«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

A Mulhouse, Emmanuel Macron s’est engagé contre « l’islam politique », qui « n’a pas sa place » en France

Hier, à Mulhouse, Emmanuel Macron a affirmé la détermination de la République à lutter contre le « séparatisme islamiste » mais aussi « les discriminations ». Le président avait promis des annonces avant les élections municipales, son discours a surtout souligné l’ampleur de la tâche à mener.

Après avoir rappelé ce que recouvre la laïcité, tout en assurant dans le même temps son souhait de ne pas “stigmatiser” telle ou telle religion, Emanuel Macron a détaillé devant des responsables locaux et des habitants du quartier de Bourtzwiller, les contours de sa stratégie pour « préserver le pacte républicain » et éviter qu’une partie de la population ne souhaite vivre en marge des lois et des valeurs de la République. Au programme de ce plan, quatre axes fondent la stratégie « anti-séparatisme » du Président : lutter contre les influences étrangères, favoriser une meilleure organisation du culte musulman en France, lutter avec détermination contre toutes les manifestations du séparatisme islamistes et ramener la République là où elle a un peu démissionné. Un plan, qui, pour le chef de l’État ne doit surtout pas être un « plan contre l’Islam » car « ce serait une faute profonde » a-t-il souligné.

En finir avec le « séparatisme » islamiste

Après le plan contre la « radicalisation » et l’appel à une « société de vigilance » pour lutter contre l’« hydre islamiste », le combat contre l’« islam politique » et la défense de la « laïcité », est venu le temps de la lutte contre le « séparatisme ». « Le séparatisme islamiste est incompatible avec la liberté et l’égalité, incompatible avec l’indivisibilité de la République et la nécessaire unité de la nation », a martelé le chef de l’État avant de se lancer dans une longue anaphore contre les dérives islamistes : « Dans la République, on ne peut pas accepter qu’on refuse de serrer la main à une femme parce qu’elle est femme ; dans la République, on ne peut pas accepter que quelqu’un refuse d’être soigné ou éduqué par quelqu’un ; dans la République, on ne peut pas accepter la déscolarisation ; dans la République, on ne peut pas exiger des certificats de virginité pour se marier ; dans la République, on ne doit jamais accepter que les lois de la religion puissent être supérieures aux lois de la République », conclut par un « c’est aussi simple que ça  ».

Fin programmée de l’accueil des imams envoyés par des pays étrangers

Parmi les annonces d’Emmanuel Macron, s’il en était une particulièrement attendue par les dénonciateurs historiques de l’influence de l’islam politique en France c’est bien celle de l’arrêt programmé de l’accueil des imams détachés envoyés en France par d’autres paysdans le cadre d’accords bilatéraux. On dénombre ainsi 300 imams permanents dont 150 proviennent de la Turquie, 120 de l’Algérie et une trentaine du Maroc. L’accueil des 300 psalmodieurs reçus chaque année durant la période du ramadan sera lui aussi stoppé. Toutefois le président n’a pas précisé à quelle date ces deux mesures seraient appliquées.

Contrôle renforcé des financements étrangers des lieux de culte

Le président a aussi annoncé un contrôle renforcé des financements étrangers des lieux de culte, pour pouvoir bloquer des projets suspects. « Nous devons savoir d’où vient l’argent, qui le touche et pour quoi faire », a-t-il lancé en s’interrogeant sur les finalités de l’immense mosquée An-Nour à Mulhouse (4600 m2) et de son complexe comprenant piscine, écoles et commerces, financés en grande partie par une ONG du Qatar. Un chantier actuellement bloqué pour enquête.

Suppression des enseignements de langue et de culture d’origine (Elco)

« Le problème que nous avons aujourd’hui avec ce dispositif (Elco), c’est que nous avons de plus en plus d’enseignants qui ne parlent pas le français (…) que nous avons de plus en plus d’enseignants sur lesquels l’Éducation nationale n’a aucun regard (…) et nous n’avons pas non plus le contrôle sur les programmes qu’ils enseignent », a expliqué Emmanuel Macron pour justifier la suppression à la rentrée scolaire 2020-2021 du dispositif Elco, ces cours facultatifs en langues étrangères dispensés en France par des enseignants désignés par les gouvernements de neuf pays étrangers. Cet enseignement qui concerne 80 000 élèves par an sera remplacé par des Enseignements internationaux en langue étrangère (EILE). Mais encore faut-il que le gouvernement français trouve un accord avec les pays concernés (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie). Le président a assuré que des négociations étaient en cours et qu’à ce stade des accords avaient été trouvés avec tous les gouvernements, sauf celui de la Turquie [1].
Dans le département du Bas-Rhin, voisin de celui où se trouvait le Président, les Elco évoluent déjà vers des enseignements internationaux de langues étrangères (EILE) pour les cours de portugais, d’arabe portés par la Tunisie et une partie des cours d’arabe portés par le Maroc, depuis une note de service ministérielle du 7 juillet 2016...

« calme, détermination et respect ».

Toutes ces mesures, le président de la République a répété à plusieurs reprises vouloir les faire appliquer avec « calme, détermination et respect », dans une « fraternité autoritaire ».
Plaidant le danger du « séparatisme », il a ainsi voulu également vanter la chance du « communautarisme », en gage d’apaisement pour la communauté musulmane. Dans son discours, le chef de l’État a en effet reconnu une part de responsabilité de la République dans ce qu’il qualifie de « séparatisme ». « La république se manque à elle même lorsqu’elle ne donne pas tous les droits à ses citoyens » a-t-il ainsi expliqué, estimant que quand l’État et la promesse républicaine étaient absents, la tentation du repli était plus forte et qu’il était donc plus difficile de réclamer les mêmes devoirs à tous les Français.

[1L’accord bilatéral Elco entre la France et la Turquie date de 1972. Il fut le premier de tous les accords signés.

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