«Une démocratie doit être une fraternité. Sinon, c’est une imposture.»Antoine de Saint-Exupéry

 

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  • Publié le 23 octobre 2020

Faudrait-il aussi envisager un « couvre-feu démocratique » ?

Du triste sort de Samuel Paty, assassiné pour avoir enseigné l’histoire de notre République et le sens de ses valeurs et de la liberté en particulier, tout a été dit, tout a été prononcé et en même temps, tout sera à redire et à répéter. Mais si l’on se penche sur l’homme et que l’on pense à ses proches, alors on se tait, car n’y a que le silence qui laisse en paix.

Mais nous sommes en guerre. En guerre contre le Coronavirus qui paralyse notre société tout en libérant des moyens et ressources jusqu’ici insoupçonnables, en guerre contre l’islamisme qui veut renverser la République tout en réifiant ses valeurs et ses fondements.
Quelle période paradoxale ! La liberté comme valeur et comme état d’existence, n’a jamais été aussi présente que d’être restreinte, encadrée, débattue, censurée, revendiquée, violentée, mortifiée. Confinement, couvre-feu, attestation ou auto-autorisation de sortie, les expressions sont incroyables quand on y réfléchit. Retour aux temps de guerre. Mais quel retour en arrière !

Pourtant, il ne fait nulle doute qu’en matière de liberté, tel le mythe de Sisyphe, tout est toujours à faire et à recommencer. Quand on croit avoir assez poussé pour atteindre un sommet, pour atteindre la liberté, telle le rocher du mythe la voilà qui dévale la pente dans le fracas des illusions et aussi parfois (souvent ?) des vies brisées. C’est en cela que la liberté est un éternel combat. Tous ses tenants et ses défenseurs devraient s’en souvenir avant de s’affronter pour elle en joutes verbales et en déclarations qui ne font finalement que l’affadir et la réduire. La société est ainsi faite qu’à son sujet, beaucoup parlent et peu agissent.

Prenons par exemple le port du masque, ou mieux, l’extension du couvre-feu sanitaire qui débute samedi soir et concernera 46 millions de Français, plus que toute la population française de la seconde guerre mondiale et autant que celle de 1960 (45 355 000). Au début, nombreux sont ceux qui ont protesté contre, pour leur liberté. Maintenant, la très grande majorité d’entre nous s’y plie et s’y conforme dans un silence qui prend valeur d’exemple. C’est donc dans sa restriction, dans son abandon, que l’on agit le mieux aujourd’hui pour la liberté, et en liberté. Une autre face du paradoxe évoqué plus haut. Cela donne à nouveau à penser.

Dans toute période de crise, comme cette période d’épidémie, il y a toujours beaucoup d’enseignements à tirer. Ici beaucoup à observer et à comprendre de notre société française, de notre capacité à adopter et à accepter des mesures contraignantes pour nos libertés, à trouver des remèdes et des parades pour bloquer la contamination virale, à tenir des discours pour endiguer les protestations et les contestataires. La France ne ferait-elle jamais mieux société que sous le régime du couvre-feu ? C’est cette question qu’ont posé ces tous derniers jours certains hommes politiques et journalistes pour esquisser un parallèle entre le couvre-feu sanitaire et le traitement du problème de l’islamisme et des symptômes du séparatisme, pour décliner ou transposer le couvre-feu-sanitaire en « couvre-feu démocratique », comme nous le formulons ici.

Tant dans son sens ancien qu’au sens actuel, il semble que l’expression résiste à cette transposition. Comme il était obligatoire au moyen-âge de couvrir les braises qui se consumaient dans les âtres des maisons en bois afin d’éviter les incendies de quartier, il apparait aujourd’hui nécessaire de contenir certains esprits enflammés d’où jaillit le feu qui détruit la vie des quartiers, emportant avec, notre société civile, laïque et démocratique.
Au sens du déploiement actuel du couvre feu et des luttes menées dans la crise sanitaire, un « couvre-feu démocratique » ou un « confinement républicain » pourrait alors être imaginé comme un ensemble de dispositions temporaires visant à empêcher la propagation des idées, des postures et des comportements du séparatisme islamiste, un couvercle démocratique sur le feu théocratique pour dire et montrer là où il faut revenir. Bien sûr, la question est aussi inflammable que le problème qu’elle veut résoudre. Mais il nous semble qu’il faut avoir la volonté de l’explorer. Cela ne peut évidement se faire sans y inclure l’éducation et bien entendu se détailler ici. En revanche, dans la préparation d’un projet de loi sur le séparatisme islamiste, oui.

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