«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 20 août 2020
  • Mise à jour: 4 septembre 2020

Essai de Collapsologie

Le grand Paris après l’effondrement - Pistes pour une Île-de-France biorégionale

Cet ouvrage à l’initiative du "Forum Vies Mobiles", le think tank de la mobilité soutenu par SNCF et de l’Institut Momentum propose une vision "collapso-logique" de l’Île-de-France de 2050.
Ses trois auteurs ont imaginé le scénario suivant : Nous sommes en 2050. L’Ile-de-France a subi une fragmentation forcée résultant du Grand Effondrement. À partir de 2021, les effets du dérèglement climatique sont devenus de plus en plus perceptibles, obligeant une partie de la population francilienne, la plus aisée, à quitter la région.
En raison d’une crise économique liée à l’interruption erratique des flux de la mondialisation, la carte des activités a dû être redessinée et la capacité d’autoproduction renforcée. La vie quotidienne a retrouvé une forme de convivialité de proximité, à base d’entraide et de solidarité.
Les hypermarchés ont disparu, démontés pour récupérer le fer et l’aluminium. Le périphérique a été couvert de verdure et transpercé de radiales cyclistes et pédestres qui conduisent aux biorégions limitrophes. La fin des moteurs thermiques, liée à la pénurie de pétrole et à des décisions politiques, a induit une atmosphère nouvelle. L’ozone atmosphérique et les microparticules ne polluent plus l’air. Les cyclistes peuvent pédaler sans s’étouffer.

Un scénario vertueux "ou presque".

Inspirés par l’exemple concret de collectivités post-pétrole telles que San Buenaventura en Californie, Bristol et Birmingham en Angleterre, Agnès Sinaï, Yves Cochet et Benoît Thévard adoptent une approche globale, systémique et holistique pour leur travail de scénarisation : leur idée est de transformer et de réorganiser le territoire régional autour de milieux de vie locaux, les biorégions. Pour cela, ils ne se contentent pas d’utiliser la méthode du backcasting. Ils intègrent plusieurs ruptures fondamentales au cours des années à venir, pour imaginer une Île-de-France où l’automobile aura disparu ou presque, qui sera plus résiliente – ni trop spécialisée, ni trop redondante –, de façon à tendre vers une organisation humaine viable, réellement durable, voire désirable.

Si ce genre de scénario est toujours alléchant pour son versant vertueux, le "ou presque" joue le rôle de l’arbre qui cache la forêt de toute la difficulté de l’exercice : Que et Qui se cache-t-il derrière ce "ou presque".
Le "ou presque" qui signifie l’exception, renvoie d’un côté à des règles de vie et habitudes spécifiques et contraignantes qui organisent le tout, et de l’autre à l’idée d’une transgression de ces mêmes règles avec ce "ou presque" par un groupe (voire d’une élite) qui s’en affranchit et/ou jouit de passe-droit justifié par un usage ou non (ici appliqué avec l’exemple de la voiture mais on peut aussi le transposer à d’autre domaines que celui de la mobilité).
C’est la fragilité de toute politique que de s’organiser avec "l’exception", qui en démocratie, "ne confirme pas la règle" mais ne font que de la rendre plus injuste.

En revanche c’est tout le sel d’un scénario que d’introduire dans la narration ces exceptions qui sont autant d’artifices qui lui donnent du relief et de la vie. C’est donc probablement l’envie de découvrir ces situations d’exception qui pousseront les lecteurs à se procurer cet ouvrage disponible en librairie dès aujourd’hui, jeudi 20 août.

Agnès Sinaï - Yves Cochet - Benoit Thévard, Le Grand Paris après l’effondrement- Pistes pour une Île-de-France biorégionale, 145 pages - 20 août 2020, Collection semi-poche - Diffusion et distribution : BLDD : 10 €

Evénement
Ouverture aujourd’hui 2 septembre 2020 du procès des attentats de 2015

A la veille de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, l’hebdomadaire satirique a dévoilé la une prévue pour ce mercredi 2 septembre. Comment accueillir cette une, qui acte la republication des caricatures de Mahomet, à l’origine de nombreux scandales en 2005 ? La question est difficile à trancher. D’un côté, le courage du journal est salué, mais d’un autre, on s’interroge sur la portée de cette nouvelle publication qui peut être perçue comme une provocation. Nous espérons en forme d’apaisement que le procès y apportera une troisième réponse, celle d’une condamnation éclairante des raisons de ces actes et juste de ceux qui les ont commis, en mémoire de ceux qui ont perdu la vie lors de ces évènements sans avoir attenté aucunement à celle des autres, ceux qui l’ont perdu pour quoi ? pour çà ...
Olivier Konarzewski

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