«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 9 février 2018

Rêverie laïque

Observé depuis la fenêtre du quotidien, le principe de laïcité pourrait ressembler à un grand carrefour de nos métropoles ; à ce lieu de l’accomplissement bruyant et cosmopolite de destins qui se croisent sans véritablement s’unir, ni sans jamais s’opposer, mûs par la loi de la circulation, de la nécessité, du mouvement, du travail, de la vie.

En fermant la fenêtre pour un retour au calme, notre vision du principe se modifie. La laïcité n’est plus cet enchevêtrement, ce brouhahas de vie rassurant, mais une pensée qui s’individualise dans le silence de notre conscience qui se sépare des autres pour mieux s’écouter.
Dans ce retour à soi, la laïcité ressemble alors plus à ces lieux singuliers où s’unissent tantôt calmement, tantôt avec force, les eaux des océans et des mers, une ligne de partage où les flots de notre histoire étreignent sans cesse ceux de l’actualité, la ligne de démarcation entre soi et les autres, entre l’acception du droit positif qui régit la laïcité par des lois pourvues de sanctions et les aspirations de chacun à l’expression de droits naturels, de droits fondamentaux tels la liberté, la liberté de conscience, le droit à la dignité, à la dignité de croyant, tous incarnés dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

On songe alors combien il est difficile sans la participation de chacun et l’acceptation de tous de maintenir au quotidien une société du vivre-ensemble dans une République laïque où il ne peut y avoir que des responsables des cultes chargés de gérer leur exercice et non des représentants de communautés.

En France, notre vivre-ensemble qui nous protège est à la fois une pure réthorique, un rêve, un discours et aussi une évidence vide de sens, tant aujourd’hui dans notre pays, il est encore possible de ne pas s’interroger, ni sur soi, ni sur la solidité de nos institutions, et de se dire : « mais comment pourrait-il en être autrement ? ». Alors faudrait-il penser que cela n’a pas toujours été le cas dans notre histoire et se réveiller en se demandant « mais, pour combien de temps encore ? ».

Olivier Konarzewski

Opinion
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