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La visite apostolique du pape Léon XIV promet d’être exceptionnelle

Ce matin, au siège de la Conférence des évêques de France (CEF) à Paris, les principaux responsables engagés dans la préparation de la visite du pape Léon XIV en France ont tenu une conférence de presse pour faire le point sur l'organisation de cet événement exceptionnel placé sous le signe de l’enthousiasme, de la diversité des rencontres et d’une forte attente.
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REDACTION
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« On ne sait pas ce que le pape va dire. Mais il faut se préparer à l’écouter. » C’est avec cette formule que le le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France et le comité d’organisation résument l’état d’esprit qui accompagne la venue du pape en France les 25, 26, 27 et 28 septembre prochains.

Plutôt que d’anticiper les messages du souverain pontife, les organisateurs préfèrent se concentrer sur l’organisation de son voyage ; une seule invitation est lancée : se préparer à l’écouter.

Une chose, toutefois, semble déjà acquise : l’attente est forte. Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, vice-président de la CEF et président du comité de pilotage de la visite du Saint-Père en France évoque une véritable « soif de spiritualité » et un enthousiasme perceptible dans tout le pays. La visite doit être l’occasion, d’entendre « une voix importante pour l’Église de France, mais aussi pour le pays et pour le monde entier » dit-il.

Paris, première étape d’un voyage très attendu

À Paris, l’organisation supervisée par Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris s’annonce particulièrement ambitieuse .

Sur un jour et demi, six séquences sont prévues et jusqu’à un million de personnes pourraient être accueillies autour des différents rendez-vous.

De la gestion des foules de la messe des Champs Élysées ou de la veillée du stade France jusqu’au rencontres interpersonnelles (à L’Élysée notamment) en passant par les visites d’assemblées comme à l’Unesco, tout a été confiée au général Hervé Wattecamps, pour l’occasion, coordinateur général pour le diocèse de Paris

Le défi - permettre au plus grand nombre, idéalement à tous ceux qui ont fait le déplacement, de voir le pape et de participer aux célébrations - est immense. Le général indique que les inscriptions pour la messe sur les Champs Élysées se font actuellement au rythme de 8000 par jour. L’enthousiasme, toujours l’enthousiasme.

Quant au Stade de France, à Saint-Denis, ce sont 80 000 jeunes qui sont attendus pour une grande veillée. Là encore, l’organisation insiste sur l’enthousiasme du public et une manifestation qui dépasse l’Église. Dans une vidéo diffusé lors de la conférence de presse, Monseigneur Étienne Guillet, évêque de Saint-Denis explique que beaucoup de jeunes catholiques ont invité des amis non catholiques à participer à cette veillée. Il signale aussi la présence de la famille Fratellini et dec la tradition circassienne de Saint-Denis qui contribue à la dimension populaire de l’événement.

Lourdes, le pape pèlerin

Pour succéder aux visites de ses prédécesseurs, Jean Paul II et Benoit XVI, le passage du pape Léon XIV dans la cité mariale suscite, lui aussi, déjà beaucoup d’enthousiasme et de joie.

« Le pape viendra à la fois comme pèlerin et comme pasteur » se réjouit Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, en précisant que le pape « accomplira les gestes traditionnels du pèlerin à la grotte : toucher le rocher, boire l’eau de la source et allumer un cierge ».

Le Saint père qui célébrera une messe le dimanche matin, prendra également la tête de la procession aux flambeaux du dimanche soir.

Lourdes pose cependant un défi particulier aux organisateurs. « La configuration de la ville, ses rues étroites et son environnement montagneux limitent les capacités d’accueil » regrette M. Damien Masset, coordinateur pour le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes qui indique que les consignes préfectorales autorisent jusqu’à 50 000 personnes le samedi soir, 150 000 le dimanche matin pour la messe et 25 000 pour la procession du dimanche soir.

Metz : réconciliation et Europe

Dernière étape du voyage papal : Metz. Pour Mgr Philippe Ballot, archevêque-évêque de Metz ainsi que pour le général Pascal Peran, coordinateur pour le diocèse de Metz, la conclusion de cette visite prend une dimension particulière dans un territoire marqué par son histoire. « Une région qui a connu trois guerres et deux annexions, et qui a également fait l’expérience de la puissance de réconciliation » souligne l’archevêque.

Le message attendu sera ici probablement très européen. Un hommage sera d’ailleurs rendu à Robert Schuman. « Un grand chrétien et l’un des pères fondateurs de l’Europe », justifie l’archevêque de Metz. Lors de cette étape, le pape participera à des rencontres interreligieuses et prononcera un discours consacré aux racines de l’Europe, à la paix et à l’unité.« La concomitance entre ces deux événements est à noter »

Côté organisation, les défis sont du même ordre que ceux de Lourdes. La cathédrale de Metz accueillera une messe réunissant environ 2 000 personnes. La célébration sera retransmise sur écrans et sonorisée dans plusieurs rues et places de la ville : 12 000 personnes pourraient ainsi assister à la messe. Une déambulation de deux kilomètres dans les rues de Metz permettra également au pape de rencontrer différents publics, notamment des personnes handicapées et des enfants.

L’engouement pour l’événement est tel qu’il n’y a plus de chambre disponible à Metz et dans sa région depuis plusieurs semaines, confesse Mgr Philippe Ballot.

Un voyage à 27 millions d’euros

Toute cette mobilisation de moyens a un coût. Le budget annoncé pour l’ensemble de ce voyage de Léon XIV, organisé avec l’aide de GL Events et de Publicis (pour la communication et les média) s’élève à 27 millions d’euros. Les organisateurs justifient ce montant par l’ampleur du défi logistique et par la volonté de permettre au plus grand nombre d’assister aux différents rendez-vous et de voir le pape.

Interrogé à l’issue de la présentation sur l’importance du budget, alors que plusieurs montants — 12, 15 puis 20 millions d’euros — auraient circulé, M. Sylvain Guillebaud, Secrétaire général adjoint en charge des ressources de la CEF a démenti cette rumeur : « le budget n’a jamais évolué et le seul chiffre officiellement communiqué est celui de 27 millions d’euros qui a été donné par communiqué hier ».

Une collecte a été lancée au début de l’été auprès des fidèles et du public. Elle a permis de réunir 5,5 millions d’euros au moment de la conférence de presse. Les organisateurs soulignant par ailleurs que l’ensemble des événements sera gratuit, sont confiants pour la suite.

Des victimes entre attente et frustration

L’étape du pape à Lourdes sera aussi le lieu d’une rencontre particulièrement sensible et attendue : celle du pape avec des victimes d’agressions sexuelles commises au sein de l’Église.

Cette rencontre, d’une durée annoncée d’une heure, prendra la forme d’un échange interpersonnel explique Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque coadjuteur de la Rochelle et porte-parole de la CEF.

Le pape rencontrera des femmes et des hommes ayant été victimes alors qu’ils étaient mineurs ou majeurs, dans différents contextes : établissements scolaires, activités paroissiales ou au sein des églises.

Quarante personnes avaient manifesté leur souhait de rencontrer le pape, individuellement ou comme représentants d’associations et de collectifs. Sept seulement pourront finalement être accueillies.

Une sélection qui suscite des frustrations parmi les personnes qui ne pourront pas participer à la rencontre. Les organisateurs ont indiqué qu’un retour sur cet échange serait effectué par la Conférence des évêques de France au mois de décembre.

Une visite qui dépasse les frontières de l’Église

Des foules aux rencontres les plus intimes, des victimes aux jeunes, des malades aux représentants des autres religions, de la rencontre avec Emmanuel Macron jusqu’au message européen attendu à Metz : le voyage apostolique du pape promet d’être à la fois populaire, spirituel et politique.

Comme son prédécesseur François, Léon XIV n’a pas les déclarations et les messages politiques dans sa poche quand il s’agit de défendre la dignité humaine et de militer pour la paix.

Pour avoir accepté avec enthousiasme comme devise de son voyage « Pour que le monde ait la vie », proposée par le cardinal Jean-Marc Aveline, les politiques sociales et la défense des plus démunis seront probablement, une nouvelle fois, au cœur de ces messages.

Entre enthousiasme, rencontres et attentes, la visite du pape en France promet à tout point de vue et sur tous les plans d’être exceptionnelle.

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