«La République c’est le droit de tout homme, quelque soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté. »Jean Jaurès

 

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  • Publié le 12 février 2021

Catharsis et République

La tragédie classique, créée dans l’Antiquité, est régie par trois règles strictes : la vraisemblance, la bienséance et la règle des trois unités (temps, lieu, action). Son but est la catharsis. En effet le spectacle tragique plonge le spectateur dans la pitié et la terreur afin d’amener chez lui une purgation de ses mauvais penchants. Autrement dit, l’effet cathartique consiste à nous faire goûter aux conflits dans lequel se débattent les personnages pour nous en dégoûter . Comme la comédie, la tragédie a un double objectif : plaire et instruire. Mais avec d’autres moyens. Elle suscite, selon Aristote, « la pitié et la crainte », la crainte pour soi-même, la pitié pour autrui.

Que suscite les évènements actuels ? Si l’on se tourne vers la situation sanitaire, nous voilà en pleine tragédie, effrayés et surpris par ce coronavirus au comportement diabolique, autrement dit, extrêmement difficile et compliqué à contrôler. Mais derrière nos masques, dans cette distance instaurée avec l’autre, éprouvons-nous vraiment de la pitié ou seulement de la crainte ? Sauf à ce qu’elle nous conduise au chevet d’un proche dans un hôpital où à ses obsèques, vivons-nous la tragédie ?
Nous venons de passer, le seuil des 80 000 morts du coronavirus. Actuellement, le chiffre des décès quotidien correspond au bilan d’une catastrophe aérienne, voire de deux... sans que cela fasse la une des actualités. Le « quoi qu’il en coûte » se révèle sous un autre aspect, le plus terrible, faisant des décès journaliers un chiffre quotidien qui confine de plus en plus à l’indifférence. Les théâtres ont beau être tous fermés, l’effet cathartique de la pandémie, la purification de l’âme délivrée de ses passions et la règle des trois unités de temps, jouent à plein. Il va falloir s’y résoudre, cette tragédie n’est plus la comédie humaine de 2020, elle est désormais avant tout économique et rebondit sur d’autres échéances notamment sociales et politiques,...

L’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi « confortant le respect des principes de la république », nous livre une représentation extrêmement intéressante et des débats de haut niveau. L’acte 6, ou l’article 6 qui instaure un « contrat d’engagement républicain » pour les associations subventionnées, a été de ceux-là. Il s’agit là d’une des dispositions les plus sensibles et les plus importantes du texte car elle renvoie à un contrat l’idée citoyenne d’adhésion volontaire et libre aux principes de la République. Mais chaque honnête citoyen, ne respire-t-il pas le même air, ce même air de la République ? À titre individuel ou comme membre d’une association ou d’une entreprise et à fortiori d’une administration, nous passons tous les jours un contrat avec la République et le respectons sans rien demander et sans que l’on nous demande rien. Nous sommes tous les acteurs vivants de la thèse de La Boétie qui est de nous démontrer que, contrairement à ce que beaucoup s’imaginent quand ils pensent que la servitude est forcée, elle est en vérité toute volontaire. Lutter contre le terrorisme, lutter contre toute forme de séparatisme, lutter contre la malhonnêteté, faire la police, c’est absolument nécessaire et il faut avoir de la reconnaissance pour ceux qui l’organisent et la font respecter au quotidien. Mais cela n’a toutefois rien à voir avec le faire vivre la république et pose sans cesse la question philosophique et sociologique à la République française quand elle légifère sur elle-même, en prenant le risque de se faire peur, de nous faire peur. Que met-on dans le mot « intérieur », qu’est-ce que l’intérieur de notre République ?

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