«La République c’est le droit de tout homme, quelque soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté. »Jean Jaurès

 

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  • Publié le 27 novembre 2020
  • Mise à jour: 30 novembre 2020

La sacralité de l’homme immun et indemne

« Piratage » d’un autre virus, utilisation de l’ARN..., les technique biologiques et biotechnologiques pour fabriquer le vaccin qui nous sauverait de la Covid-19 ont tout du révolutionnaire voire même du subversif. En effet, jusqu’ici la méthode historique et traditionnelle pour concevoir un vaccin était celle de Louis Pasteur. Elle consiste à injecter tout ou partie d’un virus après lui avoir fait subir un traitement le rendant inoffensif, ce qui provoque une réponse immunitaire contre le véritable virus. Mais avec l’arrivée des vaccins dit « sous-unitaire » (Novavax USA), les vaccins à ARN ( Moderna-NIAID - USA ; BioNTech-Pfizer - Allemagne et USA) et les vaccins « à vecteurs viraux » (AstraZeneca-université d’Oxford – GB ; CanSino Biological Inc.-Institut de biotechnologie de Pékin ; Institut de recherche Gamaleïa – Russie ; Johnson & Johnson - USA, nous passons de la classique immunité naturelle ou provoquée de notre service d’ordre biologique à l’auto-immunité chez celui-ci puisque dans le cas des vaccins ARN, cette fois, c’est l’individu vacciné lui-même qui est mis à contribution pour produire la protéine « S » qui va neutraliser le coronavirus et sa réplication dans l’organisme.
Encore un peu de médecine pour rappeler que les maladies auto-immunes résultent d’un dysfonctionnement du système immunitaire conduisant ce dernier à s’attaquer aux constituants normaux de l’organisme. C’est par exemple le cas dans le diabète de type 1, la sclérose en plaques ou encore la polyarthrite rhumatoïde.
Nous voilà donc face à un traitement qui pour la première fois va dompter notre auto-immunité pour nous rendre immun, indemne. L’immun étant ce qui fait face au commun, ce qui exclut du commun et confère l’immunité diplomatique ou parlementaire qui accorde certains avantages et préserve notamment de toute action judiciaire.

Alors comment la communauté française dans toutes ses composantes sortira t-elle indemne de cette pandémie ? Faut-il alors voir la communauté comme une « commune auto-immunité » ? Sans-doute. Il n’y a pas de communauté qui n’entretienne sa propre auto-immunité, un principe d’auto-destruction sacrificiel ruinant le principe de protection de soi, du maintien de l’intégrité intacte de soi, et cela en vue d’un horizon commun mais aussi muet et inconnu, celui d’une sur-vie invisible et spectrale. Cette forme d’attestation auto-contestatrice, tient la communauté auto-immune en vie c’est à dire ouverte à autre chose de plus qu’elle même : l’autre, l’avenir, la mort, la liberté, la venue ou l’amour de l’autre, l’espace et le temps du messianique, de ce qui est annoncé et doit venir. Là se tient la possibilité de la religion, le lien religieux entre la valeur de la vie, sa dignité absolue, et la machine théologique, « la machine à faire des dieux ».

C’est ainsi qu’on pourra toujours critiquer, combattre, rejeter telle ou telle forme de sacralité ou de croyance voire d’autorité civile et religieuse au nom de la plus originaire possibilité que celle de la remise en cause d’une croyance, d’un témoignage, d’une révélation, d’une promesse ou d’une injonction. Mais toutefois il paraît impossible de dénier l’autorité ou la croyance qui se trouve mise en cause ou en question. On ne peut pas la dénier. Tout ce que l’on peut lui opposer c’est la dénégation. La dénégation est le lieu où avant et après toutes les Lumières du monde, la raison, la critique, la science, la technique, la philosophie et la pensée en général, gardent la même ressource (les mêmes deux sources) que la religion en général : la confiance ou la foi d’une part et la sacralité de l’homme immun et indemne, de l’autre. Cette dernière est d’autant plus importante qu’à l’heure de cette pandémie, Aujourd’hui est incapable de nous dire ce que sera Demain et l’homme, plus fragile et vulnérable que jamais.

Evénement
De nouveaux « États généraux de la laïcité »

La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a annoncé hier, dans une interview parue dans le Journal du Dimanche, l’organisation d’« États généraux de la laïcité ». Ils donneront notamment lieu à une « grande consultation » auprès des jeunes avec la participation des associations, des syndicats et de religieux.

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