«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 25 septembre 2020

Attention au séparatisme sanitaire !

Mercredi soir, dans sa lutte contre la pandémie de Covid-19, le gouvernement a imposé un sévère tour de vis sanitaire aux principales métropoles et villes du pays. Il est particulièrement et vigoureusement contesté à Marseille et en Guadeloupe, toutes deux placées en alerte « maximale », où bars et restaurants vont devoir fermer dès samedi. Ainsi, comme l’évoquent certains sous l’emprise de la colère, le gouvernement est capable de faire fermer du jour au lendemain tous les bars et restaurants de la métropole Aix-Marseille soit plus de 90 communes, de même sur toute l’ile de la Guadeloupe, alors que depuis des années il peine à investir et à faire régner son autorité dans 150 quartiers.
Une nouvelle fracture sociale est-elle en train de s’ouvrir ? Doit-on craindre que la politique sanitaire du gouvernement subisse les même formes de contestations connues il y a des mois lors de la mise en place à marche forcée de la réforme des retraites ?
Ce serait une faute grave des citoyens concernés et de leurs élus de prêter le flanc à cette forme d’insoumission, voire de sécession comme on la voit se dessiner à Marseille et dans sa région. Mais ce serait une faute tout aussi grave du Gouvernement que de ne pas savoir réagir, de ne pas savoir donner aux responsabilités sanitaires qui sont évidemment les siennes une explication sensée et les accompagner d’un discours qui puissent les faire accepter en toute logique par l’ensemble des français. Donnons-en seulement deux exemples très simples : comment comprendre que dans certaines grandes villes où le masque est obligatoire dans l’espace public, vous pouvez vous trouver à côté d’un cycliste arrêté ou d’un jogger sans masque et que vous puissiez être verbalisé pour ne pas le porter, mais lui non. Qu’être assis à une terrasse protège du virus plus que de la longer... Les français peuvent comprendre des mesures pour la protection de leur santé mais sont de moins en moins prêts à tout accepter.
À leur corps défendant, les pouvoirs publics peuvent avancer que les dernières décisions sanitaires ont eu comme principal effet de ralentir le virus. C’est certain. Elles se justifient. Depuis le port du masque obligatoire dans l’espace public, on constate une légère inflexion des courbes de contamination. Ceci est bien la preuve que l’éradication de cette pandémie est d’abord l’affaire de la responsabilité de chacun des français à respecter les gestes barrières. Il en va de l’économie et de la vie sociale. Ils le comprennent trop tard, c’est vrai, mais le gouvernement ne les y pas vraiment aidé non plus.
Résultat, la parole publique sort un peu plus affaiblie de ce nouvel épisode en ce qu’elle montre qu’elle ne garantie pas ou plus, la cohésion et l’égalité de traitement des territoires.
De quoi donner du grain à moudre à tous les séparatistes visés par la loi du même nom qui devrait être présentée prochainement. De quoi aussi l’affaiblir, lui retirer une certaine part de sa légitime acceptation. Il est vrai que projet se fait attendre - La faute à la dégradation de la situation sanitaire qui rend moins prioritaires les sujets régaliens, c’est évident. Mais, franchement dans la situation actuelle, il semble vraiment préférable d’attendre et de ne pas rajouter de la difficulté à la difficulté.
Car rappelons-le, dans cette affaire du séparatisme qui vise l’islam radical, toutes les options ont été étudiée, ensembles ou séparément : révision de la loi de 1905, obligation faite à l’islam de France à se structurer, renforcement des missions de l’école, des services publics, etc. Si l’annonce du projet de loi a été plusieurs fois repoussée, c’est bien qu’à l’heure des ultimes arbitrages, de nombreuses interrogations demeurent sur l’efficacité des mesures envisagées et surtout sur leur solidité juridique. Car en la matière, les pièges sont nombreux : tout pouvoir supplémentaire donné la loi lui fait atteindre ses propres limites, ses limites constitutionnelles.
Il n’est pas évident de régler par le droit un problème qui est d’abord politique et idéologique. Pas plus d’ailleurs que de régler par la loi un problème sanitaire.

Evénement
Un attentat chasse l’autre et crée l’intolérable

Contre l’horreur, en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, la mobilisation a été forte cet après midi. D’importantes manifestations se sont déroulées, ce dimanche 18 octobre. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes (enseignants, militant(e)s, personnalités politiques et élu(e)s locaux et nationaux) partout en France. Les associations de défense des droits de l’homme (LDH), contre le racisme et l’antisémitisme (SOS racisme) et les syndicats d’enseignants y ont pris la parole pour exprimer la peine et la colère de toute la société française laïque et républicaine et sa détermination à ne pas laisser l’islamisme y prospérer.
Nous étions présents pour témoigner de notre peine pour cet homme libre, assassiné parce qu’il voulait le rester, exprimer notre compassion à sa famille et à ses collègues.
Mais les paroles comptent peu au regard des actes. Il faut agir maintenant. Nous prendrons notre part.

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