«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 15 novembre 2019
  • Mise à jour: 16 novembre 2019

La psychologie du feu

Les gilets jaunes, un an après le début de leur mouvement, veulent reconnaitre dans les soulèvements et insurrections populaires qui se produisent de par le monde, le « feu sacré » qui a nourri leur mouvement.
Ce feu symbolique et parfois dramatiquement réel s’est-il propagé à ces pays, ou bien y a-t-il surgi, là bas aussi, de la combustion spontanée de substances sociales particulièrement inflammables ? Est-il le résultat du mélange silencieux et invisible de deux époques, l’une finissante, la modernité, l’autre balbutiante, la « postmodernité » , et de notre incapacité à le voir et à l’anticiper, vient-il de cette « faillite des élites » décrite par le sociologue Michel Maffesoli ?
Mais il s’agirait bien ici de distinguer deux sortes de feu symbolique : le feu ascendant, celui qui monte librement dans l’air, et le feu enveloppant, celui qui plonge une ville comme Rouen dans un abime de pollution ou s’attaque à une proie et la dévore impitoyablement. C’est bien ce dernier qui est venu dévorer atrocement cet étudiant de l’université Lyon II pourtant habité par le feu ascendant, « feu sacré » des études, du savoir, de l’avenir.
Paradoxe symbolique et social, l’épisode particulièrement triste et horrible de cette immolation désigne coupable une société au fonctionnement lourd, aveugle et sourd. Une société qui en éliminant des grandes villes, l’âtre des cheminées, a congédié le rêve et la contemplation du feu qui donnent à la rêverie sa vraie liberté et sa vraie fonction de psychisme créateur comme l’a écrit Gaston Bachelard.
Il y a dans le geste d’immolation de cet étudiant, comme ce fut également le cas dans celui de Jan Pallack à Prague devant les chars soviétiques, non pas une volonté ou une idée de purification, du retour à un état de pureté originelle comme le professent certaines religions, mais une aspiration à créer et à vivre autre chose, à un autre monde. Il faut absolument l’entendre car il en va d’abord du nôtre.

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Ouverture aujourd’hui 2 septembre 2020 du procès des attentats de 2015

A la veille de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, l’hebdomadaire satirique a dévoilé la une prévue pour ce mercredi 2 septembre. Comment accueillir cette une, qui acte la republication des caricatures de Mahomet, à l’origine de nombreux scandales en 2005 ? La question est difficile à trancher. D’un côté, le courage du journal est salué, mais d’un autre, on s’interroge sur la portée de cette nouvelle publication qui peut être perçue comme une provocation. Nous espérons en forme d’apaisement que le procès y apportera une troisième réponse, celle d’une condamnation éclairante des raisons de ces actes et juste de ceux qui les ont commis, en mémoire de ceux qui ont perdu la vie lors de ces évènements sans avoir attenté aucunement à celle des autres, ceux qui l’ont perdu pour quoi ? pour çà ...
Olivier Konarzewski

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