«Une démocratie doit être une fraternité. Sinon, c’est une imposture.»Antoine de Saint-Exupéry

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 19 novembre 2020
  • Mise à jour: 20 novembre 2020

Les contours de l’islam de France enfin esquissés

Sitôt annoncée, la création d’un Conseil national des imams soulève déjà des polémiques dans les rangs des responsables de l’islam de France. Parmi les premiers à réagir, on trouve le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tarek Oubrou, qui déclare sur France-info « ce n’est pas à des laïcs de désigner les imams  ». Sauf que, pourra-t-on lui répondre, en l’état actuel du projet il ne s’agit pas de désigner les imams mais de les agréer ou de les « labelliser » en vertu de leur niveau de connaissance de la langue française et des lois et institutions de la République ainsi que celui de leur instruction théologique. Si le CFCM a été prié par le Président de la République de mettre en œuvre, dans un délai de six mois, un référentiel de formation des imams, cela ne signifie aucunement la création d’un centre de sélection et de formation des futurs imams mais bien la définition du référentiel des connaissances minimales à posséder pour satisfaire à cette fonction et l’honorer. Les différentes filières de formation existantes ne vont pas disparaître, bien au contraire. L’islam en France à tout à y gagner, Tarek Oubrou également, en proposant son expertise théologique à l’élaboration de ce référentiel.
Aujourd’hui n’importe quel musulman a la possibilité de se faire nommer ou élire imam au sein de sa communauté, ou même de s’autoproclamer imam et ceci sans aucun contrôle. À l’avenir cela ne sera donc plus possible et ne pourra être que bénéfique aux fidèles musulmans, qui pratiqueront avec des imams mieux formés et verront l’image de leur religion s’améliorer dans la société française. Les fédérations musulmanes représentées lors de leur rencontre avec Emmanuel Macron n’ont pas exprimé autre chose quand elles « ont rappelé leur attachement à la France et estimé que c’était le moment historique » pour parvenir à ce but, comme l’a indiqué l’Élysée à l’issue de la réunion du 18 novembre.
En revanche l’argument de Tarek Oubrou qui juge inutile une charte des principes républicains, « puisque les valeurs de la République s’imposent à tous les cultes sans distinction, à tous les citoyens. On n’a pas besoin d’affirmer ce qui est évident », n’est pas dénué de sens. En effet imposer la signature d’une telle charte à une seule religion - même si cela est fait pour les motifs de sûreté et de sécurité que l’on connait et qui s’articulent au « projet de loi confortant les principes républicains » - cela peut être ressenti comme une discrimination. C’est probablement le côté le plus délicat du projet. On peut en effet se demander si une telle charte est bien utile à partir du moment où la sélection des imams est strictement opérée selon un référentiel défini par le Conseil national des imams et, sans aucun doute, soumis à approbation des services de l’État. La question est alors de savoir à qui incombera la responsabilité de cette sélection et des imams labellisés ou certifiés ? Si c’est au Conseil national des imams, dans ce cas, c’est à lui et non à l’État français d’imposer cette charte aux candidats à l’imamat.
La signature d’une telle charte n’est pas une attestation que l’on se fait à soi-même mais équivaut à la signature d’un règlement intérieur, celui d’une future organisation de l’Islam de France. Elle est un élément de sa construction. Elle n’a donc pas lieu d’être inscrite nommément dans un projet de loi.
L’État gardera ainsi ses distances avec les Églises, continuera de défendre la laïcité et sa neutralité vis-à-vis de tous les cultes. De son côté Emmanuel Macron s’épargnera aussi de se voir à nouveau accusé d’être anti-musulman.
L’idée de ce Conseil est vraiment porteuse d’espoir et d’apaisement pour la société française et la construction d’un islam de France, d’autant plus légitime que ceux qui l’enseignent et le prêchent, le deviennent vis à vis de la République et au sein de celle-ci. Après cette esquisse des contours de l’islam de France, nous sommes vraiment maintenant tous impatients de voir la mise en couleur.

Evénement
A Lyon, la flamme de la Fête des Lumières ne s’éteint pas et cette année les bénéfices des Lumignons du Cœur iront aux Petits Frères des Pauvres

Dans l’esprit originel de la Fête des Lumières, chaque 8 décembre, les Lyonnaises et Lyonnais ainsi que les visiteurs sont invités à faire un geste de générosité avec l’opération des Lumignons du Cœur. Mais cette année, à compter du 23 novembre, il est possible d’accomplir ce geste au bénéfice des Petits Frères des Pauvres depuis toute la France. Explication.

Informations
Opinion
Nos micro-trottoirs

«Quels signes ostensibles ?»

Découvrir

Tout savoir sur Croyances et Villes.

Découvrir


Une publication EXEGESE SAS, 14 rue du Cloître Notre-Dame 75004 Paris.