Indice mondial de la torture 2026 : l’Iran en tête du classement
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Le dernier Indice mondial de la torture a classé l’Iran parmi les pays les plus à risque au monde en matière de torture, d’impunité et de violence d’État, et a averti que l’intensification de la répression après les affrontements militaires de l’année dernière a accru le risque de torture, de mauvais traitements, de détentions arbitraires et d’autres violations graves des droits humains.
La publication de ce rapport intervient à la veille du 26 juin, Journée internationale de soutien aux victimes de la torture ; journée désignée par l’ONU pour souligner l’interdiction absolue de la torture et le soutien aux victimes et survivants.
L’Iran un état tortionnaire
« En Iran, la torture n’est pas une défaillance du système — c’est le système lui-même : inscrite dans la loi, récompensée par les tribunaux et dissimulée derrière les murs des prisons », a déclaré Rose Richter, directrice générale d’Impact Iran.
Au cours de la répression de décembre 2025 et janvier 2026, les forces de sécurité ont tiré sur des civils, même à l’intérieur des hôpitaux ; plus de 50 000 personnes ont été arrêtées et plus de 7 000 tuées. Rose Richter a ajouté : « Derrière chacun de ces chiffres se cache une personne dont la souffrance a été infligée délibérément, et une famille qui attend toujours la vérité. »
L’Iran obtient le niveau le plus grave pour six des sept piliers thématiques de l’indice — engagement politique, violences policières et institutionnelles, impunité, droits des victimes, droit de défendre les droits de l’homme et protection pour tous — et un niveau de risque élevé en ce qui concerne les conditions de détention. Ces conclusions mettent en évidence un système dans lequel la torture ne constitue pas une exception, mais un instrument de gouvernance.
Le rapport met en avant plusieurs facteurs qui alimentent le risque de torture en Iran :
- La torture inscrite dans la législation. L’Iran n’a pas ratifié la Convention des Nations unies contre la torture et ne qualifie pas la torture d’infraction pénale distincte. Son cadre juridique continue d’autoriser des peines telles que la flagellation et l’amputation.
- Les aveux récompensés par le système judiciaire. Des condamnations peuvent être prononcées sur la seule base d’aveux, ce qui incite fortement à recourir à la torture et aux mauvais traitements pour obtenir des déclarations, y compris des aveux diffusés par la suite par les médias d’État.
- L’un des taux d’exécution les plus élevés au monde. Au moins 1 639 exécutions ont été recensées en 2025, y compris celles de personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits qui leur sont reprochés.
- Une impunité quasi totale. Aucun organisme indépendant n’enquête sur les allégations de torture ou de décès en détention, tandis que les centres de détention surpeuplés fonctionnent avec un contrôle externe limité, voire inexistant.
- Risques particuliers pour les groupes vulnérables. Les femmes et les filles, les minorités ethniques, les personnes LGBTQIA+, les défenseurs des droits humains, les journalistes et les avocats sont exposés à un risque accru de torture, de détention arbitraire et d’autres formes d’abus.
L’OMCT appelle l’Iran à mettre fin aux exécutions et aux châtiments corporels judiciaires, à ratifier la Convention des Nations unies contre la torture, à ériger la torture en infraction pénale, à cesser de recourir aux aveux obtenus sous la contrainte et à accorder un accès sans entrave à la mission d’enquête des Nations unies. Elle exhorte la communauté internationale à soutenir les efforts visant à garantir la responsabilité des auteurs et à protéger les survivants et leurs familles.
A propos
À propos de l’indice : L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), en collaboration avec plus de 200 groupes locaux du Réseau SOS-Torture, a créé l’Indice mondial de la torture : un outil unique, fondé sur des données, conçu pour évaluer chaque année le risque de torture et de mauvais traitements dans chaque pays. Lancé lors de la Semaine mondiale contre la torture de l’OMCT en juin 2025, l’Indice couvre désormais 39 pays en 2026, répartis dans cinq régions, et son champ d’application devrait s’étendre les années suivantes.
Source de l’article : OMCT / Global torture index 2026
