«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 21 février 2020
  • Mise à jour: 24 février 2020

Séparatisme : mettre les mots sur les maux

Après le plan contre la « radicalisation » et l’appel à une « société de vigilance » pour lutter contre l’« hydre islamiste », puis le combat contre l’« islam politique » et la défense de la « laïcité », et encore l’opprobre sur le « communautarisme », est venu le temps de la lutte contre le « séparatisme ». Mais « Faire un plan contre l’islam serait une faute grave » a justement rappelé le Président de la République dans sa prise de parole de Mulhouse. Un discours ferme, mesuré et respectueux qu’il convient de saluer tant le sujet de l’islam politique est devenu si délicat d’avoir été sans cesse éludé, repoussé et parfois même utilisé à dessein, pendant des décennies.
Ainsi ceux qui réclamaient à cor et à cri un grand discours sur la laïcité, dont nous faisons partie, ont eu droit de la part du chef de l’État (pour ceux qui acceptent d’entendre) à quelques rappels sur le principe de la laïcité socle de la République, et à une mise au point par rapport au sujet de l’islamisme politique, à savoir que la laïcité n’était « pas l’instrument d’une bataille contre une religion et de reconquête du territoire ».
Au principe de laïcité, le Président a une nouvelle fois ajouté celui de « civilité », principe qu’il avait déjà énoncé lors de son discours au dernier Congrès des Maires de novembre 2019. À cette époque, Emmanuel Macron, estimant que la lutte contre le communautarisme était « un grand combat républicain », avait rappelé le cadre d’expression de la laïcité qui, selon lui, est un « cadre de neutralité et pas un cadre de combat et d’exclusion ». Il avait ainsi distingué dans l’exigence de la loi de 1905 et de la liberté de conscience un principe de « civilité » qui touche à l’égalité entre les femmes et les hommes. On avait pu alors analyser cette distinction comme une manière plutôt habile d’apaiser les tensions sur l’application de laïcité en mettant « balle au centre », de replacer le principe de neutralité au centre de la laïcité en faisant de lui celui qui doit être prépondérant dans la société. Il a en effet l’avantage de neutraliser le ressentiment anti-religieux que certains portent et prêtent de manière erronée à la laïcité.
C’est donc par le biais de ce principe de civilité que le président convie les français à examiner sereinement mais fermement le séparatisme de l’islam politique à l’oeuvre dans les quartiers de certaine villes françaises.
Sereinement car il faut constater que le « séparatisme » tangente la « discrimination ». L’analyse du chef de l’État est simple : « La république se manque à elle même lorsqu’elle ne donne pas tous les droits à ses citoyens » a-t-il expliqué dans son discours, estimant ainsi que quand l’État et la promesse républicaine étaient absents, la tentation du repli était plus forte et qu’il était donc plus difficile de réclamer les mêmes devoirs à tous les Français. D’où l’annonce du retour de l’Anru (Agence Nationale de Rénovation Urbaine), qui va devoir cette fois se pencher aussi sur la « rénovation humaine » des quartiers, et de la mise en place d’une série de mesures complémentaires comme la création des Cités éducatives dans les quartiers prioritaires.
Fermement aussi, car comme il l’a égrené dans une longue anaphore contre les dérives islamistes : « Dans la République, on ne peut pas accepter qu’on refuse de serrer la main à une femme parce qu’elle est femme ; dans la République, on ne peut pas accepter que quelqu’un refuse d’être soigné ou éduqué par quelqu’un ; dans la République, on ne peut pas accepter la déscolarisation ; dans la République, on ne peut pas exiger des certificats de virginité pour se marier ; dans la République, on ne doit jamais accepter que les lois de la religion puissent être supérieures aux lois de la République », conclue d’un « c’est aussi simple que ça  ».
Simple à constater en effet, mais ensuite ... car être "séparatiste" ce n’est pas méconnaitre le français ou les lois de la République mais c’est ne pas vouloir les connaître.
Alors que penser des mesures qui ont été annoncées par le Président pour mettre fin à ces renoncements dus au séparatisme créé par l’islam politique ou plutôt comment mettre fin à l’islam politique qui crée le séparatisme dans la République française.
Dans le détail, le chef de l’État a fait deux annonces particulièrement attendues par les dénonciateurs historiques de l’influence de l’islam politique en France. Il a notamment promis que la France allait progressivement cesser d’accueillir des imams détachés (Christophe Castaner a confirmé l’échéance de 2024. Pour les psalmodieurs du ramadan c’est dès avril 2020) en les remplaçant par des imams formés en France. Il a également annoncé la fin en septembre des Elco, ces enseignements de langue contrôlés par les pays étrangers comme le Maroc ou la Turquie qui étaient, il faut le préciser, déjà en voie de disparition depuis juillet 2016....
Dans cette « lutte contre l’influence étrangère », Emmanuel Macron a aussi visé le financement des mosquées, insuffisamment transparent, c’est peu de le dire et surtout de le rappeler.
Mais ironie du sort ou du destin, au lendemain du discours de Mulhouse, une soixantaine d’imams venus de toute l’Europe, étaient réunis à Paris à l’initiative de l’imam de Drancy (93), Hassen Chalghoumi, pour réfléchir sur la radicalisation. La majorité des intervenants n’étaient pas européens, ils venaient pour la plupart de l’université islamique d’Al-Azhar du Caire. Cette exemple parmi d’autres de la persistance de l’influence étrangère sur l’islam de France (qui pèse sur son organisation que l’on ne peut toutefois réduire à ce problème), démontre l’ampleur et la difficulté du chantier « séparatisme » qui attend la République, les Français, tous les Français.

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