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Plus d’intelligence, moins de certitudes : plus de paix

Portrait de la rédactrice en chef
Olivier KONARZEWSKI
3 min de lecture
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Après ces années de destructions et de crimes commis au nom de l’islam par Daech, y compris contre les musulmans eux même, leurs frères, il semble que les institutions sunnites telles la prestigieuse université théologique d’Al-Azhar du Caire ou la Grande Mosquée de Paris, sortent enfin de leur silence. Depuis quelques semaines ces « phares théologiques » de l’Islam sunnite envoient désormais des signaux forts. Ils balaient l’obscurantisme du salafisme et de l’islamisme de la clarté des fondements historiques et théologiques de l’islam du prophète Mahomet. En France, c’est le sens des deux proclamations de la Grande de Mosquée de Paris à propos de l’islam en France et de la place de la femme dans l’islam de France ; dans le monde c’est l’université d’Al-Azhar qui, suite à une thèse de doctorat défendue par Cheikh Mustafa Mohamed Rached, un éminent professeur de la charia et du droit islamique connu pour ses innombrables travaux et publications, a enfin statué : Le voile n’est pas une obligation islamique.
Toutes ces déclarations procèdent d’une volonté d’adaptation et de réintégration de l’islam à notre société moderne, à ses débats, au progrès, qui lui échappent.
Al-Azhar, en donnant de solides arguments contre le port du voile va sans doute soulager et déculpabiliser de très nombreuses femmes et de nombreux hommes musulmans mais aussi de très nombreux non-musulmans. L’université plaide ainsi pour la liberté de la femme.
Au même moment, dans une soudaine volte-face, cédant aux exigences religieuses des ses alliés politiques juifs orthodoxes, le gouvernement israélien revient sur sa décision de rendre la prière mixte au Mur des Lamentations. Women of the Wall, l’association féministe juive, aurait bien besoin de notre Simone Veil !
Il reste donc beaucoup à faire pour qu’aujourd’hui les différentes traditions et différentes cultures, les laïcs, les religieux, se voient comme partie d’une vaste communauté sans penser que chaque tradition est la seule valable ou la meilleure.
La laïcité républicaine reste le creuset de cet état d’esprit équanime, sans discrimination, où accepter les autres, accepter leur culture ou leur façon de penser est une action d’intelligence, de compréhension active que l’on peut aussi appeler joie et paix.

Olivier Konarzewski