«La République c’est le droit de tout homme, quelque soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté. »Jean Jaurès

 

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  • Publié le 11 juin 2021

Montjoie Saint Denis ! Quelle tristesse ...

Le président de la République giflé par un citoyen. C’est l’image-choc qui a été diffusée ce mardi 8 juin sur les réseaux sociaux, l’onde d’indignation et de consternation qui a parcouru la France après qu’Emmanuel Macron ait été pris à partie par un homme alors qu’il saluait le public à Tain-l’Hermitage, dans la Drôme.

Il y a toujours une grande tristesse à voir la République ainsi désacralisée, bafouée. Et quand cela se fait au cri de « Montjoie Saint-Denis ! », il y a en plus de quoi s’interroger. Une « montjoie » est une bannière de guerre. Denis de Paris est le saint patron et protecteur des rois de France. Ainsi pour les rois capétiens, ce cri de guerre permettait d’invoquer Saint Denis et de bénéficier de sa protection pendant une bataille.

Le mystère s’épaissit encore un peu plus quand cet homme, Damien Tarel, avoue finalement être proche de la mouvance des « Gilets jaunes » et partager les « convictions politiques traditionnelles de droite ou d’ultra-droite ». Voilà à quoi se réduit la chevalerie d’aujourd’hui, s’il fallait en définir une. À une triste radicalisation sociale qui « agi d’instinct », avec violence, « sans réfléchir » pour exprimer « son mécontentement ».

La violence et les coups surgissent toujours quand les mots manquent. Nous devrions donc regarder cet événement non pas comme le geste d’un marginal, ni même encore comme la conséquence d’une France fracturée ou disloquée socialement mais comme le symptôme d’une maladie plus profonde et humaine, l’aphasie, la perte de la parole. Physiologiquement, elle se combine souvent avec la surdité. On n’est alors autant incapable d’entendre les autres que de leur parler. Socialement on vit généralement la perte de la parole comme une perte de confiance en soi ainsi que dans les mots et dans les actes, et pour finir dans la parole publique.

Le « quoi qu’il en coûte » ou ce que maintenant on nous annonce, « le quoi qu’il advienne », ne sont pas les remèdes à ce mal car ils n’ont pas la forme performative et donc la force de la promesse, du « je te promets » dont le résultat ne relève pas du vrai ou du faux mais du réussi ou du raté qui provoque dans la vie, la joie ou la tristesse.
Cet épisode en est d’autant plus triste, que le cri poussé, autant que le geste, nous mettent face à l’ampleur de ce qui est raté et font du malaise de notre société, de sa crise de confiance en elle-même, une vérité.

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