«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 1er décembre 2017
  • Mise à jour: 10 mars 2020

829 personnes radicalisées évolueraient dans les clubs sportifs français

Jeudi 30 novembre, lors du colloque de la Région Ile-de-France « Radicalisation et sport » qui réunissait les acteurs du mouvement sportif, des institutions et des collectivités pour mieux prévenir la radicalisation islamiste dans les clubs sportifs, l’annonce de la présence de 829 personnes radicalisées dans les clubs sportifs français dont 147 en Ile-de-France a provoqué l’émoi de l’auditoire et justifié la mise en place par la Région d’une formation sur la détection de la radicalisation dans les 19 300 clubs franciliens.

Depuis une dizaine d’années, la manifestation du fait religieux dans le sport, la radicalisation religieuse dans les clubs ne cessent d’augmenter. Dernier épisode en date, la suspension de deux entraineurs d’équipes seniors du football-club de Lagny-sur-Marne, l’US Lagny-Messagers, suspectés de radicalisation, montre bien la nature et le développement du processus. Recrutés en 2016 dans les quartiers, en contact régulier avec Mohamed Hamoumi, l’ancien Imam de Lagny-sur-Marne en fuite en Egypte depuis la fermeture de sa mosquée en décembre 2015, ces deux entraineurs avaient notamment été repérés par les prières qu’il organisaient régulièrement en bordure du stade.
Manuel Da Silva, président du club apprendra avec surprise que ses deux entraîneurs étaient fichés S et faisaient l’objet de sanctions administratives voire judiciaires. Ils comptaient donc parmi les 147 personnes radicalisés évoluant dans les clubs sportifs d’Ile-de-France.

Ce chiffre et celui des 829 personnes recensées au plan national ont sidéré l’auditoire par leur ampleur. Mais ils ont aussi laissé quelques spécialistes sceptiques comme Esther Benbassa, Sénatrice du Val de Marne et rapporteure de la mission d’information sur la déradicalisation. Interrogée par nos confrères de France Info, ce vendredi midi, elle a justifié ses doutes en pointant l’absence d’une définition claire du radicalisé et sur l’interprétation des signes. Prier près d’un stade, s’agissant des entraineurs de Lagny-sur-Marne, n’est pas à proprement parler un signe de leur radicalisation, mais c’est le faisceau d’indices (la répétition des prières, des propos et attitudes) qui doivent informer le jugement.

Se pose alors la question de détecter cette radicalisation. La Région Ile-de-France déploie depuis 2017 un dispositif de formation unique en France. Porté par l’initiateur du colloque de ce matin, Patrick Karam, l’un des vice-président de la Région l’ambition de ce plan : permettre la mise en place au sein des 19300 clubs sportifs franciliens d’un réseau d’alerte constitué de référents ayant suivi une formation spécifique tout en offrant un soutien aux clubs concernés par des phénomènes de radicalisation.

Un plan salué par le maire UDI de Lagny-sur-Marne, Jean-Paul Michel. Il n’avait pas été prévenu de la présence de fichés S dans son club et apprécie de pouvoir disposer d’une méthodologie qui lui permette de détecter les radicalisés déjà infiltrés dans les clubs sportifs.
Comme Patrick Karam, il souhaite que les référents qui seront mis en place puissent être saisis par les dirigeants, les entraineurs et les licenciés, en cas de comportement préoccupant dans un vestiaire, sur un ring ou dans un stade : les clubs et les municipalités franciliennes ne devraient donc plus être démunis face à la radicalisation dans le monde sportif.

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