«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 1er mai 2020

Fleur de muguet et esprit du premier mai

Aujourd’hui 1er mai, jour de la fête du travail, les français offrent du muguet à ceux qu’ils aiment. Derrière ce porte-bonheur se cache une tradition qui plonge ses racines dans la culture antique. Du panthéon romain et celtique au grands couturiers et à la fête du travail, petite promenade à la découverte des lys de la vallée, l’autre nom de ces grappes odorantes de clochettes blanches que l’on aime tant s’offrir.

Des origines antiques

Dans l’empire romain, les célébrations des Florales, fêtes dédiées à Flora, déesse romaine des fleurs et protectrice de la nature, se déroulaient au début du mois de mai et offrir du muguet en son honneur faisait partie du rituel célébré pour la nouvelle saison et les beaux jours qui reviennent ainsi que pour attirer les bonnes grâces pour de futures bonnes récoltes.
Mais déjà dans la culture celtique, les fleurs du muguet étaient utilisées comme des amulettes qui éloignaient les mauvais esprits. Elles étaient offertes aux divinités le premier jour de mai, date qui débutait le compte à rebours de l’été.

Des dieux aux dames

Après avoir été liée aux célébrations des divinités, c’est en France que la tradition a trouvé sa date. On fait remonter la tradition du muguet du 1er mai à la Renaissance et au roi Charles IX qui l’aurait offert autour de lui comme porte-bonheur. La légende raconte qu’en 1560, Charles IX et sa mère Catherine de Médicis visitent le Dauphiné où le chevalier Louis de Girard de Maisonforte offre au jeune roi un brin de muguet cueilli dans son jardin à Saint-Paul-Trois-Châteaux. Le roi, charmé, reprend cette pratique d’offrir chaque printemps un brin de muguet à chacune des dames de la cour en disant « Qu’il en soit fait ainsi chaque année », la coutume s’étendant rapidement à travers tout le pays. Une autre version de la légende veut que le même chevalier de Saint-Paul-Trois-Châteaux, s’étant acquitté avec succès d’une mission secrète auprès des Borghèse, de retour à la cour de Fontainebleau, offre au roi un bouquet de muguet trouvé dans les bois, en gage de réussite de sa mission

La Fête du travail

En France, c’est en 1793, qu’apparait pour la première fois une fête du Travail. Dénommée « jour du travail ») elle est fixée le 3e jour des « sansculottide » dit le « tridi » dans le calendrier républicain de Fabre d’Églantine. Le muguet lui est associé au « jour républicain » qui, pour rompre la tradition royale, a lieu le 26 avril et non le 1er mai.
La tradition se perd ensuite jusqu’au 1er mai 1895 lorsque le chansonnier Félix Mayol débarquant à Paris, gare Saint-Lazare, se fait offrir un bouquet de muguet par son amie parisienne Jenny Cook. Une anecdote publiée dans ses mémoires rapporte que, faute de trouver un camélia que les hommes élégants portaient à l’époque au revers de leur redingote, il prend un brin de muguet le soir de sa première sur la scène du Concert parisien. La première étant un triomphe, il conserve ce muguet qui devient son emblème et aurait relancé la coutume.

La fête du travail célébrée le 1er mai apparaît à la fin du XXe siècle sous l’impulsion de Jules Guesde et du Parti ouvrier qu’il dirige. Sur une proposition de Raymond Lavigne, cette Internationale décide le 20 juillet 1889 de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à huit heures, soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé. Ce jour symbolique du 1er mai, dénommé alors « fête des travailleurs » a été choisi en référence aux grèves et événements sociaux du Haymarket Square de Chicago, débutés trois ans plus tôt, un 1er mai.
C’est sous le gouvernement du Maréchal Pétain que la fête des Travailleurs devient la fête du Travail et que l’Églantine rouge (Rosa canina ou Rosa rubiginosa), associée à la gauche, est remplacée par le Muguet.
La tradition de la vente le muguet sur la voie publique remonte à Claude-François de Payan, ami de Robespierre. Elle fut abandonné pour reprendre vie dans les rues de Nantes peu après 1932, avec l’instauration de la fête du lait de mai par Aimé Delrue. Elle se répandit ensuite à toute la France aux environs de 1936 avec l’avènement des congés payés. À cette époque, et exclusivement à cette date, la mairie de Paris permet la vente de muguets sur les trottoirs pour générer des revenus pour les personnes qui sont au chômage.

L’esprit du parfum et mode

C’est en parfumerie que le muguet est surtout connu, même s’il y est rarement utilisé sous sa forme naturelle. Dès le XVIe siècle, le muguet était un parfum apprécié, notamment des hommes, puisque le terme « muguet » a servi à désigner jusqu’au XIXe siècle un jeune homme élégant. En 1895, le chanteur Félix Mayol porte la fleur muguet sur le revers de son veston et de son chapeau.

Le ’Muguet’ robe de Christian Dior de 1957, dont c’était la fleur préférée.

À la Belle Époque, les grands couturiers français offraient le 1er mai un brin de muguet à leurs petites mains et à leurs clientes. Dès lors, cette coutume du 1er mai devient une fête dans la région parisienne.
Aujourd’hui on l’utilise dans les parfums féminins comme note de cœur. En soliflore, le muguet a fait la célébrité du parfum « Diorissimo », créé en 1956 par Edmond Roudnitska. Christian Dior en fera l’emblème de sa Maison de couture.
D’après le langage des fleurs, le muguet signifie « retour du bonheur ».

Evénement
Un attentat chasse l’autre et crée l’intolérable

Contre l’horreur, en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, la mobilisation a été forte cet après midi. D’importantes manifestations se sont déroulées, ce dimanche 18 octobre. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes (enseignants, militant(e)s, personnalités politiques et élu(e)s locaux et nationaux) partout en France. Les associations de défense des droits de l’homme (LDH), contre le racisme et l’antisémitisme (SOS racisme) et les syndicats d’enseignants y ont pris la parole pour exprimer la peine et la colère de toute la société française laïque et républicaine et sa détermination à ne pas laisser l’islamisme y prospérer.
Nous étions présents pour témoigner de notre peine pour cet homme libre, assassiné parce qu’il voulait le rester, exprimer notre compassion à sa famille et à ses collègues.
Mais les paroles comptent peu au regard des actes. Il faut agir maintenant. Nous prendrons notre part.

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