«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 3 décembre 2019

Les prix 2019 du mécénat populaire de la Fondation du Patrimoine récompensent les restaurations du patrimoine religieux

Créés en 2005, les Prix du mécénat populaire récompensent des petites communes, collectivités territoriales ou associations qui ont réussi à fédérer de manière exemplaire leur population autour d’un projet de sauvegarde du patrimoine. Cette année 3 des 4 récompenses concernent le patrimoine religieux. Il est vrai que dans la ruralité française, souvent, le seul patrimoine des communes, c’est l’église. Découverte de deux des mécénats populaires récompensés.

Cette année les Prix du mécénat populaire de la Fondation du patrimoine récompenseront pour leur 15e édition les 4 lauréats suivants : L’église d’Étrigé à Sept-Forges dans l’Orne (Normandie) s’est vue attribuer le premier prix doté de 6000 euros, l’église Sainte Trinité de Choisy-au-Bac dans l’Oise (Picardie) a reçu le deuxième prix doté de 3000 €, la Villa La Sapinière de Barcelonnette dans les Alpes-de-Haute-Provence a été récompensée par le troisième prix doté de 2 000 € et enfin la mention spéciale « mobilisation numérique », doté de 4000 € a été décernée aux cloches de la cathédrale de Saint-Malo en Ille-et-Vilaine.

153 000 € collectés dans une commune de moins de 300 habitants.

Le jury a souhaité accorder le premier prix à la commune de Sept-Forges qui s’est lancé le défi audacieux de restaurer l’église d’Étrigé, un site typique du patrimoine religieux rural. Cette petite église dédiée à Saint-Pierre mesurait extérieurement, à l’origine, 14 mètres 30 de long sur 8 mètres de large. Plus tard, elle fut agrandie vers le sud par une construction servant de choeur, de 6 mètres 30, sur 6 mètres.

Église d’Etrigé - © commune de Sept-Forges (Orne)

Si l’apparence extérieure de l’édifice est ce qui a de plus ordinaire, en revanche son architecture intérieure est assez originale. En effet, de manière à soulager les murs, la charpente de la nef repose sur un assemblage de six poutres qui prennent appui sur le sol. Le clocher est supporté par un dispositif analogue. Un arc brisé, encadré de deux petits autels, sépare le choeur de la nef. Au-dessus de l’autel principal qui occupe le fond du bâtiment accolé, une niche contient une Vierge à l’enfant en pierre polychrome du début du XVIIe siècle et classée en 1957. Le choeur conserve des fresques monochromes qui semblent dater au XVIe siècle. On y voit une Sainte Barbe et surtout une curieuse glorification de la Vierge en présence de plusieurs anges, du Christ, de Saint-Bernard, d’un Roi casqué, etc... [1]
Une première tranche de travaux concernant la consolidation et la rénovation du clocher et des toitures a été effectuée. Il s’agit maintenant de restaurer la nef (parties hautes et murs), dont le coût des travaux s’élève à 261 124 €. Depuis son lancement, en 2007, ce projet a collecté près de 153 000 € dans une commune de moins de 300 habitants.
En accordant le premier prix du mécénat populaire à la commune de Sept-Forges, le jury a souhaité féliciter l’équipe municipale et l’association Les Amis d’Étrigé pour leur engagement autour de ce projet de restauration caractéristique du patrimoine de proximité et qui a suscité plus de dons que la commune ne compte d’habitants !

88 000 € collectés sur internet pour les cloches de la cathédrale de Saint-Malo

Les cloches vont pouvoir à nouveau résonner dans le beffroi de la cathédrale de Saint-Malo. Alors que la ville lançait, en mars 2018, une souscription pour la restauration des cloches de sa cathédrale, aujourd’hui ce sont près de 88 000 € de collectés. A travers les initiatives de la commune et de l’association Campana, ce projet a mobilisé plus de 200 dons en ligne auprès de la population locale et des estivants.
Car la cathédrale dont les les origines remontent au XIIe siècle est un lieu de culte, très fréquenté par les paroissiens et les personnes de passage, curieuses de découvrir l’édifice et son clocher pourvu à la fin du XIXe siècle d’une flèche abritant un ensemble de quatre cloches fournies par la fonderie Havard de Villedieu : Malo (sib 2) ; Jacques Cartier (do 3) ; Jean de Châtillon (Mib 3) et Noguette qui sonne chaque soir le couvre-feu à 22h00 (ré 3).

Cloche de la Cathédrale de Saint-Malo - © Saint-Malo

Ces cloches bien qu’épargnées par les bombardements et les destructions de la seconde guerre mondiale ont toutes connu un funeste destin. Aujourd’hui trois cloches autour de Noguette, qui pourra seule être conservée, doivent être refondues afin de retrouver un ensemble campanaire d’une qualité digne de l’édifice qui l’abrite. Une cinquième cloche pourrait être créée afin de rendre le plenum de la sonnerie plus allègre et accroître les possibilités de combinaisons musicales. La mise en lancé franc de l’ensemble achèvera de redonner tout son éclat à la sonnerie de la Cathédrale .
Le projet est original à plus d’un titre. Au-delà de répondre aux critères de la mention mobilisation numérique, il a également pour vocation d’être ouvert au public grâce à une plateforme dans le beffroi permettant à tous d’admirer ces nouvelles cloches. C’est ce qui a poussé le jury de la Fondation du Patrimoine à lui accorder cette mention.

Pour mémoire : La Fondation du Patrimoine, figure parmi les fondations qui collectent les dons des entreprises et des particuliers pour la restauration de Notre-Dame de Paris. Encore, dernièrement c’est elle qui a signé une convention de 100 millions d’euros avec le groupe Total (lire notre article).

[1Source : Le Pays Bas-Normand — n° 2 — 1975
Bernard JARRY — avril 2002

Evénement
Colloque interdisciplinaire : « Agressions sexuelles sur mineurs par des cadres religieux »

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