«Une démocratie doit être une fraternité. Sinon, c’est une imposture.»Antoine de Saint-Exupéry

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 21 mai 2020
  • Mise à jour: 22 mai 2020

La « drôle de guerre » de l’Église catholique française contre le Covid

Hormis quelques célébrations « sauvages », les cultes auront fait en France preuve de beaucoup de « civisme » face à cette pandémie. Mais depuis le déconfinement, les choses ont quelques peu changé. Sitôt le 11 mai passé, le culte catholique a mis a pression sur le Gouvernement pour la réouverture des églises et le retour des fidèles.

En effet, le 15 mai, la Conférence des évêques de France (CEF) adresse une lettre à Edouard Philippe pour demander la réouverture de ses églises. A ce moment, plusieurs organisations traditionalistes ou identitaires du catholicisme avait déjà saisi le Conseil d’Etat. Civitas, le Parti chrétien-démocrate, l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française, la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, entre autres, demandaient l’abrogation d’une disposition de deux décrets du 11 mai prévoyant que « tout rassemblement ou réunion » au sein des établissements de culte « est interdit », à l’exception des cérémonies funéraires « autorisées dans la limite de vingt personnes ». La CEF n’a pas eu cette audace ou ce courage. En prudente stratège, elle ne s’est pas jointe au recours contre le maintien de l’interdiction.

Nous connaissons le résultat de cette action. Le 18 mai, le Conseil d’Etat enjoint donc au premier ministre de remplacer cette interdiction pure et simple par « des mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires » tels qu’ils sont appréhendés en ce début de déconfinement, où d’autres activités ont été autorisées à reprendre. Encadrées et sous conditions, des célébrations religieuses devraient donc pouvoir reprendre sous peu, au moins dans certaines parties du territoire. A ce jour, aucune date pour la modification de ce décret n’a été avancée par le Premier Ministre. L’embarras du gouvernement devant la responsabilité d’autoriser les réouvertures après l’épisode de Mulhouse est compréhensible, d’autant qu’en principe les offices des églises ne sont pas soumises à contrôle de police. Le respect des gestes barrières, un nombre réduit de fidèles présents, le port de masque et l’absence de chants, bien sûr tout cela les paroisses sont toutes prêtes à s’y engager, mais dans les faits et la pratique et dans toute la France, rien n’est moins sûr.

On notera par ailleurs que durant ce bras de fer engagé par le seul culte catholique contre le Gouvernement et sa politique de déconfinement, les protestants, les orthodoxes, les musulmans, les juifs et les bouddhistes sont dignement et raisonnablement restés en retrait, réprobateurs parfois et à tout le moins embarrassés.
Que l’Église catholique ait voulu bénéficier du même régime que les entreprises, interroge. Les raisons de son impatience apparaissent beaucoup plus financières que spirituelles et son acharnement plus que de raison à vouloir célébrer des messes, bien loin de la foi, de l’amour et de la patience qui lui sied.

Pourquoi avoir mené cette « drôle de guerre » contre le Covid en prenant pour cible le Gouvernement. L’ouverture des église doit-elle conjurer le mauvais sort de l’épidémie ?
Cette action n’améliore pas l’image de l’Église Catholique. Son issue n’augmentera pas la ferveur des fidèles, mais beaucoup plus leur crainte de se rassembler. Elle ne remplira assurément pas non plus les églises, si le respect de la distanciation physique est bien respecté... Tout çà pour çà ? Et encore, la suite nous est à tous encore inconnue.

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