«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 15 mai 2018
  • Mise à jour: 22 mai 2018

"Réparer le lien abimé avec la Ville"

De la déclaration d’Émmanuel Macron au collège des Bernardins sur « la réparation du lien abimé entre l’État et l’Église » à l’appel dans la presse des 300 contre l’antisémitisme et la réaction de la communauté musulmane indignée par des insinuations en responsabilité, on voit comment notre modèle laïc de paix sociale est de plus en plus mis à mal.
Dans cette agitation, le rapport de Jean-Louis Borloo, intitulé « Vivre ensemble, vivre en grand – Pour une réconciliation nationale » remis le 26 avril 2018 au Premier ministre serait pratiquement passé inaperçu sans la tribune, pour le défendre, de Boris Cyrulnik, Cynthia Fleury, Alexandre Jardin, Edgar Morin et Daniel Pennac, publiée dans le Journal du Dimanche. Au delà de la création d’un fonds de 5 milliards d’euros pour financer son projet, Jean-Louis Borloo nous met en garde contre le risque de « nouvel apartheid » en matière de mixité.
Depuis plus d’une dizaine d’années maintenant, dans nos villes, beaucoup de quartiers ont été rénovés et reconstruits. Mais comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire et comme le disent beaucoup d’élus locaux, en permanence « au pied du mur » de la Cité : « cela ne fait pas le vivre ensemble et les fins de mois des quartiers ». La lourde responsabilité qui leur incombe, avec de moins en moins de moyens, est de répondre aux enjeux urbains sans laisser de côté la cohésion sociale et citoyenne.
Lorsque Marc Vuillemot, maire de la Seyne-sur-Mer et président de l’association Villes & Banlieues a rappelé le 26 avril dernier qu’il recevait tous les jours « le nombre de bagnoles cramées » et que des jeunes étaient régulièrement tués dans les quartiers, on comprend que tout n’est pas une question d’argent. Améliorer la vie des citoyens dans beaucoup de villes, relève du prendre soin des quartiers : des opérations ANRU et du partage des responsabilités politiques locales avec les populations. Pour les banlieues des métropoles et les villes moyennes, le défi est immense. Elles doivent réussir ce que les gouvernements ne savent pas faire : de la rénovation urbaine et de la restauration humaine. Sans cela les nouveaux quartiers aménagés et les immeubles sociaux flambants neufs livrés courent à un nouvel échec.
Ce rapport sera-t-il suivi d’effet ? La réponse devrait être apportée le 22 mai lors de la présentation du « Plan banlieue » d’Emmanuel Macron. Le Président saisira-t-il cette occasion pour manifester une volonté de « réparer le lien abimé entre l’État et la... Ville ».

Olivier Konarzewski

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