Certains contenus sont réservés aux abonnés.   ou  S'abonner
En accès libre

Violences sexuelles dans l’Église : une nouvelle instance prend le relais de l’Inirr

L’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), créée en 2021 pour accompagner les victimes de violences sexuelles commises dans l’Église, a achevé son mandat le 31 août. Elle est remplacée par l’Instance nationale indépendante d’accompagnement des victimes dans l’Église (Iniave) a annoncé la conférence des Évêques de France (CEF) dans un communiqué du premier septembre.
Portrait de la rédactrice en chef
Olivier KONARZEWSKI
4 min de lecture
Partager :
Logo de l'article
Cet article vous est offert pour juger de notre travail

Pour accéder à la totalité des articles et à l'ensemble des analyses de Croyances & Villes, abonnez-vous.

Déjà abonné ?

Dans un communiqué publié le 1er septembre, la Conférence des Évêques de France (CEF) explique que les évêques de France ont décidé, lors de leur dernière Assemblée plénière, de mettre en place « un réseau national d’accompagnants coordonné par une instance indépendante ».

Cette nouvelle organisation doit permettre de poursuivre la mission engagée par l’Inirr, en accompagnant les personnes victimes qui souhaitent entreprendre des démarches restauratives.

L’Instance nationale indépendante d’accompagnement des victimes dans l’Église (Iniave) a commencé sa mission le 1er septembre. Dans le même temps, le mandat de l’Inirr a été prolongé de dix-huit mois afin de permettre à l’ancienne instance d’accompagner jusqu’à leur terme les démarches des personnes qui l’avaient saisie avant le 31 août 2026.

Quels changements avec l’Iniave ?

Créée à la suite du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), l’Inirr avait été mise en place en novembre 2021 par Marie Derain de Vaucresson, à la demande de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, alors président de la CEF. Sa mission était d’accompagner les personnes victimes de violences sexuelles commises dans l’Église lorsqu’elles étaient mineures.

Pour assurer leur reconnaissance et leur réparation, l’Inirr avait élaboré un processus d’accueil et d’écoute, ainsi qu’un dispositif de contribution financière, en s’appuyant notamment sur les principes de la justice restaurative.

L’un des principaux changements entre les deux structures tient à leur organisation. L’Inirr était une instance externe et indépendante de l’Église en lien avec la CEF. L’Iniave est, quant à elle, financée par une cotisation obligatoire versée par l’ensemble des diocèses de France et donc interne à l’organisation même de l’Église.

L’Inirr conserve à ce jour ses équipes pour poursuivre l’accompagnement des personnes qui l’avaient saisie avant la fin de son mandat. L’Iniave doit, de son côté, mettre en place une nouvelle organisation et constituer un réseau d’accompagnants, bénévoles ou salariés.

Dans son communiqué la CEF indique que cette nouvelle instance devra notamment élaborer une charte éthique, un programme de formation et un référentiel d’accompagnement, ainsi qu’un barème de contribution financière.

« Un groupe témoin de personnes victimes sera associé à ce travail », y précise également Mgr Gérard Le Stang, évêque d’Amiens et président du Conseil national pour la protection des mineurs de la Conférence des Évêques de France.

Le rôle exact de ce groupe témoin dans le fonctionnement de l’Iniave reste toutefois à préciser. Cette participation intervient dans un contexte où de nombreuses victimes éprouvent encore des difficultés à se reconnaître comme telles et souhaitent préserver leur anonymat.

Une nouvelle équipe dirigeante

La présidence de l’Iniave a été confiée à Sophie Darbois, magistrate honoraire depuis janvier 2024.

Le secrétariat général et le porte-parolat de l’instance seront assurés par Stéphane Jacquot, juriste spécialiste de la justice restaurative et ancien membre associé de l’Inirr.

Pascal Ruffenach, philosophe et ancien président du directoire de Bayard, a lui été nommé président de l’Inirr par le cardinal Aveline en remplacement Marie Derain de Vaucresson.

Il prendra ses fonctions le 1er octobre 2026 à l’issue d’un mois de septembre au cours duquel Marie Derain de Vaucresson présentera, lors un colloque consacré aux violences sexuelles dans l’Église, le travail accompli par l’inirr depuis bientôt cinq ans .

Comment saisir l’Iniave ?

Depuis le 1er septembre, les personnes victimes de violences sexuelles commises dans le cadre de l’Église et souhaitant engager une démarche de reconnaissance et d’accompagnement auprès de la nouvelle instance peuvent saisir l’Iniave par courriel à contact@iniave.fr ou par courrier à l’adresse suivante : Iniave 45, rue Saint-Lambert 75015 Paris

La CEF indique que le site internet de l’Iniave doit être mis en ligne dans les prochaines semaines.

Pour les personnes ayant déjà saisi l’Inirr avant le 31 août 2026, la transition est différente : leur dossier reste pris en charge par l’ancienne instance, dont le mandat a été prolongé de dix-huit mois afin de permettre l’achèvement des démarches engagées.

Mots-clés