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Reconquérir le sacré

Portrait de la rédactrice en chef
Olivier KONARZEWSKI
2 min de lecture
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Un accès de fièvre « paludesque », un mal de gorge ahurissant, un test antigénique pratiqué lundi matin m’ont rangé depuis lundi du côté des millions de positifs... 2 ans de précautions et de gestes barrières et 3 vaccinations (la dernière le 22/12) pour en arriver là... Rageant et vraiment déconcertant. Déconcertant car impossible de savoir d’ou vient le coup et qui a fait le coup. Dans cette rage de ne pas comprendre c’est toute une part de la crédibilité, du sacré, de la parole publique et de la parole de la santé qui s’envole. La place est libre pour de nouvelles crédulités. Il faut résister. La science, le vaccin, les consignes sanitaires, tout ce savoir « sacré » en ce qu’il nous garde sauf, sain, saint, immun, en ce qu’il nous rassure, nous met en confiance, est balayé, profané. Mais au cœur de l’exil soudain des certitudes, il faut croire à nouveau, retrouver la confiance, rester isolé, patienter.
Le phénomène est identique pour les églises catholiques qui ont été vandalisées la semaine passée. L’incompréhension et la stupeur dominent face à ce qui est désacralisé, profané : ces lieux de vie de traditions, écrins d’objets de la croyance, sont subitement réduits au vol et au vandalisme, à l’absence et à la disparition. Cela démoralise les hommes et la société de ne plus avoir lieu d’être.
Car pour tout à chacun trouver son lieu, c’est trouver sa raison d’être, sa justification d’exister, être ontologiquement fondé. C’est aussi un rapport au temps, un lieu de mémoire, qui nous relie à la chaîne des événement fondateurs de notre existence et nous permet de nous réapproprier par transmission le patrimoine antérieur ; le lieu nous accrédite comme héritiers. Il permet la pérennité de l’activité intellectuelle et spirituelle qui s’y déroule.
Une famille, une école, un lieu de culte, un théâtre, ce sont tous des lieux conquis sur la banalité de l’espace profane pour y assurer la sacralité de la vie de l’esprit. Reconquérir la banalité de l’espace profane, c’est alors faire de chaque chose, de chacune de nos vies un lieu sacré et de toutes, le sacré.