Bonne et heureuse année
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À plusieurs reprises, ce dernier mois, le président de la république, lors de rencontres avec les représentants des six principaux cultes, a déclaré « qu’il ne souhaitait pas une radicalisation de la Laïcité » et que « c’est la République qui est laïque, pas la société », indiquant aussi que « les religions font partie de la vie de la nation ».
En France, la Nation est à l’assemblée nationale, elle y est tout entière représentée. La Nation n’est pas portée par le Président de la République. N’est-ce pas plutôt l’inverse dans notre système ? Dans ce cas elle ne peut donc pas se construire dans la notion de consensus vertical ; l’union sacrée de la guerre de 1914 n’est-elle pas vue aujourd’hui comme « une boucherie » . Non, la Nation française d’aujourd’hui se doit plutôt d’être un espace de discussion où les choses apparaissent et disparaissent, un cadre public dans lequel elle se redéfinit sans cesse. On peut alors la voir comme « un plébiscite de tous les jours » pour reprendre la pensée d’Ernest Renan. Elle n’est pas une essence mais plutôt la terre commune à de multiples essences, une terre que nous appelons « espace public » quand nous la partageons. C’est un socle commun à toute nation. En France, il se définit et se confond avec le principe de laïcité.
L’espace public, le parlement sont ainsi les lieux tout indiqués pour discuter de la laïcité, plus que l’instance informelle de dialogue entre les cultes et l’État, imaginée par Gérard Collomb, qui devrait désormais se réunir, sous la présidence du chef de l’État. Cette dernière a néanmoins toute son utilité pour aborder avec les religions les graves sujets liés à l’extrémisme religieux et à ses conséquences sur notre société, à la présence du secours des religions dans les lieux de privation de liberté que sont les prisons mais également les hôpitaux, à débattre de la morale sociale chrétienne édictée par le Rerum Novarum du Pape Léon XIII pour repenser les relations dans le travail et une dignité du salarié sans cesse dégradée et précarisée, ou encore approfondir avec les religions l’encyclique Laudato Si sur l’écologie humaine du pape François à partir de laquelle certaines ont créé le label Église verte. Les religions sont pétries des valeurs humaines par lesquelles elles nous façonnent. On ne peut les ignorer.
Dans ces derniers discours le Président a en fait exprimé l’idée d’un temps commun de la République et des religions, un nouvel « en même temps », à la dimension supradogmatique. Sa puissance réside en ce qu’il subsume, recouvre les religions, mais pour quel résultat et quelles conséquences sur la Laïcité, les religion, la République, la Nation et la paix dans la société ? Nous le découvrirons avec vous cette année que nous vous souhaitons bonne et heureuse.
Olivier Konarzewski