«La République c’est le droit de tout homme, quelque soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté. »Jean Jaurès

 

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  • Publié le 25 février 2021
  • Mise à jour: 26 février 2021

« L’espérance responsable »

Sur le délicat dossier de la pédophilie, il faut le reconnaître, l’Église catholique de France ne recule pas, mais elle donne quand même l’impression de peiner à avancer, à faire du surplace. Accepter l’ampleur d’un tel scandale, près de 1 500 prêtres diocésains ou religieux qui auraient fait plusieurs milliers de victimes depuis les années 1950, est la première étape d’un processus qui doit conduire l’Église catholique à sortir de cette crise et à poser un cadre, à faire les réformes nécessaires pour en sortir à tout jamais. Cette première étape est souvent celle du déni ou de la sidération. En se réunissant une nouvelle fois, en début de semaine, les évêques de France ont montré qu’ils étaient entrés définitivement dans une seconde étape, celle de l’explication morale et de la justification physique qui fait surgir le principe de responsabilité. Ils ont d’ailleurs passé deux jours à débattre du terme de responsabilité et, indiquent-ils dans un communiqué du mercredi, à se faire éclairer sur ses diverses acceptions et sous divers angles : psycho-social, philosophique, théologique, biblique, historique.

Ce que cela révèle, pour ne rien leur enseigner qu’ils ne sachent déjà, c’est que la morale traditionnelle de l’Église, catholique, est devenue inopérante pour ces ecclésiastiques comme elle s’en trouve disqualifiée pour de nombreux fidèles qui ne souhaitent plus se dire catholiques ou aller à la messe.
En quoi est-elle inopérante et disqualifiée ? Inopérante tant que l’Église n’a pas indemnisé correctement les victimes ou pris les dispositions pour le faire, disqualifiée car l’Église se trouve sans qualité à pouvoir expliquer ce drame à ses fidèles, aux chrétiens, mais aussi à tous les Français, et ceci pour vouloir être partie prenante de nombreux débats sociaux qui nous concernent tous (fin de vie, bioéthique, avortement, …) et s’y ériger en autorité morale ou moralisatrice.

Déterminer parfois cinquante ans après les faits, qui en est responsable du prêtre, de son évêque, ou de l’institution ne suffit pas surtout quand les auteurs sont décédés. L’Église doit proposer à la société tout entière une éthique autour de l’idée de la responsabilité naturelle (s’adressant à sa communauté) et contractuelle (s’adressant à la société dans son ensemble). Des voix dans ses rangs s’expriment pour demander l’accès d’hommes mariés, voire de femmes, à la prêtrise, pour repenser la place des laïcs et s’engager dans un fonctionnement moins vertical et plus démocratique de l’institution, mais aussi pour reformuler le discours sur la sexualité. Qu’elle s’y engage ! Cette crise est pour elle, comme d’autres crises le sont pour l’islam, la possibilité d’un renouvellement profond, celui de l’établissement de « l’espérance responsable ». Un renouvellement auquel nous serons tous très contents d’assister car ce sera pour le plus grand bien de notre société et pour avoir la paix et la tranquillité.

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