«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 26 mai 2020

Sonneries des cloches : obligations d’entretien et sécurité des installations campanaires

L’adoption de la loi de 1905 a conféré au maire le pouvoir express de la réglementation des sonneries des cloches mais également l’obligation de veiller et de participer à leur entretien.

Les maires sont invités en concertation avec le clergé à « préserver et entretenir » les installations. La cloche est un objet en mouvement. Il peut donc exister un risque réel d’accident matériel ou corporel si, par exemple, son battant chute sur un passant ou, pire, si c’est la cloche elle-même qui tombe. Pour éviter des drames de cette nature, les maires devraient idéalement faire vérifier annuellement les installations par un campaniste qui s’assurera alors du bon état de la cloche et de son support (mur-beffroi), la cloche et sa fixation à son joug, l’accroche du battant à la cloche et l’endroit où le battant frappe le bronze...

Travaux sur des installations campanaires « classées »

Si les cloches sont protégées au titre des monuments historiques, les travaux sont soumis à une autorisation préalable et s’effectuent sous le contrôle scientifique et technique des services de l’État compétents. Ainsi, dans le cas où la cloche est inscrite au titre des monuments historiques, il revient au propriétaire (souvent la commune) d’adresser un courrier faisant office de déclaration préalable des travaux au conservateur des antiquités et objets d’art de son département, deux mois avant le début des travaux, avec copie à la DRAC. Cette déclaration préalable des travaux doit être accompagnée d’un rapport de visite décrivant l’état des lieux et d’un descriptif détaillé des travaux à engager.

Si la ou les cloches, l’installation est classée, l’autorisation préalable émane alors du préfet de région. « Il revient au propriétaire (souvent la commune) d’adresser un courrier au directeur de la DRAC précisant la nature des réparations à faire et exprimant le souhait d’obtenir l’avis et l’accord de l’expert campanaire de l’État (il y en a deux actuellement pour l’ensemble de la France) sur les travaux à effectuer (une copie de ce courrier doit être transmis à la Conservation des antiquités et objets d’art CAOA du département).

Fabrication, refonte ou restauration

Même si elle n’a rien de comparable avec l’époque de la construction des cathédrales, l’activité campanaire en France et en Europe survit avec des entreprises anciennes et prestigieuses comme les Fonderies Bollée de Saint-Jean-de-Braye (fabrication neuve, refonte et installation) et d’autres qui se consacrent uniquement à leur restauration comme l’entreprise Bodet campanaire de Cholet.
La restauration d’une cloche consiste en un procédé de soudure par recharge de matière. Les endroits fissurés, fêlés ou endommagés sont restaurés par ajout de matière. Si la soudure de cloche évite la refonte et rend possible la conservation fonctionnelle et esthétique des cloches anciennes ou classées, elle ne permet pas toujours de retrouver les sonorités d’origine.
D’autant, comme le souligne, Alexandre Gougeon, associé des Fonderies Bollée, que les cloches à réparer n’ont pas toutes un intérêt musical ou patrimonial, et que dans ce cas la refonte est une bonne solution. La refonte a comme avantage sur la restauration de fabriquer une nouvelle cloche avec une belle sonorité et des ornements à l’identique ou redessinés. Quant aux cloches neuves, elles sont souvent utilisées en ajout de cloche dans un carillon de Beffroi par exemple.

Fonderies Bollée : La coulée a lieu traditionnellement le vendredi après-midi à 15h00 et les cloches peuvent être démoulées dès le lundi de la semaine suivante, selon leurs dimensions.

Il faudra trois mois aux Fonderies Bollée pour vous fondre selon leur méthode ancienne et traditionnelle une très belle cloche de 300 kg.

Instrument de musique et objet d’Art

Le métier d’artisan campanaire fait partie des métiers les plus anciens et les plus nobles. L’artisan campanaire, notamment en cas de fabrication propose un répertoire musical adapté selon le nombre de cloches et les notes de chacune d’elles.

Fonderies Bollée : après le nettoyage et l’ébarbage de la cloche, un contrôle sonore est réalisé au diapason gradué

Une cloche de fondeur émet généralement 5 notes accordées lorsqu’elle est tintée : le hum, la fondamentale, la tierce, la quinte et la nominale. Une cloche s’accorde sur le La à 435 hertz (celui des musicien, le La de la 4e octave du piano est à la fréquence 440 Hertz). Il est procédé avant et après chaque restauration, à un relevé des notes de la cloche qui est fait pour assurer la bonne musicalité de l’objet.

La cloche est aussi un objet d’art. La majorité des cloches sont décorées d’ornementations, d’effigies appelées paléographies, traçant la mémoire des initiateurs comme le nom du fondeur, le nom du maire, le nom du parrain et de la marraine, la date du baptême mais également d’inscriptions retraçant l’histoire de la commune.

Illustration de tête d’article : Une équipe de la société Bodet Campanaire opère un contrôle de clocher.

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