«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Philippe LEGLISE
  • Publié le 19 juillet 2019

Bourgogne Franche-Comté

Biennale d’art sacré contemporain d’Autun : Paroles d’artistes

Pourquoi ont-ils répondus à l’invitation d’Autun, quelle est leur démarche par rapport au sacré, quelles sont leurs aspirations et leurs motivations ; ce sont les questions que nous avons posées à deux artistes de cette seconde édition, le russe Solomon Rossine et l’algérien Yazid Oulab.

Solomon Rossine est né en Biélorussie en 1937. À l’instar des grands peintres d’icônes d’antan, il peint la vie et la mort, les hommes, leur grandeur, leurs misères. Au premier regard sur ses oeuvres, on pense à Chagall, mais l’humanité et la composition paradoxale de cet artiste le rapproche de Van Gogh, Bruegel, Goya.
Il expose dans la "Chapelle N-D et des septs dormants".

C&V  : Pourquoi avoir accepté l’invitation de la Biennale ?
S.R : J’espère que le public va accepter la joie de ma peinture et qu’il va comprendre le niveau important de persécutions.

C&V : Ici, vous ne présentez que des scènes de l’Évangile...
S.R : Oui. Tous les personnages réfléchissent les lumières de la culture évangélique. Un jour quelqu’un m’a demandé pourquoi. Je lui ai répondu que la peinture, c’est la vérité du miracle.

C&V : Quelle signification attribuez-vous à ces scènes ?
S.R : C’est de faire la lumière sur la beauté du coeur humain et sa dignité, même si elle est dissimulée sous un manteau de misère.

C&V : Tous les personnages de vos toiles ne sont pas ’imaginés’ mais bien réels.
S.R : Oui, c’est important. Les 4 évangélistes, par exemple, sont des résidents d’un hospice de vieillards, Leur monde intérieur est illuminé par la passion de l’Évangile. Et les mythes sont remplacés par la vie...

Yazid Oulab est un de ces artistes qui conçoit l’art comme une expérience l’obligeant à se défaire de ce qu’il sait déjà, de ce qu’il est déjà. Son installation, une projection vidéo, est une méditation de l’artiste sur la mystique soufie selon laquelle la poésie est la voie essentielle pour approcher les mystères.
Il expose dans la "Prison panoptique".

C&V : Pourquoi avoir accepté l’invitation de la Biennale ?
Y.O  : Quand on vous propose de venir dans un lieu porteur de tant de spiritualité, on ne peut pas dire non.

C&V  : Ici, vous présentez une vidéo intitulée ’Le souffle du récitant comme signe’...
Y.O : Oui. Moi je viens plutôt de l’écriture, de la calligraphie, mais cette vidéo de fumées d’encens bousculées en spirales et volutes par le souffle des récitants, m’y ramène...

C&V : Quelle est la sgnification de ce souffle des récitants chantants ?
Y.O : Ce sont des montagnards soufis de Monstaganem qui récitent des sourates du Coran à la manière originelle, entre profondeur hindoue et mélopée indienne. Ce sont des taleb [1], ils veulent être initiés.

C&V : Et vous, êtes-vous taleb ?
Y.O : Moi je suis un canard boiteux. Mais les soufis sont tellement généreux.

[1Un taleb ou talib est un étudiant d’une école coranique

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