«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 15 avril 2020
  • Mise à jour: 24 avril 2020

Un an après l’incendie, ce soir les cloches de Notre-Dame vont sonner

Ce soir, mardi 15 avril, les cloches de Notre-Dame vont sonner à 20h au moment du salut aux soignants. Au delà de l’anniversaire de son incendie, avec cette sonnerie, Notre-Dame ne nous donne-t-elle pas la meilleure justification à sa restauration ?

L’incendie de Notre-Dame. C’était il y a un an et nous n’avons toujours pas, comme vous tous, d’explication à ce qu’il s’est passé ce 15 avril 2019 ... Car ce qui est important, ce n’est pas ce qui sépare les photos de gauche (prise le 15 avril 2019 à 19H07) et de droite (le 15 avril 2020 à 12h36), mais bien ce qu’il s’est passé dans l’heure qui a précédé la photo de gauche. Oui nous étions aux premières loges de cette tragédie inexpliquée mais tellement commentée...
Il est environ 18h20 le lundi 15 avril 2019 quand l’alerte incendie retentit à l’intérieur de Notre-Dame. Quelques minutes plus tard, vers 19h35 sur RTL, dans un flash, Marc-Olivier Fogiel signale un début d’incendie à Notre-Dame. Nous sommes sur place, au 4e étage de l’immeuble du 14 rue du cloitre Notre-Dame, légèrement en retrait de la rue mais quasiment à hauteur du toit de la cathédrale et en face de la tour nord. 19h40, nous entendons un brouhahas de voix, des cris montent jusqu’à nous, on a l’impression qu’il se passe quelque chose sur le parvis. Puis trois détonations successives, dont deux faibles et une très sonore et très proche. Immédiatement, je pense à l’explosion d’une grenade de désencerclement et à une manifestation sur le parvis. D’ailleurs des sirènes de police se font entendre dans l’instant. Le temps d’enregistrer un travail, je saisis mon portable, enfile mon pull et prends mes clefs, décidé à voir ce qu’il se passe. Arrivé en bas, la porte d’entrée est bloquée par un policier en civil qui se trouve à l’extérieur. Quelques habitants, déconcertés, se massent dans le couloir, l’incendie est sur toutes les lèvres, par les vitres nous ne voyons que des personnes courir dans la rue. Le maire du 4e passe devant la porte. Profitant du départ du policier, nous sortons, à côté, la crêperie a fermé. Sur le pas de la porte, je découvre l’épais panache de fumée jaune qui se dégage à la base de la flèche. Il est 17h09. J’en fais des photos avec mon portable (photo de gauche). Dans la rue plutôt déserte, c’est pourtant la panique. Plusieurs policiers en civil arrivent en courant et crient aux gens dans la rue d’évacuer immédiatement vers la rue d’Arcole. Ils nous y repoussent même par delà le pont. Je n’ai pas le temps de remonter. Nous serons dehors jusqu’au samedi suivant sans véritablement avoir compris ce qui est arrivé.

Le futur plus important que le passé

Ce matin Emmanuel Macron a déclaré «  nous ferons tout pour tenir le délai de 5 ans  », ce qu’a également affirmé aux journalistes de France Info, le Général Georgelin, nommé par le Président de la république à la tête de l’établissement public chargé de la reconstruction de Notre-Dame. « Le chantier est arrêté depuis le 17 mars » lui fait remarquer le journaliste. Le général à son habitude ne se démonte pas. Oui le chantier est en sommeil, mais il prévoit de le redémarrer pour le 11 mai voire même avant si les conditions sanitaires de travail et de logement sur place des compagnons sont conformes aux règles dérogatoires du confinement. Car il reste principalement à démonter l’ancien échafaudage de la flèche et à inspecter la voûte « qui tient depuis debout depuis un an » signale-t-il avec optimisme. « Nous allons nous remonter les manches », et si cela laisse dubitatif son interlocuteur, il le rassure «  nous qui sommes en charge nous ferons tout pour tenir le délai et nous arriverons à le tenir car nous sommes mobilisés  » martèle-t-il en assurant que « si la France n’est pas capable de se mobiliser pour ce chantier, comment pourrait-elle réussir autre chose ». Et d’expliquer encore que « Oui, l’heure choisie pour faire sonner le bourdon ce soir coïncide avec l’horaire de l’honneur rendu aux soignants car l’incendie a été un moment tragique pour la France comme l’est celui de la pandémie » et ajoute-t-il « nous allons faire tinter le bourdon pour montrer que la cathédrale est vivante et que nous soutenons les soignants qui libèrent notre pays ».C’est bien là le vocabulaire efficace et approprié du militaire. Il redonne un peu de sens à l’issue de cet histoire tragique alors que la cause (comme l’enquête judiciaire) reste, elle, muette...De quoi vraiment regretter qu’un Général Georgelin n’est pas été en charge de la conservation de Notre-Dame avant le 15 avril.

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