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  • Publié le 14 février 2026

Hommage à Ilan Halimi : Emmanuel Macron prône des peines plus lourdes contre l’antisémitisme

Vendredi 13 février 2026, honorant Ilan Halimi le jeune homme juif décédé en 2006 après trois semaines de sévices perpétrés par « le gang des barbares », le Président de la république a dénoncé « l’hydre antisémite » et annoncé le renforcement des peines pour antisémitisme.

Retrouvé agonisant le long d’une voie ferrée après trois semaines de sévices perpétrés par une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler « le gang des barbares » , sous la direction de Youssouf Fofana, Ilan Halimi est décédé lors de son transfert à l’hôpital, le 13 février 2006.
« C’est parce qu’il était juif qu’il subit un supplice innommable, calvaire de 24 jours venu du fond des âges » a lancé le chef de l’État, en présence de sa famille, avant de planter un chêne à sa mémoire dans les jardins de l’Élysée.
Vingt ans plus tard, l’antisémitisme est plus que jamais d’actualité et il prend des « visages nouveaux », « islamiste », « antisioniste », « d’extrême droite » et « d’extrême gauche », a détaillé le chef de l’État. « En 20 ans et malgré l’action résolue de nos policiers, gendarmes, magistrats, professeurs, élus, l’hydre antisémite n’a cessé de progresser (...) Elle s’est immiscée dans l’intimité de nos sociétés, dans chaque interstice », a-t-il constaté.

L’antisémitisme politique dans le viseur du chef de l’État

« Lorsqu’un juif est en danger, la patrie est en danger » a martelé Emmanuel Macron dénoncant vendredi « l’hydre antisémite » qui « s’immisce » dans tous les « interstices » de la société française avant de prôner une peine d’inéligibilité « obligatoire » pour les élus coupables de tels actes ou propos, 20 ans après l’assassinat d’Ilan Halimi. Il a justifié cette « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables « d’actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires » en insistant sur le rôle des politiques qui doivent être « des sentinelles de la République ».
Le chef de l’État a ici pointé du doigt l’antisémitisme qui « s’appuie sur la critique de la politique menée par Israël pour décrédibiliser, assigner, nier le droit à l’existence de l’État hébreu et finit par nier le droit des juifs eux-mêmes à vivre ». « Celui-là même qui, dans une inversion historique vertigineuse, entend faire des juifs des génocidaires ».
Il a ainsi donné des gages à ceux qui, dans la communauté juive, jugent sa diplomatie trop critique envers Israël à Gaza et trop proche des Palestiniens, avec notamment son initiative à l’ONU en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien.

« Votre place est ici »

Devant des représentants de l’autorité judiciaire, il a donc confirmé que le gouvernement allait « travailler » à un renforcement de la pénalisation des actes « antisémites », jugée « trop souvent dérisoire ». Les actes antisémites ont certes diminué de 16% à 1.320 en 2025 mais n’ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années et comptent pour 53% de l’ensemble des faits antireligieux, selon le ministère de l’Intérieur. Leur forte hausse fait suite à l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, suivie du lancement de l’offensive israélienne à Gaza.
Le président de la République s’est ainsi directement adressé aux juifs de France, alors qu’un nombre croissant d’entre eux prennent le chemin d’Israël. Leur nombre a ainsi augmenté de 45% avec 3.300 arrivées en 2025. « Votre place est ici, pas simplement parce que c’est votre pays, mais parce que la France a besoin de vous pour rester elle-même », a-t-il dit.
Emmanuel Macron, accompagné d’une sœur d’Ilan Halimi, Anne-Laure Abitbol, a ensuite planté un chêne de 20 ans, « symbole d’enracinement de la mémoire d’Ilan Halimi dans la République », dans la tradition des arbres de la liberté, de la laïcité ou de la fraternité, selon l’Élysée. L’arbre a désormais une place d’honneur, au plus près du palais présidentiel, quand d’autres à la mémoire du jeune homme ont été vandalisés en France ces derniers mois.
Pour le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, il était « important » de « dire aux Français juifs qu’ils ne sont pas seuls face à l’antisémitisme ».

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