«On ne fait pas d’élection avec des prières »Proverbe québécois

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 8 janvier 2026

Iran : le régime théocratique vacille

De nouvelles manifestations se sont tenues mercredi dans diverses villes iraniennes, certaines marquées, pour première fois, par des violences contre des lieux religieux. Elles ont coûté la vie à deux policiers, en dépit des tentatives d’apaisement du président Massoud Pezeshkian.

Une manifestation de commerçants à Lordegan, à 455 km de Téhéran dans le sud-ouest du pays, a dégénéré mercredi en affrontements armés avec les forces de l’ordre, provoquant la mort de deux policiers et blessant 30 personnes, selon l’agence de presse Fars qui précise que des « émeutiers ont commencé à jeter des pierres sur les forces de l’ordre » et certains ont « ouvert le feu sur la police ».
À Bojnourd, dans le nord-est, selon l’agence de presse iranienne Tasnim, des « émeutiers » ont « jeté des pierres et brisé les fenêtres de la mosquée Imam Khomeini » mercredi, après avoir quitté un rassemblement de syndicats. Puis, selon l’agence, « un certain nombre d’émeutiers et agitateurs » ont ensuite attaqué une librairie de cette ville vendant des corans et des livres de prières, ajoute Tasnim, qui précise que le magasin a été incendié et « tous les livres brûlés ».

Les tensions dans le pays gagnent la ville de Téhéran

Mardi 6 janvier, des heurts se sont produits pour la première fois en plein jour au cœur de la capitale, où des rassemblements sporadiques se déroulaient jusque-là principalement en soirée, d’après les médias locaux. Mercredi, des manifestants rassemblés dans un quartier huppé de Téhéran ont crié « Mort au dictateur ! Liberté ! », rapporte l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège.
Ce même jour, plus au sud, dans la ville portuaire de Bandar Abbas, une importante manifestation s’est aussi tenue. Sur une vidéo postée par l’ONG Activistes des droits humains en Iran (HRNA) située aux États-Unis, on y voit les manifestants crier : « Ne soyez pas spectateurs, rejoignez-nous » ou « C’est la bataille finale, Pahlavi reviendra » (en référence à la dynastie chassée par la Révolution islamique de 1979).
Dans la ville d’Aligoudarz, dans l’ouest iranien, la chaîne de télévision d’opposition Iran International basée à Londres, rapporte que les rues étaient noires de monde, certains manifestant scandant « C’est l’année du sang, Seyyed Ali sera démis », du nom du guide suprême Ali Khamenei.
Des vidéos publiées par HRNA témoignent aussi d’une forte affluence de protestataires dans la grande ville de Rasht, située dans le nord-ouest du pays, sur la mer Caspienne.
Depuis le début du mouvement, des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, essentiellement petites et moyennes, surtout dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Officiellement, 25 provinces sur 31 ont été concernées depuis le début du mouvement.

Le pouvoir politique iranien impuissant

Face à la violence des manifestations qui gagnent l’ensemble du pays, le gouvernement iranien, impuissant, alterne menaces et mesures d’apaisement. Le président Massoud Pezeshkian a ordonné mercredi aux forces de l’ordre de ne pas s’en prendre aux manifestants, a rapporté l’agence de presse Mehr tout en menaçant de représailles « ceux qui portent des armes à feu, des couteaux et des machettes et qui attaquent des commissariats et sites militaires sont des émeutiers ».
Le chef de l’armée iranienne, Amir Hatani, a lui haussé le ton après les menaces de Donald Trump d’intervenir militairement en Iran si des manifestants étaient tués, et le « soutien » apporté aux protestataires par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. « Si l’ennemi commet une erreur, nous riposterons avec plus de fermeté » que lors de la guerre des 12 jours en juin contre Israël et les Etats-Unis, a-t-il menacé à son tour.
Ce jeudi, sept partis d’opposition kurdes iraniens basés en Irak ont appelé à une grève générale des Kurdes en Iran. Une initiative susceptible d’intensifier le mouvement en cours et le renversement du régime des Mollahs.

Sources : AFP, Agence Belga, Agences IRNA et Tasmin

Evénement
Solidaires !

L’invasion de l’Ukraine par la Russie ne doit laisser personne indifférent !!! Outre les condamnations, en 2025, il faut continuer d’agir pour redonner et garantir son intégrité territoriale à l’Ukraine afin d’empêcher tout autre pays de suivre l’exemple terrible de "l’opération spéciale" russe.

Informations
Opinion
Nos micro-trottoirs

«Quels signes ostensibles ?»

Découvrir

Tout savoir sur Croyances et Villes.

Découvrir


Une publication EXEGESE SAS, 14 rue du Cloître Notre-Dame 75004 Paris. N° SPEL 0926 Z 94013