«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 21 juin 2018
  • Mise à jour: 24 juin 2018

Violence, radicalisation, complotisme, Practicies dresse le portrait d’une jeunesse européenne fragile et ambigue

L’ étude menée par le réseau européen Practicies dans 12 pays d’Europe explore les ressorts de la radicalisation politique et religieuse chez les jeunes. Les résultats sont déroutants et inquiétants.

Practicies, un réseau européen de lutte contre la radicalisation

Suite aux attentats de ces dernières années, la lutte contre toutes les formes d’extrémisme et de radicalisation est devenu un sujet particulièrement sensible. Si chacun des pays européens s’est doté de ses propres instances de réflexion, de sensibilisation et d’action, la problématique a gagné l’ensemble de l’Europe et donc ses institutions. C’est en réponse à un appel d’offres européen consécutif aux attentats de janvier 2015, soutenu par le gouvernement français, que s’est construit le réseau PRACTICIES (Partenariat contre la radicalisation violente dans les villes). L’objectif de ce réseau coordonné par le professeur Séraphin Alava de l’Université de Toulouse II – Le Mirail, est de mieux comprendre les facteurs de risque et les mécanismes de radicalisation violente, de les caractériser de l’origine au passage à l’acte afin de construire des outils concrets de prévention face aux discours de haine et aux processus de recrutement.

Mobilisant plus de 25 partenaires, issus de plusieurs pays européens (Italie, Autriche, Espagne, Belgique, Grèce, Portugal) mais également de Tunisie, tous experts en sciences humaines, sciences politiques, sciences de l’information et informatique, Practicies travaille notamment à une meilleure compréhension des processus de communication qui favorisent ou limitent la propagation du discours de haine chez les jeunes, que ce soit dans les espaces publics, communautaires, familiaux et virtuels (réseaux sociaux etc.).

Il a aussi pour ambition d’identifier les bonnes pratiques d’intervention ou de prévention qui s’attaquent à la radicalisation violente au niveau européen, national et local. Et donc de développer au final des actions efficaces et des outils innovants dans la lutte contre la radicalisation avec le concours de tous les citoyens et de tous les professionnels en Europe (représentants de la société civile engagés dans la prévention, structures de police ou antiterroristes espagnole, tunisienne ou grecque, y compris ceux intervenant dans le champ de la connaissance.

23 % des sondés déclarent connaitre au moins une personne radicalisée dans leur entourage

Etudiant l’ampleur du phénomène de radicalisation violente et également la perception qu’en ont les jeunes, l’enquête de Practicies qui a sondé des jeunes de 12 pays européens montre que globalement ceux-ci sont plutôt satisfaits de leur vie, ont le sentiment de faire pleinement partie de la société et espèrent en l’avenir (à 69 %). Parmi les valeurs importantes, la religion n’apparaît toutefois pas ou peu importante pour plus de 50 % des jeunes.

En revanche, l’inquiétude à l’égard de la radicalisation violente n’est pas négligeable puisque 47 % des jeunes interrogés considèrent qu’elle est répandue dans leur pays et 42 % que ce phénomène va se répandre dans les cinq prochaines années. L’enquête montre aussi des signes de rupture avec la société avec une faible confiance dans les médias (pour 70 % des jeunes, ces derniers ne seraient pas indépendants, neutres et ne présenteraient pas une vision fidèle de la réalité), une relative banalisation de la violence et des doutes sur la démocratie.

Mais le plus troublant : à la question « connaissez-vous au moins une personne radicalisée dans votre entourage ? », 23 % des jeunes Européens répondent « oui ». Les jeunes Grecs arrivent en tête (38 %), suivis des jeunes Polonais (30 %). Les jeunes Français se situent en dessous de la moyenne avec 18 % et les Portugais ferment le ban avec 9 %. Dans le détail des « idées radicales » constatées par les jeunes européens, le racisme arrive en tête (30 %), suivi des idées politiques d’extrême droite (27 %), du fondamentalisme religieux (25 %) et des idées d’extrême gauche (21 %).

On note également la présence de plusieurs facteurs alarmants concernant le risque de basculement dans la radicalisation : un niveau élevé de discrimination ressentie (pour 82 %), une forte exposition à des discours haineux sur Internet toutes les semaines (près de la moitié), ou encore une absence de distinction entre les théories du complot et la vérité.

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