«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 23 septembre 2020
  • Mise à jour: 25 septembre 2020

En Russie la discussion à la Douma d’un projet de loi qui amende la loi fédérale soulève l’inquiétude des communautés religieuses non-orthodoxes

Russie - un projet de loi qui amende la loi fédérale et introduit de nouvelles restrictions sur les activités des associations religieuses sur le territoire russe en exigeant notamment une certification obligatoire du clergé et des autres personnels des organisations religieuses, formés à l’étranger, inquiète fortement les bouddhistes russes et de nombreuses organisations juives, musulmanes, protestantes et catholiques du pays.

Moscou – Hier, 22 septembre, le Conseil de la Douma d’État a décidé de reporter la première lecture du projet de loi « sur les amendements à la loi fédérale » sur la liberté de conscience et les associations religieuses, précédemment prévue pour ce jour. Le projet de loi introduit un certain nombre de nouvelles restrictions sur les activités des associations religieuses en Russie, en particulier, il exige une certification obligatoire du clergé et des autres personnels des organisations religieuses, formés à l’étranger.
« Si le projet de loi était adopté ou approuvé ..., conformément aux règlements de la Douma d’État, il faudrait environ 30 jours pour soumettre des amendements. Le projet de loi a eu beaucoup de retentissement. Il est devenu évident qu’il était nécessaire de procéder à des consultations supplémentaires avec les représentants des confessions. Il a donc été décidé de reporter l’examen du projet de loi à une date ultérieure. Nous prendrons en compte les points de vue de toutes les organisations religieuses », a déclaré à l’agence Credo Presse, le service de presse du président du comité « spécialisé » de la Douma d’Etat, Sergueï Gavrilov. La commission a indiqué que le texte du projet de loi ne pourrait être modifié avec toutes les propositions qu’après la première lecture.

Un projet de loi jugé discriminant et inconstitutionnel

Le projet de loi a provoqué une réaction très négative des bouddhistes russes, qui reçoivent traditionnellement leur éducation à l’étranger. En outre, certaines organisations juives, musulmanes, protestantes et catholiques ont exprimé leur inquiétude à propos de ce projet de loi.
Selon la note explicative du document, citée dans la Parlamentskaya Gazeta, les modifications proposées visent principalement à empêcher la participation aux activités des organisations religieuses des membres du clergé qui ont été formés à l’étranger. En outre, le projet de loi fédérale vise à éviter que des membres d’un groupe religieux puissent conduire sur le territoire de la Russie des activités extrémistes et des activités visant à financer le terrorisme.
Mais comme l’a fait remarquer le comité Yakuninsky [1] dans sa déclaration concernant le projet de loi, « la certification supplémentaire obligatoire des personnalités religieuses ayant reçu une éducation à l’étranger constitue une discrimination sur la base totalement insensée du lieu d’éducation (...) La liberté religieuse est garantie dans la Constitution russe par le principe de l’égalité de tous devant la loi, l’interdiction d’établir un monopole idéologique et la séparation des associations religieuses de l’État ... Cette innovation est une violation flagrante des droits constitutionnels des citoyens et des principes et normes généralement acceptés du droit international  ». En fait, le contrôle de l’État russe est en train de s’établir dans la sphère strictement religieuse, ce qui affectera dans une certaine mesure toutes les confessions existant en Russie et créera de nouveaux obstacles importants à la vie religieuse des traditions non-orthodoxes.

[1Le Comité Yakuninsky ou Comité public « Liberté de conscience » est composé des personnalités civiles suivantes : Valery Borshev, militant des droits de l’homme ; Elena Volkova, anthropologue culturelle ; Sergei Davidis, avocat ; Dmitry Dubrovsky, spécialiste des religions ; Grigory Mikhnov-Weitenko, officier prêtre ; Karinna Moskalenko, avocate ; Lev Levinson, militant des droits de l’homme ; Nurlygayanova Milyausha, personnalité publique ; Leo Ponomarev, militant des droits de l’homme ; Elena Sannikova, avocate ; Svetova Zoya, journaliste ; Alexander Soldatov, spécialiste des religions.

Evénement
Un attentat chasse l’autre et crée l’intolérable

Contre l’horreur, en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, la mobilisation a été forte cet après midi. D’importantes manifestations se sont déroulées, ce dimanche 18 octobre. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes (enseignants, militant(e)s, personnalités politiques et élu(e)s locaux et nationaux) partout en France. Les associations de défense des droits de l’homme (LDH), contre le racisme et l’antisémitisme (SOS racisme) et les syndicats d’enseignants y ont pris la parole pour exprimer la peine et la colère de toute la société française laïque et républicaine et sa détermination à ne pas laisser l’islamisme y prospérer.
Nous étions présents pour témoigner de notre peine pour cet homme libre, assassiné parce qu’il voulait le rester, exprimer notre compassion à sa famille et à ses collègues.
Mais les paroles comptent peu au regard des actes. Il faut agir maintenant. Nous prendrons notre part.

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