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L’islam de France dans tous ses états

Portrait de la rédactrice en chef
Olivier KONARZEWSKI
3 min de lecture
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Hier, en présence de Christophe Castaner et de Gérard Collomb, Kamel Kabtane, recteur de la mosquée de Lyon, a inauguré l’Institut français de civilisation musulmane. L’objectif de cet institut : « faire connaître les cultures, les origines, l’histoire et les traditions de l’islam ».

Un objectif qui entre en résonance avec celui de La Fondation de l’Islam de France (FIF) et une inauguration en présence de membre du gouvernement qui succède à l’évènement « La conférence internationale de Paris pour la paix et la solidarité », dernière initiative de la FIF qui a soulevé la polémique.

Mais n’en déplaise aux commentateurs et opposants à cet événement, seul l’avenir nous dira si cette manifestation est à marquer d’une pierre blanche. Dans l’absolu, il faut l’espérer et le souhaiter. Car Mohammed Al-Issa, Secrétaire de la Ligue Islamique Mondiale n’y a-t-il pas affirmé, en public au milieu des plus hauts dignitaires religieux juifs, chrétiens et musulmans français que son organisation soutenait totalement « le contenu du discours du président français, d’avril dernier.

Emmanuel Macron y soutenait que l’islam politique qui représente une menace et une source de division dans la société ». N’a-t-il pas insisté également sur l’importance pour les musulmans français de respecter la constitution de leur pays, ses lois, sa culture.

Si la traduction de son propos de l’arabe au français était parfaitement exacte, pour nous qui étions présents, cette déclaration pourrait être la pierre de touche d’une nouvelle vision mondiale de (et pour) l’islam.

Mais bien sûr, il ne s’agit pas pour autant d’ignorer et de ne pas condamner les persécutions du wahhabisme saoudien symbolisées mardi dernier par la manifestation courageuse devant le Palais Brongniart, d’Ensaf Haidar demandant la libération de son mari Raif Badawi.

Cependant, il faut aussi saluer le courage de Ghaleb Bencheikh, président de la FIF, d’avoir osé saisir l’occasion, si polémique et si ténue soit-elle, de prendre au mot La Ligue Islamique Mondiale disant « avoir adopté une vision nouvelle pour faire face au fanatisme, à la violence, au terrorisme », occasion saisie pour donner une chance supplémentaire à la paix dans le monde.

Par l’organisation de cette manifestation et la signature d’un « memorandum de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme religieux » qui conduira, début 2020, Mohammed Al-Issa à visiter Auschwitz avec le Grand Rabbin de France Haim Korsia et le représentant du Conseil des Églises chrétienne de France, Ghaleb Bencheikh s’en est rendu publiquement comptable devant la société française, et ce n’est pas rien.

Sur ce chantier de la paix et des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, aucun volontaire n’est de trop, pas même les religions, pas même l’islam.