«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 25 mars 2020
  • Mise à jour: 27 mars 2020

Coronavirus : les rites funéraires islamiques s’adaptent à l’épidémie

Avec la progression de l’épidémie, le nombre de morts qui se multiplie et les restrictions imposées par la loi d’urgence sanitaire, les rites funéraires des différentes religions sont bouleversés. Comment les rites funéraires islamiques s’adaptent-ils ?

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a émis dès le 18 février dernier un avis relatif à la prise en charge du corps d’un patient décédé infecté par le Covid-19. Il y est indiqué que : « Tout corps de défunt est potentiellement contaminant et les précautions standards doivent être appliquées lors de la manipulation de tout corps  ». En conséquence, est-il précisé : « il faut considérer par principe que le risque de contamination est le même chez un patient décédé que chez le malade vivant  », le HCSP recommandant au personnel funéraire :
- que le corps, enveloppé au préalable dans une housse mortuaire étanche hermétiquement close puis recouverte d’un drap, soit transféré en chambre mortuaire ;
- que la housse ne soit pas ouverte ;
- que les précautions standard soient appliquées lors de la manipulation de la housse ;
- que le corps soit déposé en cercueil simple qu’il soit procédé sans délai à la fermeture définitive du cercueil ;
- qu’aucun acte de thanatopraxie ne soit pratiqué.

Dans le contexte actuel, la majorité des hôpitaux ont étendu ces mesures à tout décès et n’autorisent ainsi plus de toilettes mortuaires.

L’appel du CFCM à accepter les mesures des autorités sanitaires

Dans cette situation, Mohammed Moussaoui, président du CFCM, a appelé tous les musulmans à accepter les mesures des autorités sanitaires. Par ailleurs, dans un avis théologique, l’autorité explique que certaines dispositions rituelles telles que la toilette mortuaire, la mise du corps du défunt dans un linceul et la prière mortuaire peuvent être aménagées compte tenu du principe de la préservation de la vie de celui qui procède au rituel funéraire. Il rappelle également que, dans la tradition musulmane, les défunts en période d’épidémie dont les corps sont exemptés de toute toilette mortuaire sont « élevés au rang des martyrs ».

De son côté, la Grande Mosquée de Paris, avait elle aussi décidé dès mercredi 18 mars, de suspendre les toilettes rituelles qu’elle dispense en temps normal aux défunts. Elle a même mis en place un standard téléphonique afin que ses imams puissent écouter et répondre aux questions des personnes malades et de leurs proches.

Des conditions funéraires problématiques

Les entreprises de pompes funèbres musulmanes se sont également conformées à l’appel du CFCM concernant les règles sanitaires imposées en suspendant les toilettes mortuaires des personnes dont le décès est en lien avec le Covid-19 et en adoptant des mesures funéraires très strictes : défunt enveloppé dans un linceul imbibé d’une solution antiseptique et automatiquement placé dans une housse immédiatement close puis recouverte d’un drap blanc avant d’être déposée sans délai dans un cercueil hermétique, lui aussi immédiatement et définitivement scellé.
Reste qu’une autre difficulté s’ajoute pour les pompes funèbres musulmanes : pallier à l’impossibilité du non-rapatriement des corps dans les pays d’origine en trouvant un lieu où enterrer le corps car la crémation des corps est strictement interdite dans l’islam. En France les cimetières possédant des carrés musulmans sont rares et les places, plus encore.

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