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Vigilance !

Portrait de la rédactrice en chef
Olivier KONARZEWSKI
2 min de lecture
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Au quotidien, le principe de laïcité pourrait ressembler à un grand carrefour de nos métropoles ; à ce lieu de l’accomplissement bruyant et cosmopolite de destins qui se croisent sans véritablement s’unir, ni sans jamais s’opposer, mûs par la loi de la circulation, de la nécessité, du travail, de la vie.

Mais pour peu que l’on se place en observateur, notre vision de ce carrefour se modifie. La laïcité n’est plus cet enchevêtrement, ce brouhahas de vie, mais une pensée qui s’individualise, qui se sépare des autres pour mieux s’écouter.

Dans ce retour à soi, la laïcité devient alors un espace du vivre-ensemble où les flots de nos histoires personnelles rencontrent sans cesse ceux de la société. Cet espace de démarcation entre soi et les autres, comme une ligne de partage des eaux, confronte dans un apaisement souhaité le respect du droit positif qui régit le principe de laïcité par des lois pourvues de sanctions, avec les aspirations de chacun à l’expression de ses droits naturels et sociaux, eux-même alimentés des droits fondamentaux tirés de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen tels la liberté, la liberté de conscience, le droit à la dignité, à la dignité de croyant,...

Dans le projet annoncé d’une énième réforme de la loi de 1905, qui n’en finit pas d’être un projet, on voit peu à peu se préciser la possibilité pour les cultes de posséder à nouveau des immeubles de rapport et par conséquent de bénéficier des subventions d’État accordées à tout propriétaire ou bailleur pour les entretenir et les réparer.
Ceci sans aucun doute au nom de ce vivre-ensemble devenu si évident que beaucoup ne le pensent plus, ne pensent plus à s’interroger sur les bases sur lesquelles il repose, sur le poids et le rôle de la laïcité et la solidité qu’elle confère à nos institutions en séparant les Églises de l’État.

Aussi ce projet de réforme appelle à la plus grande vigilance. Pour accommoder quelques-uns, il pourrait rendre le tout presque inutile. En matière de respect de la laïcité, le diable se cache bien souvent dans les détails.