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Croire, douter, comprendre

Portrait de la rédactrice en chef
Olivier KONARZEWSKI
3 min de lecture
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Les crises nationales et internationales (dette, énergie, climati, politique & démocratie,...) qui secouent et assombrissent notre quotidien ont la vertu de reposer une question : « L’histoire a-t-elle un sens aujourd’hui et, si oui, lequel ? ».

Si l’on considère cette question dans une perspective très très synthétisée de l’histoire des idées et des hommes, hormis quelques soubresauts extatiques de la conquête spatiale, la réponse malgré toutes les révolutions, mène à la résignation et au désenchantement.

Que le premier sens de l’histoire ait été l’expérience messianique de la révélation du nom de Yahvé et qu’il ait donné à l’histoire de l’humanité et au « peuple élu » son premier sens, c’est possible. Mais que l’homme se soit alors mis à croire que quelqu’un viendrait le sauver, cela n’a pas permis d’améliorer les choses aujourd’hui.

Que ce sens de l’histoire, transmis ensuite aux chrétiens puis largement repris par les laïcs, donne aux hommes, beaucoup plus tard, au travers des sciences, un autre sens à l’histoire, celui des grandes découvertes et du progrès scientifique, du triomphe de la raison sur l’obscurantisme au temps des Lumières, ne convainc pas plus l’ensemble de nos concitoyens aujourd’hui et ne donnent pas plus de sens à leur vie.

Que le progrès de l’esprit avec la philosophie morale et politique ou de la philosophie du droit, les grands textes sociaux du XIXe siècle, aient conduit les hommes à se poser la question : « la science, la politique, le droit vont-ils amener une société meilleure ? » et aient apporté de bonnes réponses et des conquêtes sociales, n’a rien de probant : Ce sont celles la-même qui sèment le trouble aujourd’hui et sont remises en cause.

Que l’économie ait fait irruption dans l’histoire, substitué à l’idée de progrès la notion de croissance, enthousiasmé une grande partie de l’humanité, le soufflet semble retombé.
Les prévisions économiques erronées et les vraies crises boursières ont brouillé peu à peu ce dernier sens donné à l’histoire, celui de la prospérité, et créé la désunion entre les hommes, les guerres, les crises économiques et mené aux multiples désenchantements que nous vivons aujourd’hui.

On en voudra pour preuve le dernier acteur à entrer en lice dans notre histoire. Les nouvelles technologies et l’Intelligence Artificielle ne nous promettent-elles pas la fin. La fin de nombreux métiers, la fin de l’esprit et du génie humain, et même la fin de l’humanité.

La fin de l’histoire ? Pas sûr. Il semble que collectivement nous n’ayons jamais quitté ce premier sens de l’histoire évoqué plus haut : nous sommes toujours dans l’attente d’un sauveur, d’un homme providentiel, de la providence.

L’engouement des millions de Français pour la visite du pape cette fin de semaine, en est une manifestation. Les derniers sondages qui révèlent qu’une large majorité (71% ) de Français attend du prochain scrutin qu’il produise un « vrai changement social et politique », en sont une autre.

Jamais plus qu’aujourd’hui, l’Histoire ne semble n’avoir d’autre sens que celui de nous cacher le sien. L’homme est condamné à inventer.