«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 17 septembre 2020
  • Mise à jour: 18 septembre 2020

Mallarmé. Et la parole de l’imâm

Ce livre donne une joie étrange, comme celle que peut engendrer la vision d’un flocon de neige dansant entre terre et ciel, ivre d’aller à la rencontre de sa propre mort.
La toupie d’une pensée tourne avec les pages. Sa pointe est appuyée sur cette intuition : la parole audible, seule digne d’être écoutée car seule vraie, est la parole qui renonce à être sa propre lumière, pour s’éprouver buée sur le miroir du langage seul divin. Telle est la parole du poète, ou celle de l’imâm.
La belle invention de ce livre est de détacher l’écrivain de toute
appartenance esthétique, et le saint de toute soumission doctrinale. Encore faut-il préciser : personne n’est poète. Personne n’est saint.
Seul le langage l’est quand il renonce à saisir l’insaisissable et qu’il n’est plus qu’un effet de sidération du poète ou du priant.
La vérité n’est pas atteinte dans le chant du soufi, pas plus qu’elle ne l’est dans la phrase surnaturellement obscure de Mallarmé. C’est l’inverse : ce sont eux – le soufi qui tourne autour de la poussière de son âme, et le poète qui demande à l’univers mutique d’écrire son livre absolu – qui sont soudain malgré eux atteints par la vérité informulable. Blessés par la lumière. À terre.

Christian Bobin

L’auteur  : Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, professeur titulaire de la Chaire Humanité et Santé du Conservatoire des Arts & Métiers, dirige également la Chaire de Philosophie à l’Hôpital (GHU Paris Psychiatrie et Neuro-Sciences).

Cynthia Fleury – Préface de Christian Bobin, Mallarmé. Et la parole de l’imâm, Gallimard - Folio Essais – Septembre 2020. Prix : 7,50 €

Evénement
Un attentat chasse l’autre et crée l’intolérable

Contre l’horreur, en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, la mobilisation a été forte cet après midi. D’importantes manifestations se sont déroulées, ce dimanche 18 octobre. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes (enseignants, militant(e)s, personnalités politiques et élu(e)s locaux et nationaux) partout en France. Les associations de défense des droits de l’homme (LDH), contre le racisme et l’antisémitisme (SOS racisme) et les syndicats d’enseignants y ont pris la parole pour exprimer la peine et la colère de toute la société française laïque et républicaine et sa détermination à ne pas laisser l’islamisme y prospérer.
Nous étions présents pour témoigner de notre peine pour cet homme libre, assassiné parce qu’il voulait le rester, exprimer notre compassion à sa famille et à ses collègues.
Mais les paroles comptent peu au regard des actes. Il faut agir maintenant. Nous prendrons notre part.

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