«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 17 janvier 2020

« Aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un objet »

Ce titre incantatoire est celui d’un communiqué de presse du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, exprimant cette semaine son inquiétude devant le projet de révision des lois de bioéthique dont la discussion au Sénat approche. Il résonne de manière si saugrenue et si douloureuse dans le contexte du procès pour pédophilie de l’ex-père Preynat.
Car dans la profusion des récits de vie et les reportages sur le procès de l’ex-prêtre et de son insatiable perversion, tout comme dans celui autobiographique du chirurgien Joël Le Scouarnec qui confesse dans ses carnets « Je suis un grand pervers et j’en suis très heureux  », ce qui semble vouloir échapper, c’est la raison ou plutôt l’absence de la raison et de sa morale qui n’est pas, on le voit ici, le jugement.
Il n’y en a pas meilleure illustration que les paroles de François Devaux. Victime du prêtre catholique pédophile et cofondateur de l’association La Parole libérée, il a déclaré cette semaine pendant le procès de l’ex-père Preynat : « Il est frappant de voir combien ceux dont on attend le discernement s’arrangent, transforment des agressions sexuelles en péchés. Pour moi, c’est la défaillance du système de pensée catholique, qui est à réformer totalement. Le silence, l’obéissance, l’autorité, tout cela, c’est l’absence de rationalisation catholique. Et dans ce procès, c’est de plus en plus mis en évidence. »
Mais ces reproches sur le silence, le manque de réponse de l’institution catholique, son ir-respons-abilité, à qui pourrait-on les adresser dans le cas de Joël Le Scouarnec qui aurait fait en 30 ans selon la justice, 349 victimes, peut-être plus ? À ses proches, sa sœur qui aurait gardé le silence après l’agression de sa fillette, absolument. À ses pairs et collègues, surement. Et certainement aussi à la justice elle-même qui pour l’avoir trouvé apte à exercer son métier de chirurgien ne l’a condamné qu’à une peine de quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques.
En fait, faudrait-il plutôt toujours écrire « Aucun humain ne doit oublier qu’aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un objet  ». Car cela est une véritable injonction à humaniser l’humain, à bannir des esprits cette absence de raison et de responsabilité toujours préjudiciable à son « prochain », à protéger des existences, à se défaire par avance et avant qu’ils ne nuisent gravement de "père Preynat" et de " Joël Le Scouarnec".

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Olivier Konarzewski

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