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Présidentielles : condamnée, Marine Le Pen se pourvoit en cassation et croit plus que jamais à son élection

Marine Le Pen sera candidate à l'élection présidentielle. Elle l’a déclaré mardi soir sur TF1, en annonçant son pourvoi en cassation qui suspend, selon elle, le port du bracelet électronique. Un pari politique et judiciaire osé et critiqué après sa condamnation par la Cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national.
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REDACTION
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« J’ai été heureuse qu’on rende aux Français leur liberté de voter et que la Cour me rende mon éligibilité », a déclaré Marine Le Pen mardi sur le plateau du 20h de TF1 avant d’ajouter : « Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle ».

Et d’expliquer ensuite, quelques heures après l’arrêt de la Cour d’appel, « Comme j’ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation (...) et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l’arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique ».

« Nous allons très rapidement, Jordan Bardella et moi-même, démarrer cette campagne présidentielle », a immédiatement ajouté la députée du Pas-de-Calais en évoquant une nouvelle fois un « binôme », un « couple politique » avec le président du Rassemblement national, qui sera son Premier ministre en cas de victoire.

Pari judiciaire

L’arrêt de la cour d’Appel de Paris l’a reconnue une nouvelle fois coupable de détournements de fonds du Parlement européen et l’a condamnée à trois ans d’emprisonnement, dont un an sous bracelet électronique.

Cette condamnation est assortie d’une amende de 100 000 € et d’une peine d’inéligibilité de 45 mois, dont 30 avec sursis, ce qui lui permet d’être éligible pour la présidentielle de 2027. Car la peine d’inéligibilité infligée par le tribunal en première instance avait commencé de s’appliquer.

Et si la Cour de cassation désavouait à nouveau la leader du RN, a risqué le journaliste de TF1. « Nous verrons », a répondu Marine Le Pen, affirmant qu’il n’existe « plus de scénario dans lequel je ne peux plus me présenter ».

Pari politique

Cette annonce de candidature a été largement critiquée par les autres prétendants à l’Élysée.
Ainsi à droite, Gabriel Attal a pointé la « dimension morale » d’une candidate « condamnée à deux reprises » pour « détournement de fonds publics », quand Édouard Philippe, réagissant sur France 2, invitait Marine Le Pen à « expliquer » ce « reniement » aux Français, qui « trancheront ».

Othman Nasrou, secrétaire général des LR a lui accusé la candidate du RN de « prendre la démocratie en otage » et de « fragiliser les institutions » avec ce « revirement » qui « abîme la confiance des Français envers la politique ».

Du côté de la gauche, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a pointé une manoeuvre juridique de Mme Le Pen pour « faire diversion ». Le parti Socialiste, toujours sans candidat, par les voix de’Olivier Faure et Boris Vallaud, a vertement critiqué la décision de Marine Le Pen, qualifiée de « délinquante ».

« Nous ne laisserons pas la République dans les mains de gens qui sont profondément corrompus », a aussi réagi Raphaël Glucksmann, promettant de « combattre jusqu’au bout la personne qui représentera le RN ».

Côté insoumis, Jean-Luc Mélenchon a commenté le verdict en assurant qu’il n’y aurait « rien de changé quelle que soit la candidature » du RN, dont il entend « débarrasser le pays par la voie des urnes » et Marion Aubry, détourant le slogan du Rassemblement national « Tête haute et mains propres » a commenté l’événement et la décision de Marine Le Pen d’un « Tête basse et mains sales ».

Seul Eric Ciotti, l’allié du RN, a vu dans cette décision « Une bonne nouvelle pour la démocratie française ». Eric Zemmour, le président de Reconquête, s’est contenté de déclarer : « Il est sain que ce soit aux Français de trancher et non aux juges ».

Les juges dans leur arrêt ont pris soin de souligner l’importance de la « liberté des candidatures », en l’espèce à l’élection présidentielle, tout autant que la « liberté du choix des électeurs », laissant ainsi Marine Le Pen, fautive mais surtout libre de choisir son destin.

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