«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 16 juillet 2019

Le diable dans la pensée européenne

Le Diable est incontestablement un objet de crainte dans la pensée européenne. Mais il a bien fallu lui donner un nom – et même plusieurs – le composer, le transformer... Jusqu’à lui demander de précieux services, le moindre n’étant pas celui de décharger Dieu du Mal. Las ! Le rationalisme moderne s’imposant, il a fini par n’être plus que l’ombre de lui-même. C’est cette histoire que Kurt Flasch retrace, de l’Antiquité chrétienne au XIXe siècle des romantiques allemands.

Son livre est le portrait biographique d’une figure protéiforme et impure, d’une créature bien réelle sous la plume de Saint Augustin, devenue pur esprit sous l’autorité des auteurs scolastiques, à la fois adversaire de Dieu et des hommes, serpent tentateur, dragon cruel, chef des démons et des sorcières, « seigneur de ce monde » et personnification du Mal … L’ouvrage est aussi une histoire culturelle et intellectuelle qui décrit les préoccupations et les pensées de femmes et d’hommes vivant en ce bas monde, et qui met en lumière le fait que les doctrines théologiques et philosophiques sur le Diable et les démons ne sont pas uniquement des théories : elles s’inscrivent si profondément dans les pratiques sociales qu’elles vont jusqu’à décider de la vie et de la mort des individus. Dans cet essai magistral et incisif, Kurt Flasch revisite le grand récit du progrès de la pensée grâce à ce négatif photographique que constitue la figure du Diable.

Kurt Flasch, Le diable dans la pensée européenne, traduction de Iñigo Atucho – Éditions Vrin, « Varia », 2019, 384 p. - 23,50€.

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