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La basilique Sainte-Marie : l’emblème de Cracovie et ses 160 églises

Particulièrement réputée pour son monumental retable de bois réalisé en 1477-1489 par l'Allemand Veit Stoss (polonisé en Weit Stwosz) et pour son appel de la trompette - Hejnał - qui retentit à chaque heure depuis la plus haute tour, la basilique Sainte-Marie est une imposante église de style gothique avec des éléments Renaissance qui se dresse sur un angle de la Place du Marché de Cracovie, l'ancienne capitale de Pologne.
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REDACTION
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Arrivés sur la Place du marché de Cracovie vous ne pourrez pas manquer l’imposante Basilique Sainte-Marie (Kościoł Mariacki) et ses deux tours massives et asymétriques, culminant à 81 mètres pour la hejnalica et 69 mètres pour le clocher. Elle est avec le château du Wawel, l’un des monuments les plus célèbres et les plus visités de Cracovie.

Construite entre la fin du XIIIe siècle et le début du XVe siècle, cette église au plan basical à trois nefs est un exemple type de l’architecture gothique en Pologne

À l’intérieur, le chœur et les nefs sont décorés en polychromie conçue par Jan Maltejko. De magnifiques autels baroques séparent la nef principale des bas-côtés et ornent les deux nefs latérales dont l’une abrite un grand orgue.

La voute qui symbolise le ciel étoilé, atteint 38 m. Sur son fond bleu, les anges jouent d’instruments de musique ou portent des bannières ornées de paroles des litanies de Lorette.

L’arc triomphal

Dans l’arc triomphal qui sépare la nef principal du choeur de la basilique où se trouve le retable, un immense crucifix provenant de la scène de la Passion, commandité par Jerzy Turzon en 1515 a été conservé. Il a probablement été exécuté par un élève de Weit Stwosz.

La poutre de gloire, qui le soutient, a également été conçue par Jan Matejko et réalisée par Tadeusz Blotnicki. Elle repose, de part et d’autre de la travée d’entrée du chœur sur les bustes de deux anges portant des boucliers gravés des armoiries de la Pologne et de la Lituanie.

Le retable : joyau de sculpture en bois gothique

Le retable de la « Dormition de la vierge Marie » est l’une des oeuvres les plus remarquables de la sculpture en bois du gothique tardif. Il a été sculpté et réalisé par le maître Weit Stwosz entre 1477 et 1489 grâce au financement des bourgeois de Cracovie.

Démonté et emporté par les Allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, le retable a été retrouvé après guerre et ramené en 1946 à Cracovie dans un très mauvais état.

Restauré plusieurs fois, notamment dans les années 1950, il faut attendre 2015 pour qu’une grande campagne soit lancée afin de lui redonner son éclat d’origine. Grâce à des sources d’archives et des photographies anciennes, les restaurateurs on pu rendre au retable son aspect initial. Les manques ont été bouchés et le nettoyage a permis de retrouver d’anciennes polychromies.

Au cours du chantier, les artisans ont fait des découvertes étonnantes. Ils on retrouvé, caché au sommet du retable, un morceau de papier avec l’inscription d’un charpentier qui travaillait sur l’autel en 1957. Autre découverte majeure : la date de 1486 inscrite sur l’apôtre saint Jean dans la scène de la Dormition de la Vierge. Cette date n’avait jamais été découverte auparavant. Sa restauration s’est achevée en 2021.

L’œuvre mesure 13 mètres de hauteur sur 11 mètres de large et certains des personnages représentés mesurent jusqu’à 2,7m.

Le bâti, élaboré en bois de chêne, est habité de scènes et de personnages sculpté en bois de tilleul. Il est de forme polyptyque et comporte cinq panneaux. Sa partie centrale qui porte des personnages sculptés est encadrée de deux panneaux fixes extérieurs, de volets mobiles intérieurs et d’une prédelle (A) constituée de l’arbre de Jessé - la généalogie sculptée du Christ.

À l’ouverture de la caisse, les volets intérieurs révèlent les mystères joyeux et glorieux du rosaire : L’Annonciation (B), la Nativité du Christ (C), L’Adoration des Mages (D), La Résurrection (E), l’Ascension (F), la Pentecôte (G).

La partie centrale représente la Dormition de la Vierge Marie (H) et son Assomption (I), scène dans laquelle e Christ soulève le corps et l’âme de sa mère au Ciel.

Le retable est est surmonté par la scène du Couronnement de la Vierge (J), entourées de statuts de saint Stanislas (K) et de saint Adalbert (L).

Au rythme de la sonnerie du Hejnał

La basilique Sainte-Marie de Cracovie fut construite sur les fondations d’une ancienne église romane détruite en 1220 lors d’invasions tatares. L’origine de l’appel à la trompette du Hejnał (signal) remonterait à cette époque.

Selon la légende, lors de l’invasion des Tatars, probablement vers 1241, un guetteur de la grande tour vit les troupes ennemies approcher la ville et donna l’alerte aux habitants, mais une flèche mongole lui transperça la gorge avant qu’il ne puisse terminer. Le message fut donc brutalement interrompu, et, aujourd’hui encore, la mélodie du hejnał mariacki s’arrête au milieu d’une phrase musicale. Il est cependant très possible que cette légende soit une invention du XXe siècle. Elle n’est documentée que dans un livre de 1929, Le Trompettiste de Cracovie, de l’Américain Kelly.

Aujourd’hui, la sonnerie du Hejnał est encore jouée à la trompette toutes les heures et des quatre côtés du monde (depuis les 4 faces de la tour). Depuis 1928, elle même diffusée à la radio nationale polonaise et marque le milieu de la journée pour tout le pays.

Durant les mois d’été, il est possible de monter à la tour "Hejnalica" pour contempler la ville de tout en haut et accéder à la salle du légendaire trompettiste. Il s’agit de l’une des meilleures vues sur Cracovie.

A propos

Illustrations : Zygmunt Put (façade), Olivier Konarzewski (intérieur)

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