«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 4 septembre 2020
  • Mise à jour: 8 septembre 2020

Fêter la République

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la République, le saviez-vous ? Le 4 septembre 1870, il y a 150 ans, la IIIe République était proclamée par Léon Gambetta à Paris, après la défaite de l’empereur Napoléon III à Sedan face aux armées prussiennes. C’est la première fois que la République est ainsi fêtée par un gouvernement français.

Emmanuel Macron, Président de la République, a prononcé à cette occasion un discours au Panthéon pour célébrer les valeurs de la République et rendre hommage à onze figures emblématiques parmi lesquelles, évidement Léon Gambetta, mais aussi Marie Curie, Léon Blum, Joséphine Baker qui avait fui le racisme américain pour se réfugier en France, Germaine Tillion ou encore Jacques Chaban-Delmas. Une prise de parole du Président qui a été suivie d’une cérémonie de naturalisation pour cinq nouveaux citoyens français.

Quoi de plus symbolique pour une république française qui par ses valeurs est ouverte et accueillante, mais qui peine dans les faits à les faire comprendre, à ce qu’elles fassent l’unanimité et soient respectées sur notre territoire ?

C’est pourquoi l’Elysée avait prévenu que ce discours célébrant nos valeurs serait un discours contre les « forces obscurantistes » et les « replis communautaires » et aussi contre la violence et pour l’égalité des chances. Ce devait être un discours de « conquête et de combat », « l’acte 1 » d’une série d’initiatives pour rappeler que certains ne veulent pas d’une société des droits de l’homme, et ce le fut. Le président a en effet une nouvelle fois rappelé que la République était des droits et des devoirs, qu’elle se méritait et qu’elle était avant tout laïque et offrait « cette garantie de croire ou de ne pas croire qui n’est pas séparable d’une liberté d’expression qui va jusqu’au blasphème  ».

Par ce discours, Emmanuel Macron a ainsi remis en chantier son projet de loi contre les séparatismes lancé en février, avant le confinement. Initialement prévu à l’automne, ce plan contre le ’séparatisme islamiste’ annonçait notamment la sempiternelle et tant espérée fin du système des imams étrangers détachés et un contrôle du financement des mosquées. Ce matin, le président a annoncé qu’il reprendrait la parole sur ce sujet le 15 septembre prochain.

S’il n’y avait aucun lien à faire entre cette proclamation de la République et le démarrage du procès des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper cacher, la célébration de cet anniversaire au ton de lutte contre le séparatisme s’est tout de même faite sur fond de republication des caricatures de Mahomet. On en saluera tout de même la coïncidence. Car d’un côté, dans l’opinion, le courage du journal a été salué, mais d’un autre, cette nouvelle publication qui peut être perçue comme une provocation a interrogé. Nous sommes convaincus que le procès apportera la réponse, celle d’une condamnation éclairante des raisons de ces actes et juste de ceux qui les ont commis, ceci en mémoire de ceux qui ont perdu la vie lors de ces évènements sans avoir aucunement attenté à celle des autres. Fêter la République et ses valeurs, c’est aussi cela, c’est lui rendre cette justice.

Evénement
Ouverture aujourd’hui 2 septembre 2020 du procès des attentats de 2015

A la veille de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, l’hebdomadaire satirique a dévoilé la une prévue pour ce mercredi 2 septembre. Comment accueillir cette une, qui acte la republication des caricatures de Mahomet, à l’origine de nombreux scandales en 2005 ? La question est difficile à trancher. D’un côté, le courage du journal est salué, mais d’un autre, on s’interroge sur la portée de cette nouvelle publication qui peut être perçue comme une provocation. Nous espérons en forme d’apaisement que le procès y apportera une troisième réponse, celle d’une condamnation éclairante des raisons de ces actes et juste de ceux qui les ont commis, en mémoire de ceux qui ont perdu la vie lors de ces évènements sans avoir attenté aucunement à celle des autres, ceux qui l’ont perdu pour quoi ? pour çà ...
Olivier Konarzewski

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