«La République c’est le droit de tout homme, quelque soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté. »Jean Jaurès

 

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  • Publié le 11 décembre 2020
  • Mise à jour: 16 décembre 2020

Laïcité(s), le poids des années

Mercredi dernier, c’était le jour du 115ème anniversaire de la loi du 9 décembre 1905. La vieille dame se porte-t-elle bien ? Pas si sûr. Elle souffre évidemment du passage des ans, d’arthrite et d’arthrose qui non contentes de raidir, déforment et tordent. Même les Lumières et la Révolution n’y suffisent plus...
Journée de la laïcité : « une bonne entente entre les religions à Valenciennes » titrait mardi, la Voix du Nord, sur l’interview de Thierry Lepoint, président du comité Laïcité République du Valenciennois... Le même jour, Radio France autorisait finalement sur ses ondes une campagne de don de l’Œuvre d’Orient refusée la veille par France-Inter au motif qu’elle contenait le mot « chrétien » (Le Point du 08/12/2020). Et Mercredi, jour de son anniversaire, le gouvernement nous présentait un énième projet de loi « confortant les principes républicains » après trois ans d’esquive d’un grand discours sur la laïcité et l’abandon en deux mois d’une déclaration fondatrice sur la lutte contre le séparatisme et les valeurs de la République. Mais là n’est pas le sujet d’aujourd’hui, il sera temps d’en parler, le texte devant encore être démocratiquement discuté, débattu, amendé et adopté par les parlementaires.
Mais on vous le dira, on vous le répétera pour ne pas vous froisser, oh la laïcité c’est compliqué à définir, c’est un mot polysémique, un concept aux sept vies, comme les sept types de laïcité définis par Jean Baubérot : Les laïcités antireligieuse, gallicane, ouverte, identitaire, concordataire, séparatiste stricte ou séparatiste inclusive. Sans oublier ceux qui parle de laïcité « dure » ou « soft ». Abordée sous cet angle, la laïcité ne vous laissera pas tranquille avec l’idée d’un « modèle français » de société, mais bien face à différentes visions qui s’affrontent et évoluent dans un rapport de forces politique, intellectuel.
La religion a (re)pris une place prépondérante dans la société. Le retour du religieux n’est pas (ou plus) la manifestation de la gesticulation vigoureuse d’une minorité, une visibilité accrue comme l’ont soutenu certains, mais bien le fait d’un nombre croissant de citoyens dans l’espérance d’un substitut à ce qu’ils ne trouvent pas (ou plus) au quotidien de la société française, la fraternité, l’égalité et la liberté.
La séparation des Églises et de l’État, la liberté de conscience et de croire ou de ne pas croire, ne suffisent plus non plus à magnifier la promesse républicaine. Seule la liberté de culte dans le respect de « l’ordre public établi par la loi » reste encore dans l’esprit d’une majorité de français, au crédit de la loi de 1905.
La laïcité s’en trouve-t-elle désormais réduite à la notion d’ordre public ? Il faudrait le demander à cette vieille dame dont-on vient de fêter le 115ème anniversaire. Mais qui se préoccupe encore aujourd’hui de ce que pensent et disent les vieilles dames ?

Evénement
De nouveaux « États généraux de la laïcité »

La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a annoncé hier, dans une interview parue dans le Journal du Dimanche, l’organisation d’« États généraux de la laïcité ». Ils donneront notamment lieu à une « grande consultation » auprès des jeunes avec la participation des associations, des syndicats et de religieux.

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