«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 18 juillet 2019

Bourgogne Franche-Comté

Biennale d’art sacré contemporain à Autun : une manifestation évidente pour le maire Vincent Chauvet

À Autun le sacré est très lié à l’artistique et au culturel, et l’organisation d’une Biennale d’art sacré contemporain semble très évidente pour Vincent Chauvet, le jeune et cultivé maire d’Autun. Il le démontre en nous exposant le long passé entre le religieux et la vie artistique et culturelle de sa ville.

D’Augustodunum à Autun

Des fouilles récentes autour du temple de Janus ont récemment remis en cause la vision traditionnelle de la fondation de la ville par l’empereur Auguste. Avec une légère pointe d’ironie, Vincent Chauvet bat en brèche la version encore officielle : Non les gaulois barbus du Morvan vivant dans les forêts n’auraient pas été battus par des romains civilisés et Augustodunum n’auraient pas été fondée selon un schème colonialiste contemporain, par un Auguste qui aurait forcé les gaulois à habiter dans la vallée dans une ville au tracé parfaitement géométrique. Non car les dernières fouilles aux alentours du temple de Janus ont mis à jour des temples gaulois antérieurs aux temples romains et qui semblent être des forum, des sites de prière, des lieux de pèlerinages très importants dédiés au culte de l’eau, un peu comme à Lourdes. Par ailleurs, sur le site de Bibracte – Mont Beuvray, plus à l’ouest, les fouilles archéologiques ont montré que durant les 50 dernières années avant la disparition de la capitale du peuple celte des Éduens, la population était déjà romanisée. On y parlait latin et l’on y construisaient des temples. Ainsi le choix de la création d’Augustodunum, Vincent Chauvet le décrit comme «  celui tout à fait classique de la conjonction du pouvoir temporel et spirituel, avec d’un côté la présence à Bibracte d’un important lieu d’artisanat et de commerces où se côtoyaient mineurs, forgerons et frappeurs de monnaies sur une superficie de près de 135 hectares et de l’autre, des temples et des dieux qui convenaient bien aux romains » et de conclure «  d’après les récentes découvertes archéologiques, Augustodunum, la future ville d’Autun, s’est donc fondée à partir de la présence d’un sanctuaire, d’un lieu de culte gaulois et Bibracte a cohabité avec elle pendant encore une ou deux générations  ».

À la fin de l’empire romain, l’Église catholique « s’est glissée dans l’interstice laissé vacant par le pouvoir romain » nous explique l’élu qui dans son cursus à Sciences-Po a également suivi les cours d’histoire de Pierre Legendre en Licence d’Histoire, « la domus ecclesiae [1] du Ve siècle est installée près de l’évêché sur un terrain qui appartient aujourd’hui à la ville et l’évêque qui a repris les fonctions de chef spirituel et politique laissé par les édiles romains y siège depuis le Ve siècle. Autun est une ville épiscopale car elle fut auparavant une capitale gallo-romaine ayant de nombreux lieux sacrés. L’évêque actuel, Benoit Rivière est le 113ème évêque d’Autun ! ».

Une relation évidente avec le sacré

Élu maire le 5 juillet 2017, la première édition de la Biennale (inaugurée le 10) a été le premier événement du mandat de Vincent Chauvet. « Pour moi, il y a une relation assez évidente entre cet événement et la cité. Autun est une ville épiscopale et patrimoniale. Sous le prochain mandat, le plus gros projet culturel de la Ville sera l’extension du musée Rolin qui se trouve en face de l’évêché. Un tiers des futurs espaces d’exposition seront consacrés à la ville catholique du moyen-âge. Plus proche, en 2020, nous célèbrerons les 900 ans de la cathédrale avec les compagnons du devoir, le CFA du bâtiment, l’association des amis de la cathédrale, la société savante locale, le cinéma, l’école d’art,... Il y aura aussi un programme culturel autour de la cathédrale et de son édification, de sa rénovation, de son histoire.

La relation est intense à Autun entre le patrimoine et le fait religieux et même pour nous, entre la vie artistique et culturelle et le sacré, et notamment la communauté catholique et l’évêque.
Actuellement au musée Rolin, dans l’exposition temporaire « Fantastiques » sur la figure du monstre, une grande partie est liée à l’architecture religieuse, aux gargouilles, aux chapiteaux. Ici, les enfants de toutes les écoles apprennent le dessin en dessinant la cathédrale. Il existe aussi un lien si fort entre l’école d’art plastique et le pied de la cathédrale que nous avons les pires difficultés à les convaincre de déménager dans des locaux aux normes. Il y a donc un vrai lien entre le religieux et la vie artistique et culturelle.
Prenez encore l’ancien maire d’Autun, aujourd’hui député, il est le président de la fédération européenne des sites clunisiens dont il essaie de faire rentrer le réseau à l’Unesco. C’est une fédération extrêmement active. Son siège est à Cluny mais nous en assurons la présidence.
Comme je l’ai déjà dit, à l’avenir, un tiers de l’extension du musée Rolin va être consacré à la ville chrétienne du moyen-âge sous le vocable « Religion et pouvoir au moyen-âge », les deux autres tiers étant consacrés à l’archéologie et la période contemporaine. La Biennale d’art sacré contemporain s’inscrit donc tout à fait dans la dynamique actuelle.
Autun est une ville avec une communauté catholique très importante et une population plutôt intellectuelle avec de très nombreuses société savantes. Nous l’avons encore constaté lors de la célébration de l’année impériale. Contrairement à d’autres villes impériales qui ont privilégié les animations, à Autun nous avions choisi d’organiser un cycle de conférences de spécialistes autour de Napoléon et son frère Joseph qui ont séjourné et étudié ici dans leur jeunesse, et nous avons fait le plein.
Une manifestation comme la Biennale d’art sacré contemporain est donc tout à fait dans l’esprit de la ville, de son histoire et de ses habitants
 ».

[1Domus ecclesiæ, littéralement « maison de l’assemblée », est l’expression latine fréquemment utilisée pour désigner les premiers lieux de culte chrétiens construits entre le IIᵉ et le IVᵉ siècle, à une époque où le plan basilical ne s’était pas encore imposé.

Evénement
Daniel Rycharski : « La Goutte creuse la pierre »

Nice - du 15 novembre 2019 au 12 janvier 2020, la Villa Arson, présente la première exposition personnelle en France de Daniel Rycharski, artiste polonais travaillant à l’intersection de divers contextes sociaux et politiques entre la Pologne rurale, la culture homosexuelle et les communautés de foi et un contexte politique conservateur et nationaliste.

Informations
Opinion
Nos micro-trottoirs

«Quels signes ostensibles ?»

Découvrir

Tout savoir sur Croyances et Villes.

Découvrir


Une publication EXEGESE SAS, 14 rue du Cloître Notre-Dame 75004 Paris.