rieur &#224; son Cr&#233;ateur. Dieu n'est donc pas responsable du mal dans le monde, car ce mal est inh&#233;rent &#224; l'imperfection du monde lui-m&#234;me en tant que monde cr&#233;&#233;. Cr&#233;er un monde, est un bien puisque l'&#234;tre est pr&#233;f&#233;rable au n&#233;ant, mais cela implique n&#233;cessairement une forme de mal puisque toute cr&#233;ature est et reste inf&#233;rieure a&#768; son cr&#233;ateur. Le monde est ainsi dot&#233; d'une dignit&#233; ontologique moindre que celle de Dieu, ce qui n'emp&#234;che pas, ajoute Leibniz, qu'il soit le meilleur des mondes possibles&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On retrouve ici l'un des motifs constants de l'approche philosophique, aussi bien que th&#233;ologique, du mal. Il s'agit au fond d'identifier, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &lt;i&gt;ce monde-ci &lt;/i&gt;au mal, pour renvoyer l'existence accomplie du bien dans un &lt;i&gt;autre monde, &lt;/i&gt;ext&#233;rieur et ontologiquement sup&#233;rieur a&#768; celui dans lequel nous vivons. Mais cette perspective consiste aussi &#224; tenir pour identiques le mal et la finitude ontologique, et a&#768; rendre par l&#224; le premier, le mal, aussi &lt;i&gt;logiquement n&#233;cessaire&lt;/i&gt; que la seconde, la finitude ontologique. Il est n&#233;anmoins possible de se demander s'il convient, pour expliquer le mal, de l'aborder seulement, comme le fait Leibniz, sur le versant ontologique du r&#233;el et de laisser par l&#224; m&#234;me dans l'ombre ce qui pourrait constituer l'origine essentiellement &lt;i&gt;morale &lt;/i&gt;du mal&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Tel n'est certes pas le point de vue de Kant lorsqu'il &#233;crit, dans &lt;i&gt;La religion dans les limites de la simple raison &lt;/i&gt; : &#171; Le mal n'a pu provenir que du mal moral (non de simples bornes de notre nature), et pourtant notre disposition primitive est une disposition au bien (et nul autre que l'homme lui-m&#234;me n'a pu la corrompre si cette corruption doit lui &#234;tre imput&#233;e) ; il n'existe donc pas pour nous de raison compr&#233;hensible pour savoir d'o&#249; le mal aurait pu tout d'abord nous venir.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Kant, l'origine du mal est donc insaisissable parce qu'elle n'est pas &#171; compr&#233;hensible &#187;. Elle lui appara&#238;t comme un probl&#232;me insoluble. Face &#224; cette obscurit&#233; ind&#233;passable, ce que l'existence effective du mal fait surgir c'est, fondamentalement, la question de la possibilit&#233; que le mal soit une caract&#233;ristique essentielle de l'homme lui-m&#234;me. En fait, pour Kant, l'homme a seulement un &lt;i&gt;penchant&lt;/i&gt; au mal &#8211; et &#224; un mal que Kant qualifie, non de &#171; mal m&#233;taphysique &#187; mais de &#171; mal radical &#187;, au sens o&#249; ce mal remonte jusqu'aux racines de notre conduite morale, ce qui fait qu'il corrompt le &lt;i&gt;fondement&lt;/i&gt; de nos maximes morales.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question de savoir d'o&#249; vient notre penchant au mal, quelle en est l'origine, Kant convoque le r&#233;cit de la &lt;i&gt;Gen&#232;se&lt;/i&gt; pour &#233;tablir que le mal a une origine rationnelle, c'est-&#224;-dire intelligible et non temporelle ; que ce penchant au mal ne provient pas de l'exp&#233;rience et que son origine demeure d&#232;s lors pour nous insondable et incompr&#233;hensible. Kant d&#233;finit ainsi le mal, en r&#233;f&#233;rence au p&#233;ch&#233; d'Adam, comme une faute morale puisqu'Adam s'est soustrait volontairement au commandement divin &#8211; commandement que Kant demande de comprendre comme une loi morale. Ce faisant, Adam a subverti radicalement la maxime de sa volont&#233;. Le fondement du penchant de l'homme au mal est depuis lors insondable, dans la mesure ou&#768; on ne peut rendre raison du premier choix, par Adam, d'une volont&#233; contraire a&#768; la loi morale. Pourtant, sans un tel penchant inexplicable on ne pourrait s'expliquer la possibilit&#233; de maximes contraires a&#768; la loi morale. Le penchant au mal est donc ce qui fonde, du point de vue subjectif, la possibilit&#233; de l'inclination a&#768; ne pas respecter la loi morale. En cons&#233;quence, le penchant au mal doit &#234;tre pens&#233; comme &lt;i&gt;inn&#233; &lt;/i&gt;puisqu'il pr&#233;c&#232;de tout acte sensible, et c'est par l&#224; que ce penchant est insondable et &#233;chappe a&#768; toute explication. De m&#234;me, on ne peut rendre raison de l'adoption par la volont&#233; d'une maxime contraire a&#768; la loi morale alors me&#770;me que la volont&#233; devrait adopter une maxime conforme au devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;N&#233;anmoins, le penchant humain au mal peut aussi &#234;tre pense&#769;, en un certain sens, comme &lt;i&gt;acquis&lt;/i&gt;, c'est-a&#768;-dire comme choisi, en un sens, par l'homme lui-m&#234;me dans la mesure ou&#768; ce penchant r&#233;sulte de l'acte libre de la volont&#233; de celui qui en porte, d&#232;s lors, la responsabilit&#233;. Mais, plus profond&#233;ment, notre penchant au mal est &lt;i&gt;inn&#233;,&lt;/i&gt; au sens ou&#768; il n'est plus possible de modifier ce choix originaire de la volont&#233; pour le mal, m&#234;me si la conversion morale reste toujours possible. Le mal s'origine finalement dans la nature intelligible de l'homme, c'est-&#224;-dire dans sa propre &#171; personnalit&#233; &#187;, celle du sujet agissant librement sans &#234;tre d&#233;termin&#233; par des mobiles sensibles. Selon Kant, toute la force du mal radical provient du caract&#232;re incompr&#233;hensible de l'origine du mal moral. Seul le bien poss&#232;de un principe (la loi morale), et le mal repr&#233;sente la r&#233;sistance insondable de la volont&#233; devant le principe du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Comme nous l'avons vu, se questionner sur l'origine du mal conduit &#224; des impasses philosophiques &#8211; et aussi th&#233;ologiques car, si le mal peut recevoir un sens, ce n'est certainement pas celui qui consiste a&#768; l'int&#233;grer, pour en amoindrir le scandale, dans une Providence incompr&#233;hensible pour nous. Il faudrait tout au contraire prendre le mal au s&#233;rieux en tant que d&#233;fi lanc&#233; a&#768; la libert&#233; humaine a&#768; partir de cette libert&#233; m&#234;me. En effet, pour Kant, nous entendons la voix de l'imp&#233;ratif cat&#233;gorique qui exige de nous que nous agissions moralement m&#234;me si nous faisons le choix du mal. C'est sur ce point qu'on peut mesurer l'originalit&#233; de la pens&#233;e kantienne du mal, pour autant qu'elle situe, comme je l'ai dit, le mal dans la nature humaine elle-m&#234;me, une nature qui n'est pas r&#233;ductible &#224; celle des choses physiques puisqu'elle participe du monde suprasensible, puisque la libert&#233; est a&#768; son fondement. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc a&#768; partir de la libert&#233; - et donc de notre raison pratique, et non plus th&#233;orique &#8211; que le mal acquiert son &#233;paisseur de scandale, et c'est a&#768; partir du moment ou&#768; nous renon&#231;ons a&#768; l'expliquer et &#224; en chercher l'origine que le mal prend un sens pour et par une pens&#233;e de la libert&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;strong&gt;Article &#224; suivre&lt;/strong&gt; : Le Probl&#232;me du mal - Le mal dans son rapport &#224; la libert&#233; humaine&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'auteure&lt;/strong&gt; : Agn&#232;s Pigler, professeure agr&#233;g&#233;e, professeure de chaire sup&#233;rieure et docteure en philosophie, est l'auteure de plusieurs ouvrages sur Plotin, dont elle est une sp&#233;cialiste, et de nombreux articles concernant la philosophie antique, la philosophie morale et politique ainsi que la philosophie esth&#233;tique. Elle a enseign&#233; aux &#201;tats-unis, en m&#233;tropole et dans les territoires ultra-marins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Conf&#233;rence &#224; l'IMA le 3 f&#233;vrier - Averro&#232;s avec Ma&#239;monide : l'averro&#239;sme juif </title>
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		<dc:date>2026-02-02T08:25:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>KONARZEWSKI</dc:creator>


		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Islam</dc:subject>
		<dc:subject>Judaisme</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Communiqu&#233; - &#192; l'occasion des 900 ans de la naissance d'Averro&#232;s (Ibn Rushd, 1126-1198), l'Institut du monde arabe d&#233;die l'&#233;dition 2025-2026 de Falsafa, les Rendez-vous de la philosophie arabe &#224; cette figure majeure de la pens&#233;e universelle.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Communiqu&#233; - &#192; l'occasion des 900 ans de la naissance d'Averro&#232;s (Ibn Rushd, 1126-1198), l'Institut du monde arabe d&#233;die l'&#233;dition 2025-2026 de Falsafa, les Rendez-vous de la philosophie arabe &#224; cette figure majeure de la pens&#233;e universelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Des philosophes juifs ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la transmission et la traduction des commentaires d'Averro&#232;s en Occident. Mais qu'est-ce que 'l'averro&#239;sme juif' ? Comment la lecture conjointe de Ma&#239;monide et d'Averro&#232;s a-t-elle profond&#233;ment transform&#233; la tradition juive, par sa r&#233;interpr&#233;tation radicale et par les r&#233;actions qu'elle a suscit&#233;es ? Un &#233;pisode de l'histoire intellectuelle de l'Europe &#224; la crois&#233;e du juda&#239;sme, de l'islam et du christianisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Avec &lt;strong&gt;David Lemler&lt;/strong&gt;, philosophe, sp&#233;cialiste de la pens&#233;e juive m&#233;di&#233;vale. Il est Ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'UFR d'&#233;tudes arabes et h&#233;bra&#239;ques de Sorbonne Universit&#233;. Il a notamment publi&#233; : L'invention du juda&#239;sme. Comment les Juifs se d&#233;finissent eux-m&#234;mes (Albin Michel, 2025) et Cr&#233;ation du monde et limites du langage. Sur l'art d'&#233;crire des philosophes juifs m&#233;di&#233;vaux (Vrin, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Rencontres con&#231;ues et anim&#233;es par &lt;strong&gt;Jean-Baptiste Brenet&lt;/strong&gt;, m&#233;di&#233;viste, professeur de philosophie arabe &#224; l'Universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne, agr&#233;g&#233; de philosophie et docteur de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (section des sciences religieuses). Son travail porte principalement sur Averro&#232;s (Ibn Rushd, 1126-1198) et la pens&#233;e andalouse dont il &#233;tudie le g&#233;nie propre au sein de l'Islam, mais aussi l'h&#233;ritage grec et le legs au monde latin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La th&#233;ologie &#224; l'universit&#233; du Moyen &#194;ge &#224; nos jours</title>
		<link>http://www.croyancesetvilles.fr/La-theologie-a-l-universite-du-Moyen-Age-a-nos-jours.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.croyancesetvilles.fr/La-theologie-a-l-universite-du-Moyen-Age-a-nos-jours.html</guid>
		<dc:date>2025-10-24T12:23:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SEELIG</dc:creator>


		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'enseignement de la th&#233;ologie &#224; l'universit&#233; a une longue histoire.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, la mont&#233;e de l'islamisme et des attentats terroristes en France a conduit les pouvoirs publics &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le r&#244;le des imams et &#224; leur formation civique et th&#233;ologique. D&#232;s lors, certaines universit&#233;s ont &#233;t&#233; mises &#224; contribution pour la cr&#233;ation de Dipl&#244;me Universitaire ad'hoc. Mais l'enseignement de la th&#233;ologie &#224; l'universit&#233; a une longue histoire comme Michel Seelig nous le rappelle et en dresse un &#233;tat actuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Avant d'aborder l'histoire de l'enseignement de la th&#233;ologie, il convient de pr&#233;ciser la consistance du concept de th&#233;ologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &lt;i&gt;Dictionnaire critique de Th&#233;ologie&lt;/i&gt; [Publi&#233; aux PUF en 1998 sous la direction de Jean-Yves Lacoste] nous apprend que le terme grec &lt;i&gt;theologia&lt;/i&gt; signifie &#171; &lt;i&gt;discours sur les choses divines&lt;/i&gt; &#187;, terme apparu d'abord chez Platon&#8230; &#171; &lt;i&gt;dans un passage ou celui-ci s'interroge sur l'utilisation p&#233;dagogique de la mythologie&lt;/i&gt; &#187;. Et, &#171; &lt;i&gt;les associations de la th&#233;ologie avec la mythologie pa&#239;enne expliquent le peu d'empressement que le christianisme mit &#224; [la] prise de possession&lt;/i&gt; &#187; de ce terme&#8230; Mais, &#224; compter du XIIIe si&#232;cle &#171; &lt;i&gt;la scolastique tardive ne se donnera presque plus pour seul nom que celui de th&#233;ologie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alain Rey, dans son &lt;i&gt;Dictionnaire culturel en langue fran&#231;aise&lt;/i&gt; [Le Robert 2005] pr&#233;cise que la th&#233;ologie est &#171; &lt;i&gt;l'&#233;tude des questions religieuses, fond&#233;es principalement sur les textes sacr&#233;s, la tradition, la r&#233;v&#233;lation, selon une orthodoxie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
De cette derni&#232;re d&#233;finition, nous retiendrons deux aspects : la th&#233;ologie est une &#233;tude ; elle se veut fid&#232;le &#224; une orthodoxie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela distingue ainsi la th&#233;ologie &#224; la fois du cat&#233;chisme (enseignement des dogmes que le fid&#232;le doit obligatoire accepter) et de l'enseignement du fait (ou plut&#244;t des faits) religieux, tel qu'il fait partie des programmes de notre enseignement public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='Les-universites-d-Ancien-Regime'&gt;Les universit&#233;s d'Ancien R&#233;gime&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les universit&#233;s apparaissent en Europe occidentale au Moyen &#194;ge : l'Universit&#233; de Paris est ainsi officiellement reconnue par le roi de France et par le pape au d&#233;but du XIIIe si&#232;cle. Philippe Auguste accorde &#224; tous ses membres le privil&#232;ge d'&#234;tre jug&#233; par un tribunal eccl&#233;siastique et non civil. Les membres de l'Universit&#233; sont donc alors tous consid&#233;r&#233;s comme des clercs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur un mod&#232;le comparable, d'autres institutions sont cr&#233;&#233;es dans les Provinces, d&#232;s le XIIIe si&#232;cle &#224; Toulouse, Perpignan et Montpellier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1062 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;478&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L392xH250/univ-perpignan-d3f1c.jpg?1774871916' width='392' height='250' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le recteur de l'universit&#233; entour&#233; des doyens des quatre facult&#233;s (th&#233;ologie, m&#233;decine, droits, arts). Les enseignements juridiques conservaient incontestablement le premier rang alors que, dans le m&#234;me temps, ceux des lettres accusaient un certain recul ; la th&#233;ologie devenait, quant &#224; elle, plus importante et la m&#233;decine allait patiemment de l'avant- Joseph-Barth&#233;l&#233;my Fran&#231;ois Carr&#232;re, &#171; Voyage pittoresque de la France... Province de Roussillon &#187;, Paris, 1787)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;On notera aussi la cr&#233;ation plus tardive d'une universit&#233; &#224; Strasbourg en 1538 : il s'agit en fait alors du &lt;i&gt;Gymnase protestant&lt;/i&gt;, &#233;lev&#233; au rang d'Acad&#233;mie en 1556 avant d'&#234;tre transform&#233; successivement en Universit&#233; (1621), puis en Universit&#233; royale (1631).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces &#233;tablissements, la th&#233;ologie occupait une place de choix, aux c&#244;t&#233;s de la m&#233;decine et du droit (L'enseignement des &#171; &lt;i&gt;Arts lib&#233;raux&lt;/i&gt; &#187; le &#171; &lt;i&gt;trivium&lt;/i&gt; &#187; et le &#171; &lt;i&gt;quadrivium&lt;/i&gt; &#187; c'est-&#224;-dire grammaire, dialectique et rh&#233;torique puis arithm&#233;tique, musique, g&#233;om&#233;trie et astronomie, &#233;tait le domaine de la &#171; &lt;i&gt;Facult&#233; des Arts&lt;/i&gt; &#187;, une forme de prop&#233;deutique.)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L500xH290/le-college-de-sorbonne-en-1550-ad011.jpg?1775209693' width='500' height='290' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le coll&#232;ge de Sorbonne en 1850
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les universit&#233;s, et principalement l'Universit&#233; de Paris (&#171; &lt;i&gt;LA Sorbonne&lt;/i&gt; &#187;), jou&#232;rent un r&#244;le &#233;minent dans la vie intellectuelle, religieuse et aussi politique de la France. Jalouses de leur autonomie, elles lutt&#232;rent constamment pour pr&#233;server leurs privil&#232;ges et leur ind&#233;pendance, tant vis-&#224;-vis du pouvoir royal que du pouvoir pontifical.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='Revolution-et-Empire'&gt;R&#233;volution et Empire&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Sous la R&#233;volution, le 15 septembre 1793, un d&#233;cret de la Convention supprime toutes les universit&#233;s. En revanche, pour former les cadres indispensables &#224; la Nation, il est cr&#233;&#233; des grandes &#233;coles sp&#233;ciales : l'&#201;cole centrale des travaux publics (par la suite &#201;cole polytechnique), le Conservatoire des arts et m&#233;tiers, l'&#201;cole des langues orientales, l'&#201;cole des beaux-arts...&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est qu'avec Napol&#233;on que de nouvelles structures sont mises progressivement en place sur l'ensemble du territoire. Le 10 mai 1806 est cr&#233;&#233;e l'Universit&#233; imp&#233;riale&#8230; une structure d'&#201;tat qui jouit du monopole de l'enseignement et int&#232;gre en son sein tous les &#233;tablissements de tout le territoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;cret imp&#233;rial portant organisation de l'Universit&#233;, du 17 mars 1808 pr&#233;voit six ordres d'&#233;coles, toutes publiques : les facult&#233;s (th&#233;ologie, droit, m&#233;decine, sciences math&#233;matiques et physiques, lettres) ; les lyc&#233;es ; les coll&#232;ges ; les institutions ; les pensionnats ; les petites &#233;coles (primaire). Dans les 27 villes, si&#232;ges d'acad&#233;mies gouvern&#233;es par un recteur, se trouvent les facult&#233;s, organismes d'&#201;tat, directement administr&#233;es par le pouvoir central qui d&#233;signe leurs doyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
On notera par ailleurs que l'&#201;glise ne dispose alors plus de la possibilit&#233; d'enseigner, sauf &#224; ses propres &lt;i&gt;cadres&lt;/i&gt;. Le d&#233;cret du 10 mai 1806 dispose en effet que :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;list-disc list-inside ps-6 space-y-1 marker:text-gray-700&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li class=&#034;mb-2 list-item&#034;&gt;&lt;i&gt;Article 1&lt;/i&gt;&lt;i&gt;er&lt;/i&gt;&lt;i&gt; L'enseignement public, dans tout l'Empire, est confi&#233; exclusivement &#224; l'Universit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li class=&#034;mb-2 list-item&#034;&gt;Article 3 Nul ne peut ouvrir d'&#233;cole, ni enseigner publiquement, sans &#234;tre membre de l'Universit&#233; imp&#233;riale, et gradu&#233; par l'une de ses Facult&#233;s. N&#233;anmoins, l'instruction dans les S&#233;minaires d&#233;pend des archev&#234;ques et &#233;v&#234;ques, chacun dans son dioc&#232;se. Ils en nomment et r&#233;voquent les directeurs et professeurs. Ils sont tenus seulement de se conformer aux r&#232;glements pour les S&#233;minaires, par nous approuv&#233;s&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'article 6 cependant, pr&#233;voit qu' &#171; &lt;i&gt;Il y aura, dans l'Universit&#233; imp&#233;riale, cinq ordres de Facult&#233;s ; savoir : 1&#176; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Des Facult&#233;s de th&#233;ologie &lt;/i&gt;&lt;i&gt; ; 2&#176; Des Facult&#233;s de droit ; 3&#176; Des Facult&#233;s de m&#233;decine ; 4&#176; Des Facult&#233;s de sciences math&#233;matiques et physiques ; 5&#176; Des Facult&#233;s des lettres. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Et les articles 7 &#224; 10 :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;list-disc list-inside ps-6 space-y-1 marker:text-gray-700&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li class=&#034;mb-2 list-item&#034;&gt;L'&#233;v&#234;que ou l'archev&#234;que du chef-lieu de l'Acad&#233;mie pr&#233;sentera au Grand-Ma&#238;tre les docteurs en th&#233;ologie, parmi lesquels les professeurs seront nomm&#233;s. Chaque pr&#233;sentation sera de trois sujets au moins, entre lesquels sera &#233;tabli le concours sur lequel il sera prononc&#233; par les membres de la Facult&#233; de th&#233;ologie. Le Grand-Ma&#238;tre nommera, pour la premi&#232;re fois, les doyens et professeurs entre les docteurs pr&#233;sent&#233;s par l'archev&#234;que ou l'&#233;v&#234;que ainsi qu'il est dit ci-dessus. Les doyens et professeurs des autres Facult&#233;s seront nomm&#233;s, pour la premi&#232;re fois, par le Grand- Ma&#238;tre.&lt;/li&gt;&lt;li class=&#034;mb-2 list-item&#034;&gt;&lt;i&gt;Il y aura autant de Facult&#233;s de th&#233;ologie que d'&#233;glises m&#233;tropolitaines ; et il y en aura une &#224; Strasbourg et une &#224; Gen&#232;ve&lt;/i&gt; [qui faisait alors partie de l'Empire]&lt;i&gt; pour la religion r&#233;form&#233;e. Chaque Facult&#233; de th&#233;ologie sera compos&#233;e de &lt;/i&gt;&lt;i&gt;trois professeurs au moins ; le nombre pourra en &#234;tre augment&#233;, si celui des &#233;l&#232;ves para&#238;t l'exiger.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li class=&#034;mb-2 list-item&#034;&gt;De ces trois professeurs, l'un enseignera l'histoire eccl&#233;siastique, l'autre le dogme, et le troisi&#232;me la morale &#233;vang&#233;lique.&lt;/li&gt;&lt;li class=&#034;mb-2 list-item&#034;&gt;&lt;i&gt;Il y aura &#224; la t&#234;te de chaque Facult&#233; de th&#233;ologie, un doyen qui sera choisi parmi les professeurs&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='Le-XIXe-siecle'&gt;Le XIXe si&#232;cle&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Il y eut ainsi des facult&#233;s publiques de th&#233;ologie aupr&#232;s de chaque &#233;glise m&#233;tropolitaine, c'est-&#224;-dire les archev&#234;ch&#233;s de Paris, Aix en Provence, Besan&#231;on, Bourges, Rouen, Lyon et Toulouse.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'historien Ren&#233; Epp nous apprend cependant que &#171; &lt;i&gt;Ces Facult&#233;s n'eurent jamais la faveur du clerg&#233;. Les &#233;v&#234;ques les boudaient parce qu'elles concurren&#231;aient leurs s&#233;minaires. Rome leur reprochait leurs tendances gallicanes et lib&#233;rales [&#8230; Elles] ne purent en tout cas jamais obtenir du Saint-Si&#232;ge l'institution canonique, si bien que les grades qu'elles d&#233;livraient &#233;taient d&#233;pourvus de valeur canonique&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EPP Ren&#233;, Aper&#231;u sur les Facult&#233;s et les &#201;coles de th&#233;ologie catholique en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La loi du 12 juillet 1875 relative &#224; la libert&#233; de l'enseignement sup&#233;rieur dite Loi Laboulaye, du nom du rapporteur du projet &#201;douard Ren&#233; Lefebvre de Laboulaye, d&#233;put&#233; &#171; &lt;i&gt;R&#233;publicain conservateur&lt;/i&gt; &#187; de Paris, permet la cr&#233;ation d'&#233;tablissements priv&#233;s. Elle dispose en effet que :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;list-disc list-inside ps-6 space-y-1 marker:text-gray-700&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li class=&#034;mb-2 list-item&#034;&gt;L'enseignement sup&#233;rieur est libre.&lt;/li&gt;&lt;li class=&#034;mb-2 list-item&#034;&gt;&lt;i&gt;Tout Fran&#231;ais &#226;g&#233; de vingt-cinq ans, n'ayant encouru aucune des incapacit&#233;s pr&#233;vues par l'article 8 de la pr&#233;sente loi, les associations form&#233;es l&#233;galement dans un dessein d'enseignement sup&#233;rieur, pourront ouvrir librement des cours et des &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les facult&#233;s publiques de th&#233;ologie subissent dix ans plus tard une &#171; &lt;i&gt;extinction budg&#233;taire&lt;/i&gt; &#187; : la loi de finances du 21 mars 1885 supprime les cr&#233;dits affect&#233;s aux facult&#233;s de th&#233;ologie catholique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, &lt;i&gt;l'&#201;cole Pratique des Hautes &#201;tudes&lt;/i&gt; (EPHE), cr&#233;&#233;e en 1868, ouvre une 5&#232;me Section en 1886 : la &lt;i&gt;Section des Sciences religieuses&lt;/i&gt;. Et, en 2002, toujours au sein de l'EPHE, est cr&#233;&#233; &lt;i&gt;l'Institut Europ&#233;en en Sciences des Religions&lt;/i&gt; (IESR).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='L-Alsace-et-la-Moselle'&gt;L'Alsace et la Moselle&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;La guerre franco-prussienne de 1870 et la d&#233;faite fran&#231;aise conduisent &#224; l'annexion (de 1871 &#224; 1918) des territoires qui constituent aujourd'hui les 3 d&#233;partements de la Moselle et du Rhin. Le maintien &#224; titre transitoire de dispositions juridiques en vigueur lors du retour &#224; la France a permis la poursuite de l'activit&#233; d'&#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur publics d&#233;livrant un enseignement de th&#233;ologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Facult&#233; de th&#233;ologie protestante de Strasbourg, institu&#233;e, nous l'avons vu, par d&#233;cret imp&#233;rial du 17 mars 1808, est confirm&#233;e par la loi allemande du 28 avril 1872.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est maintenue de fait en 1918, au retour de l'Alsace &#224; la France.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;164&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L412xH300/excursion_de_la_faculte_de_theologie_protestante_de_strasbourg-6e2db.jpg?1774871916' width='412' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographie immortalisant une excursion des membres de la Facult&#233; de th&#233;ologie protestante de Strasbourg en 1920. Coll. M&#233;diath&#232;que protestante de Strasbourg.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;DR
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le recueil de textes Le droit local cultuel d'Alsace-Moselle, publi&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journaux Officiels 2013 - premi&#232;re partie : &#171; Aper&#231;u g&#233;n&#233;ral sur le droit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#233;sente son histoire r&#233;cente : &#034; &lt;i&gt;Aujourd'hui cette facult&#233; a pris la forme d'un institut au sein de l'universit&#233; de sciences humaines de Strasbourg, d&#233;livrant des enseignements de la licence au doctorat [&#8230;] L'organisation des cultes protestants conf&#233;rait aux autorit&#233;s religieuses un r&#244;le consultatif sur le choix des professeurs. L'article 32 de la loi Edgar Faure de 1968 sur l'enseignement sup&#233;rieur a mis un terme &#224; cette situation en excluant les repr&#233;sentants des deux cultes des commissions de s&#233;lection des enseignants. Cette exclusion a fait d&#233;bat [&#8230;] Cet article [d'un d&#233;cret de 1852] a &#233;t&#233; remani&#233; par l'article 4 du d&#233;cret du 18 avril 2006 sur l'organisation des cultes protestants qui supprima la mention selon laquelle le Directoire donne un avis motiv&#233; sur les candidats aux chaires de la facult&#233;. Dans la pratique, pr&#233;vaut un esprit de coop&#233;ration entre les &#201;glises et l'universit&#233;&lt;/i&gt;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;La Facult&#233; de th&#233;ologie catholique de Strasbourg est cr&#233;&#233;e par la Convention du 5 d&#233;cembre 1902 entre le Saint-Si&#232;ge et le gouvernement allemand.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette Convention dispose notamment que :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;L'instruction scientifique sera donn&#233;e aux jeunes clercs du dioc&#232;se de Strasbourg par une facult&#233; de th&#233;ologie catholique qui sera &#233;rig&#233;e &#224; l'Universit&#233; de Strasbourg. En m&#234;me temps, le grand s&#233;minaire &#233;piscopal continuera d'exister et de fonctionner pour l'&#233;ducation pratique desdits clercs qui y recevront l'enseignement n&#233;cessaire dans toutes les mati&#232;res se rapportant &#224; l'exercice des fonctions sacerdotales&lt;/i&gt; [Article 1er]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;La nomination des professeurs se fera apr&#232;s entente pr&#233;alable avec l'&#233;v&#234;que. Avant d'entrer en fonctions, les professeurs auront &#224; faire la profession de foi entre les mains du doyen, suivant les formes de l'&#201;glise&lt;/i&gt;. [Article 3]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Si la preuve est fournie par les autorit&#233;s eccl&#233;siastiques qu'un des professeurs doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme incapable de continuer son professorat, soit pour manque d'orthodoxie, soit en raison de manquement grave aux r&#232;gles de la vie et de conduite d'un pr&#234;tre, le gouvernement pourvoira sans d&#233;lai &#224; son remplacement et prendra les mesures propres &#224; faire cesser la participation dudit professeur aux affaires confi&#233;es &#224; la facult&#233;&lt;/i&gt;. [Article 5]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Apr&#232;s le retour de l'Alsace &#224; la France, un &#233;change de lettres entre le Vatican et le gouvernement fran&#231;ais (Raymond Poincar&#233;), en 1923, confirme totalement ces dispositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
La facult&#233; de th&#233;ologie catholique est aujourd'hui int&#233;gr&#233;e au sein de l'universit&#233; de Strasbourg (UNISTRA), sous la forme d'un institut o&#249; est dispens&#233; un enseignement de la licence au doctorat. Son ancien Doyen, professeur de dogmatique catholique, est aujourd'hui pr&#233;sident de l'universit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='La-situation-en-Moselle-a-Metz'&gt;La situation en Moselle, &#224; Metz.&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;En 1965, la facult&#233; catholique de Strasbourg cr&#233;e une antenne &#224; Metz, le Centre de p&#233;dagogie religieuse, CPR, qui a vocation &#224; former des enseignants en religion dans les lyc&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1970, une universit&#233; est cr&#233;&#233;e &#224; Metz, ainsi qu'une facult&#233; des lettres et sciences humaines. Celle-ci accueille le CPR. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 25 mai 1974, l'&#201;tat fran&#231;ais signe une Convention avec le Vatican qui donne au Centre autonome d'enseignement de p&#233;dagogie religieuse (CAEPR) de Metz son ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la facult&#233; de Strasbourg et un statut proche de l'&#233;tablissement alsacien. Il propose depuis lors un parcours complet en th&#233;ologie, sans d&#233;livrer toutefois de dipl&#244;mes canoniques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L260xH195/260px-jardin_caepr-932de.jpg?1774871916' width='260' height='195' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les Jardins du CAEPR de Metz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Avec la cr&#233;ation de l'universit&#233; de Lorraine (le 1er janvier 2012, par la fusion des &#233;tablissements de Metz et Nancy), le CAEPR devient un d&#233;partement de la nouvelle entit&#233; universitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article 3 de la Convention de 1974 dispose que &#171; &lt;i&gt;Les rapports entre le Centre Autonome d'Enseignement de P&#233;dagogie Religieuse et ses membres, d'une part, et les autorit&#233;s eccl&#233;siastiques, d'autre part, s'ordonnent conform&#233;ment aux stipulations en vigueur entre le France et le Saint-Si&#232;ge r&#233;gissant la Facult&#233; de Th&#233;ologie Catholique de Strasbourg&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Or, en 2018, l'&#233;v&#234;que de Metz, vraisemblablement insatisfait de l'enseignement d&#233;livr&#233;, d&#233;cide de se retirer du CAEPR et de former lui-m&#234;me les cadres du dioc&#232;se&#8230; Il ne demande en revanche pas la d&#233;nonciation de la Convention de 1974&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les enseignants du CAEPR d&#233;cident alors de poursuivre leur activit&#233; du d&#233;partement de th&#233;ologie de l'Universit&#233; de Lorraine, en souhaitant &#171; &lt;i&gt;repenser la th&#233;ologie dans la pluralit&#233; religieuse&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une situation juridiquement contestable, si l'on suit les dispositions d'une d&#233;cision du Conseil constitutionnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le caract&#232;re transitoire du maintien du droit alsacien-mosellan ne fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] sur l'impossibilit&#233; faite aux droit alsacien-mosellan d'&#233;voluer par lui-m&#234;me...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EPP Ren&#233;, &lt;i&gt;Aper&#231;u sur les Facult&#233;s et les &#201;coles de th&#233;ologie catholique en France au XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, Strasbourg, Revue des Sciences religieuses, n&#176; 64/1, Universit&#233; des Sciences humaines de Strasbourg, 1990, pp. 53-71&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journaux Officiels 2013 - premi&#232;re partie : &#171; Aper&#231;u g&#233;n&#233;ral sur le droit local cultuel alsacien-mosellan &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le caract&#232;re transitoire du maintien du droit alsacien-mosellan ne fait pas obstacle &#224; ce que le l&#233;gislateur puisse adapter les r&#232;gles de droit local. Toutefois, il ne peut en r&#233;sulter ni un accroissement du champ d'application des diff&#233;rences ni une augmentation de celles-ci.&lt;/i&gt; &#187; [D&#233;cision n&#176;2011-157 QPC du 5 ao&#251;t 2011 -Soci&#233;t&#233; SOMODIA &#8211; Extrait du commentaire officiel&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que m'est-il permis d'affirmer ? </title>
		<link>http://www.croyancesetvilles.fr/Que-m-est-il-permis-d-affirmer.html</link>
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		<dc:date>2024-06-13T20:41:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>KONARZEWSKI</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Est-ce que tu es croyant ? La question est moderne. La r&#233;ponse, elle, est ancienne : avant m&#234;me la question, les religions avaient donn&#233; la r&#233;ponse. Dans cette modernit&#233;, le fait de croire pr&#233;c&#232;de ce qui est cru, et interroge ce qu'il est permis d'affirmer aujourd'hui. Cet ouvrage apporte une r&#233;ponse &#233;clairante sur une question &#233;minemment actuelle et sensible.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/-Theologie-et-philosophie-.html" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie et philosophie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Laicite-14-+.html" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Religion-+.html" rel="tag"&gt;Religion &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Que cherche-t-on &#224; savoir quand on vous demande si vous &#234;tes croyant ? La question se satisferait d'un &#171; oui &#187; ou d'un &#171; non &#187;. Que veut-on alors ? Que l'autre fasse une confession.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous connaissons la confession comme aveu des p&#233;ch&#233;s, mais la confession de foi est tout aussi ancienne. Il s'agit d'affirmations fix&#233;es par des formules rituelles qui concentrent le contenu d'une religion, sa doctrine ou son dogme. Car la foi n'est rien d'autre que son affirmation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignant la r&#233;surgence de la confession et du manifeste dans l'&#233;criture philosophique contemporaine, Philippe B&#252;ttgen d&#233;crypte dans cet ouvrage le caract&#232;re imm&#233;diatement politique des affirmations religieuses. Il met ainsi au jour l'un des d&#233;fis de la la&#239;cit&#233; : que faire, pr&#233;cis&#233;ment, de ces affirmations, c'est-&#224;-dire de la pr&#233;tention des religions &#224; dire quelque chose de ce qui est ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Une approche in&#233;dite et avis&#233;e d'un sujet au c&#339;ur de l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'auteur :&lt;/strong&gt; Professeur de philosophie des religions &#224; l'Universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on- Sorbonne, Philippe B&#252;ttgen a &#233;galement enseign&#233; aux universit&#233;s de Gen&#232;ve, G&#246;ttingen et New York (NYU). Il a notamment publi&#233; plusieurs &#233;tudes sur Luther, Lessing et la R&#233;forme protestante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C&#233;l&#233;bration du cogito </title>
		<link>http://www.croyancesetvilles.fr/Celebration-du-cogito.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.croyancesetvilles.fr/Celebration-du-cogito.html</guid>
		<dc:date>2023-09-13T14:02:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans ce nouvel ouvrage, l'auteur de Comment peut-on &#234;tre catholique ? (Seuil, 2018) et R&#233;surrections (Seuil 2022), explore avec brio &#171; Je pense, donc je suis &#187; &#8211; cogito ergo sum, l'une des formules les plus c&#233;l&#232;bres de la philosophie o&#249; la raison se trouve au fondement de l'homme et de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/-Theologie-et-philosophie-.html" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie et philosophie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Livres-+.html" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Philosophie-+.html" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#171; Je pense, donc je suis &#187; &#8211; cogito ergo sum&#8211; est sans doute la proposition la plus c&#233;l&#232;bre de l'histoire de la philosophie. Au point d'avoir depuis longtemps &#233;chapp&#233; aux sp&#233;cialistes pour devenir absolument populaire et donner lieu &#224; des d&#233;tournements en tous genres (&#171; Je pense, donc je nuis &#187; ; co&#239;to ergo sum, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quoi tient une telle cons&#233;cration ? &#192; la puissance de cet &#233;nonc&#233;, affirme Denis Moreau qui s'emploie, en douze brefs chapitres, &#224; en cerner les caract&#233;ristiques et les enjeux. Il le&lt;br class='autobr' /&gt;
fait avec limpidit&#233; toujours, humour parfois, un enthousiasme communicatif et sans ignorer les prolongements contemporains de son enqu&#234;te : le cogito est-il genr&#233; ? Une intelligence artificielle peut-elle dire &#171; je pense, donc je suis &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fil de ces pages &#233;clairantes, il appara&#238;t que le cogito est d'abord une authentique exp&#233;rience philosophique que chacun peut r&#233;aliser pour son propre compte, et que les M&#233;ditations m&#233;taphysiques sont un livre dont vous &#234;tes le h&#233;ros. Descartes y affronte, en un geste d'une radicalit&#233; &#224; ce jour encore in&#233;gal&#233;e, une question qui hante notre modernit&#233; : celle de la v&#233;rit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'auteur :&lt;/strong&gt; Denis Moreau est professeur de philosophie &#224; l'universit&#233; de Nantes. Auteur de plusieurs ouvrages sur Descartes et l'histoire de la philosophie moderne, il a aussi publi&#233; une traduction en fran&#231;ais moderne du &lt;i&gt;Discours de la m&#233;thode&lt;/i&gt; (Dunod, 2023) et des essais plus personnels : &lt;i&gt;Comment peut-on &#234;tre catholique ?&lt;/i&gt; (Seuil, 2018), &lt;i&gt;R&#233;surrections&lt;/i&gt; (Seuil, 2022).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'homme est un &#234;tre philosophique</title>
		<link>http://www.croyancesetvilles.fr/L-homme-est-un-etre-philosophique.html</link>
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		<dc:date>2023-08-09T16:48:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>KONARZEWSKI</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Citoyennet&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ce livre (ode &#224; Gramsci, philosophe italien du XX&#176; si&#232;cle et &#224; sa r&#233;flexion sur sa propre discipline ?) se pr&#233;sente comme un plaidoyer sur la libert&#233; de conscience et d'expression en prenant pour hypoth&#232;se qu'en chacun de nous sommeille un digne h&#233;ritier des grands philosophes et qu'il pourrait suffire d'en prendre conscience pour penser collectivement le sort d'une humanit&#233; meilleure. Un passionnant ouvrage o&#249; chacun est convi&#233; &#224; la d&#233;couverte de la filiation philosophique de ses pens&#233;es.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ce texte est n&#233; de la manifestation du 11 janvier 2015, au cours de laquelle les masses fran&#231;aises proclam&#232;rent leur adh&#233;sion &#224; un contrat social philosophique fond&#233; sur quelques principes essentiels : la libert&#233; d'expression, la d&#233;mocratie, la tol&#233;rance, la la&#239;cit&#233;, la volont&#233; de vivre ensemble, la lutte contre la barbarie. Des exemplaires du Trait&#233; sur la tol&#233;rance de Voltaire furent m&#234;me d&#233;pos&#233;s au pied de la statue de la R&#233;publique, &#224; Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#232;se ici d&#233;fendue est que la plupart des soci&#233;t&#233;s seraient fond&#233;es avant tout sur des id&#233;es collectives philosophiques, et non sur des bases mat&#233;rielles, en particulier &#233;conomiques. Il n'y a pas de diff&#233;rence de nature entre les id&#233;es philosophiques collectives et les id&#233;es &#233;mises par les philosophes. Cela explique que ceux-ci puissent analyser les id&#233;es des groupes sociaux, en tirer des th&#233;ories, et que Platon, Locke, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Marx ou Nietzsche aient pu influencer massivement des soci&#233;t&#233;s humaines. Que les id&#233;es philosophiques soient vraies et morales, ou fausses et immorales, en elles se joue le destin de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'auteur &lt;/strong&gt; : Paul Trouillas, universitaire scientifique, s'est sp&#233;cialis&#233; dans l'&#233;tude de la psychologie collective des Fran&#231;ais avec Le complexe de Marianne (1988), qui re&#231;ut le soutien de Claude L&#233;vi-Strauss, et De la d&#233;mocratie sociale en France (2000). En philosophie, il est l'auteur de S&#233;paration et Civilisation (2010) et Du sang sur les id&#233;es (2017). L'auteur a eu des responsabilit&#233;s politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Controverses &#233;thiques d'aujourd'hui</title>
		<link>http://www.croyancesetvilles.fr/Controverses-ethiques-d-aujourd-hui.html</link>
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		<dc:date>2023-07-06T08:01:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ce dernier ouvrage du philosophe Bertrand Quentin donne une id&#233;e pr&#233;cise et concr&#232;te des controverses &#233;thiques qui traversent aujourd'hui le monde de la sant&#233; et du m&#233;dico-social.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Loin des discours hors-sol prononc&#233;s par une philosophie purement th&#233;orique, le propos croise ici des r&#233;f&#233;rences philosophiques solides et d'authentiques exp&#233;riences de terrain. De nombreux sujets &#233;pineux sont ainsi abord&#233;s : Peut-on accuser la m&#233;decine d'aujourd'hui de violences obst&#233;tricales syst&#233;miques ? Peut-on pr&#233;lever les organes d'un patient qui est en fin de vie ? Peut-on mentir &#224; des personnes malades d'Alzheimer ? Le psychiatre est-il le th&#233;rapeute du djihadisme ? La psychiatrie africaine est-elle d&#233;raisonnable ? N'y a-t-il pas dans les usages de la m&#233;decine narrative un objectif ambigu ? Quels probl&#232;mes &#233;thiques nouveaux posent les robots animaux-mim&#233;tiques, la t&#233;l&#233;m&#233;decine, l'information hospitali&#232;re num&#233;ris&#233;e, le num&#233;rique en Institut de formation param&#233;dicale ? Comment maintenir du sens dans la m&#233;decine de demain ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage pr&#233;fac&#233; par Pierre Magnard avec une postface de Dominique Folscheid a rassembl&#233; vingt auteurs philosophes et/ou praticiens du monde hospitalier et du m&#233;dico-social.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'auteur &lt;/strong&gt; : Bertrand Quentin est philosophe, directeur du LIPHA (EA7373) dont l'un des axes de recherche est l'&#233;tude des controverses &#233;thiques et politiques. Il dirige &#233;galement &#224; l'universit&#233; Gustave-Eiffel le Master 1 de philosophie, parcours &#171; &#233;thique m&#233;dicale et hospitali&#232;re appliqu&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conversion religieuse (dans le contexte de la proc&#233;dure d'asile)</title>
		<link>http://www.croyancesetvilles.fr/Conversion-religieuse-dans-le-contexte-de-la-procedure-d-asile.html</link>
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		<dc:date>2023-06-13T16:11:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>droits de l'homme</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Cette publication de l'&#201;glise &#233;vang&#233;lique r&#233;form&#233;e suisse propose &#224; partir de la th&#233;ologie et de l'&#233;thique juridique des r&#233;flexions sur la conversion dans le contexte de la proc&#233;dure d'asile sur le plan international et national (suisse).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/-Theologie-et-philosophie-.html" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie et philosophie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-Religion-+.html" rel="tag"&gt;Religion &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.croyancesetvilles.fr/+-droits-de-l-homme-19-+.html" rel="tag"&gt;droits de l'homme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Cette publication de l'&#201;glise &#233;vang&#233;lique r&#233;form&#233;e suisse propose &#224; partir de la th&#233;ologie et de l'&#233;thique juridique des r&#233;flexions sur la conversion dans le contexte de la proc&#233;dure d'asile sur le plan international et national (suisse).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;La pers&#233;cution pour motifs religieux compte parmi les plus anciennes causes d'exode de l'histoire de l'humanit&#233;. Les flux massifs de r&#233;fugi&#233;s de 2015 aussi en Suisse ont fait de la conversion dans le contexte de la fuite et de l'asile un enjeu public qui ne concerne pas seulement les &#201;glises mais aussi l'administration et les tribunaux. L'&#201;tat et les &#201;glises sont donc face &#224; l'obligation d'aborder en toute connaissance de cause les d&#233;fis li&#233;s &#224; cette question. Dans ce contexte, la pr&#233;sente &#233;tude aborde la notion de conversion religieuse sous l'angle de la th&#233;ologie, de la sociologie des religions et de l'&#233;thique juridique. Elle s'adresse tant &#224; un public intra-eccl&#233;sial qu'&#224; un public extra-eccl&#233;sial, et fournit des points d'accroche pour nouer un dialogue constructif entre l'&#201;glise et les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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