Kitmir, le chien des sept-Dormants d’Ephèse
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Dans la liturgie chrétienne, l’histoire des sept-Dormants d’Ephèse se déroule au temps de la persécution de l’empereur Dèce (règne de 249 à 251) contre les chrétiens. Sept officiers du palais, originaires de la ville d’Éphèse, sont ainsi accusés : il s’agit de Maximien, Malchus, Marcien, Denys, Jean, Sérapion et Constantin. Alors que l’empereur est en voyage, ils distribuent leurs biens aux pauvres et se réfugient dans la montagne voisine.
L’empereur, à son retour, fait rechercher les sept chrétiens. Ceux-ci, prenant leur repas du soir, tombent mystérieusement endormis : c’est dans cet état qu’ils sont découverts. Dèce les fait alors emmurer dans leur cachette. Et c’est en 418, qu’un maçon ouvre par hasard la grotte où sont enfermés les Sept Dormants. Ceux-ci se réveillent, inconscients de leur long sommeil. Aussitôt, l’empereur Théodose II accourt, et voit dans le miracle une preuve contre ceux qui nient la résurrection des morts.
Dans la tradition musulmane, les Dormants sont restés dans une caverne en compagnie de leur chien, nommé Kitmir, durant 300 ans solaires, c’est-à-dire 309 ans lunaires. Ils décident d’y demeurer car la société oppressive et corrompue, selon la foi pure en un Dieu unique, leur refuse le droit à la libre pensée et à la libre pratique religieuse. Ils ne se doutent pas cependant que le temps qui s’écoule en dehors est si long. La découverte de leurs reliques au bout d’environ un siècle et demi donne aussi lieu à une légende populaire, d’après laquelle ces bienheureux martyrs, endormis du sommeil de la mort, auraient réellement dormi pendant cet espace de temps, et se seraient éveillés alors tout étonnés de trouver le monde chrétien. Le récit coranique, toujours discuté, suggère qu’ils sont trois, cinq ou sept, la figue du chien Kitmir est ajoutée ans le but de condamner les spéculations à ce sujet.
Pendant ce sommeil extraordinaire qui aurait duré trois siècles environ, le chien des sept frères aurait fait le guet pour veiller à la sûreté de ses maîtres. Quand le Seigneur enleva ceux-ci dans le paradis Kitmir s’attacha à la robe de l’un d’eux, et pénétra ainsi dans le ciel. Dieu, le voyant, là, lui dit « Kitmir, par quel moyen es-tu venu jans le paradis ? Je ne t’y ai point, amené ; je ne veux pourtant pas t’en chasser ; mais, afin que tu ne sois pas ici, sans fonction tu présideras aux lettres missives, et, tu auras soin qu’on ne vole pas la valise des messagers pendant leur sommeil. »
C’est pourquoi ; il est toujours d’usage en Orient d’écrire le nom de Kitmir près du cachet des lettres, surtout lorsqu’elles sont expédiées au loin, ou qu’elles doivent passer la mer.
On trouve le nom de Kitmir avec ceux des Sept-Dormants sur des sceaux, des amulettes, des monuments publics, etc. Ils sont regardés en, général comme de puissants talismans contre les voleurs, le feu, l’eau et les coups du sort qu’on aurait à appréhender : « Récitez les noms des gens de la caverne car s’ils sont écrits sur la porte d’une maison, la maison ne sera point dévorée par les flammes s’ils se trouvent sur un meuble quelconque, il, ne sera point la proie des voleurs si on les trace sur un navire, il ne sera, point exposé aux tempêtes. », est une proverbiale toujours vivante en Islam.
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