«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 24 septembre 2018
  • Mise à jour: 26 septembre 2018

Islam de France : Les représentants locaux du culte musulman souhaitent une organisation plus locale et plus ouverte

Le résultat des Assises territoriales ne devrait être connu que fin de l’année mais d’après nos sources, les débats ont révélé que la base des musulmans de France souhaite une organisation du culte plus locale, plus représentative et un soutien de l’État français fort pour sa mise en place et garantir la liberté de culte.

Une aspiration forte à un islam de France départemental

Faisant unanimement part d’un sentiment d’inégalité vis-à-vis des autres cultes et d’un besoin de reconnaissance, les représentants locaux du culte musulman semblent favorables à l’organisation de l’islam de France dans une instance de représentation ayant une légitimité tant auprès des musulmans que de l’État. Ils attendent donc de l’État français qu’il garantisse la liberté de culte, l’exercice du culte, veille au respect du principe de laïcité mais aussi qu’il soit un facilitateur de dialogue et intervienne en soutien dans l’organisation de l’islam et la gestion des associations.

Autant dire que ces réunions ont été une nouvelle occasion pour la base de signifier aux instances nationales et régionales du culte musulman que l’organisation actuelle ne leur convient pas. Pointant le manque de relations entre les représentants du CFCM et du CRCM et les représentants des lieux de culte, regrettant un manque de communication du CRCM vers les mosquées ainsi que son manque de moyens humains et financiers qui ne lui permettent pas de jouer son rôle, ils ne les reconnaissent pas totalement légitimes à les représenter. Une refonte complète du mode de scrutin est attendue avec pour chaque adhérent d’une des mosquées de France la possibilité de pouvoir présenter sa candidature et d’élire son représentant.

De fait la mise en place d’une structure départementale, facilitée par la proximité de ses acteurs, est un souhait fort et partagé. Elle permettrait de créer du lien entre les mosquées du département et de réunir périodiquement les représentants du culte et d’autres acteurs non religieux du département, notamment des représentants de l’État pour évoquer des problématiques locales énoncées ci-dessous.

Gouvernance et financement du culte, la loi 1905 plébiscitée

Peu de mosquées mutualisent leur gestion ou partagent un imam et leurs sources de financement sont diverses : certaines fédérations bénéficient d’appuis financiers étrangers importants, au contraire d’autres, qui vivent de dons des fidèles et rencontrent des difficultés de recrutement des présidents d’association, non rémunérés, et n’ont pas la possibilité de salarier leur imam.
Aussi les musulmans consultés pensent que des solutions doivent être mises en œuvre avec le soutien de l’État comme de faciliter les passages en loi 1905 pour permettre une défiscalisation des dons des adhérents, exonérer ou diminuer les charges sociales pour l’emploi de salariés dans les associations, soutenir les associations cultuelles par la création de postes d’éducateurs (qui feraient la passerelle entre État et communauté musulmane, essentiellement auprès des jeunes en difficulté).

Par contre, l’idée de création d’une taxe supplémentaire sur les produits halal qui pèserait sur le consommateur est rejetée par la base. Le renchérissement des prix à la consommation, l’organisation de la collecte des fonds liés au halal et leur redistribution, le choix de l’intervenant (le CFCM ?), sont des sujets d’inquiétude et de division, même si tous pensent que cela permettrait de supprimer les financements étrangers. De quoi remettre en cause la création le 6 juillet dernier de l’AFSCM (Association pour le Financement et le Soutien du Culte Musulman), une association voulue depuis 18 mois par les fédérations de mosquée pour collecter une contribution volontaire sur le halal, mais aussi sur le pèlerinage, la zakat (aumône légale) et les dons des fidèles ?

Créer un statut d’imam reconnu par l’État

Il est apparu dans les débats que les différents lieux et mode de formations ne sont pas ou très peu connus des mosquées. Donc outre la réflexion sur le financement et la rémunération des imams (aujourd’hui souvent bénévoles), un travail de communication est sans doute à conduire sur leur formation.

Ainsi la création d’un statut d’imam reconnu par l’État fait partie des attentes même si l’intervention de l’État dans la formation religieuse (qui doit être organisée en France) inquiète.
Face à cette situation, les débats ont fait émerger des solutions locales de formation telle la création de groupes locaux d’imams, qui serait à la fois groupe de discussion et de formation des imams moins expérimentés par les plus chevronnés. L’idée de formations réciproques des acteurs du culte et des formateurs « Valeurs de la République et Laïcité » a été aussi évoquée avec en arrière plan une demande d’implication plus importante des collectivités et un soutien de l’État dans le développement du vivre-ensemble et contre la stigmatisation des musulmans. Le statut de l’imam formé en France, reconnu et salarié est une préoccupation générale et locale.

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