Certains contenus sont réservés aux abonnés.   ou  S'abonner
En accès libre

À 7 mois des élections présidentielles les français sont inquiets mais aspirent au changement

Un climat opinion dominé par l'inquiétude et l'incertitude où la position de Marine Le Pen prévaut largement dans les intentions de vote, mais des français qui gardent aussi un vif intérêt pour 2027 et une forte aspiration au changement, c'est ce que constate la nouvelle enquête électorale Française réalisée par Ipsos bva - CESI école d'ingénieurs.
R
REDACTION
3 min de lecture
Partager :
Logo de l'article
Cet article vous est offert pour juger de notre travail

Pour accéder à la totalité des articles et à l'ensemble des analyses de Croyances & Villes, abonnez-vous.

Déjà abonné ?

Cette troisième vague de l’Enquête électorale française met en évidence un climat d’opinion particulièrement sombre : les Français décrivent massivement leur état d’esprit à travers des sentiments négatifs, dominés par « l’inquiétude » (59%), « l’incertitude » (51%) et « la colère » (30%), quand seuls 17% citent au contraire « l’espoir » et 9% « la confiance ».

Dans ce contexte, indiquent les rédacteurs de l’étude, 74% pensent que la situation du pays va se détériorer dans les mois à venir, contre seulement 4% qui anticipent une amélioration.

Soulignant que si les sympathisants des partis du « bloc central » sont un peu moins pessimistes que la moyenne des Français, ils constatent néanmoins qu’une nette majorité d’entre eux s’attend à une dégradation (60%), et plus particulièrement chez les proches des partis plus contestataires comme La France Insoumise (73%), mais surtout le Rassemblement National (82%) ou Reconquête (88%).

Cette inquiétude ne se traduit cependant pas par une mise à distance du scrutin. L’élection présidentielle de 2027 suscite un niveau d’intérêt élevé, avec 75% de personnes qui se disent « intéressées » à ce sujet, soit un niveau légèrement supérieur à ceux enregistrés à la même période en 2016 et en 2021, constate le rapport

De fait, une large majorité (71%) attend du prochain scrutin qu’il produise un « vrai changement social et politique », contre 29% qui souhaitent avant tout un apaisement du pays.

Cette aspiration au changement, mesurée à un niveau bien plus élevé qu’en octobre 2021, soulignent les auteurs, traverse pratiquement tous les électorats, mais elle est particulièrement forte chez les sympathisants du RN, de Reconquête et, dans une moindre mesure, de la gauche radicale.

Dès lors, la mobilisation à sept mois du scrutin reste importante : 67% des Français se disent à ce stade « certains d’aller voter », soit nettement plus qu’en octobre 2021 et autant qu’en septembre 2016.

Les intentions de vote confirment la position dominante de Marine Le Pen au premier tour. Dans tous les scénarios testés, elle se situe entre 33% et 35% des suffrages exprimés, très au-dessus de ses concurrents.

Les autres candidats issus de formations politiques importantes sont loin derrière, et à des niveaux assez proches. Les résultats de l’enquête montrent qu’Édouard Philippe varie entre 14% et 21% selon les configurations, Jean-Luc Mélenchon entre 15,5% et 17%, tandis que Raphaël Glucksmann plafonne entre 11,5% à 13,5%.

Gabriel Attal (entre 6% et 15,5%) et Bruno Retailleau (entre 7% et 10,5%) sont, eux, généralement distancés. La fragmentation du paysage politique reste donc à ce stade très forte en dehors de la position dominante de Marine Le Pen.

A propos

Références : Enquête Électorale Française réalisée du 3 au 9 septembre par Ipsos bva-CESI École d’Ingénieurs pour le CEVIPOF, la Fondation Jean Jaurès, l’Institut Montaigne et Le Monde, sur échantillon de plus de 10 000 Français inscrits sur les listes électorales, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus.

Dossiers

Mots-clés