«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 17 septembre 2020
  • Mise à jour: 18 septembre 2020

Roch Hachana, le nouvel an juif a lieu cette semaine

Dans le calendrier hébraïque, l’année nouvelle commence le jour de Roch Hachana, le 1er tishri, Cela correspond dans notre calendrier grégorien au 18 septembre. La fête de Roch Hachana, le nouvel an juif, se déroulera donc cette année du 18 au 20 Septembre.

Rosh Hachana célèbre le commencement

La tradition rabbinique compte quatre rachei hachana (« jours capitaux de l’année ») : le 1er nissan, le 1er eloul, le 1er tishri et le 1er ou le 15 shevat. De ces quatre jours, seul le 1er tishri fait, aujourd’hui comme à l’époque de la Mishna [1], l’objet d’une observance particulière.
Roch Hachana (en hébreu : ראש השנה לשנים, roch hachana lachanim, « commencement des années civiles ») est ainsi la fête juive qui célèbre la nouvelle année civile du calendrier hébraïque. Appelée « jour de la sonnerie » ou « du souvenir de la sonnerie » dans la Bible (d’où le symbole de la corne de bélier ou chofar), elle vient rappeler le fait que Dieu s’est souvenu de Sarah, Rachel et Hanna, trois figures importantes de la Bible hébraïque. Elle est également considérée dans la tradition rabbinique comme le jour du jugement de l’humanité, inaugurant ainsi une période de dix jours de pénitence dans l’attente du grand pardon accordé aux repentants à Yom Kippour. La fête de Rosh Hashana, fournit donc aux croyants l’occasion de faire le bilan de l’année passée. D’ailleurs, la journée précédant Roch Hachana (le 17 septembre cette année) est tout entière consacrée à l’étude de la Torah et au repentir, en particulier pour les fautes commises envers autrui [2].

La tradition liturgique de Roch Hachana

La coutume est de jeûner tout ou partie de la journée précédent la fête. Les deux jours sont en suite ponctués de prières, de lectures de la Torah et de chants.

Chofar du 19e siècle appartenant au musée juif de Suisse

Durant ces deux jours, la prière du matin, la ’amida, est marquée par le son du chofar. Le son de cette corne de bélier retentit également pour s’intercaler entre la lecture de la Torah et l’office de moussaf [3].
Lors du premier jour de Roch Hachana on lit dans la Torah Genèse 21 (la naissance miraculeuse d’Isaac, fils d’une femme infertile ; Hagar et Ismaël sauvés par l’ange de Dieu). Les lectures du second jour sont Genèse 22 (Isaac sauvé par l’ange de Dieu) et Jérémie 31:2–20 (promesse divine de rédemption divine ; Rachel pleure ses enfants).
Après l’office de l’après-midi, les Juifs se rendent lors du premier jour de Roch Hachana, sauf lorsque celui-ci a lieu le chabbat (les séfarades le font tout de même si le lieu est pourvu d’un erouv), vers un point d’eau courante idéalement hors de la ville et contenant des poissons. Ils y récitent divers versets (dont Michée 7:18-20), psaumes et prières avant de secouer les bords de leurs vêtements, préfigurant la remise en question de leurs actes qu’ils effectueront les jours suivants.
Roch Hachana est donc aussi ce jour du jugement. Les actions passés et à venir sont alors jugées. Tout ce qui arrivera dans la nouvelle année se décide en théorie à ce moment-là. Enfin il est important de souligner que cette introspection est aussi synonyme de souhaits.

Carte de salutation pour Roch Hachana, Montevideo, 1932.

Souhaits qui depuis le Moyen Âge, il est de coutume d’inclure dans sa correspondance ?. Ces souhaits, vœux de bonne année au destinataire, sont également réitérés en sortant des synagogues lors des deux soirs de la fête. On ne le fait pas en journée car le jugement est en cours.

Les nocturnes de Roch Hachana

Ainsi comme tout nouvel an Roch Hachana est naturellement l’occasion de réjouissances. Les Juifs devant manifester leur confiance en la mansuétude divine par la joie, les repas de fête sont dignes de l’occasion. La table comporte des aliments symbolisant, parfois par des jeux de mots, l’année que l’on espère heureuse et les aliments aigres ou âpres sont évités. Cette coutume, déjà mentionnée dans le Talmud, a connu diverses variantes. Les noms (en hébreu ou en araméen) des mets consommés durant ces deux soirs de fête évoquent tous une citation de la Bible, et permettent ainsi aux Juifs de dire qu’ils « mangent le livre » ! Dans le monde anglophone contemporain, associer laitue, demi grain de raisin et céleri (Lettuce, half a raisin, celery ce qui peut se lire comme Let us have a raise in salary) exprime l’espérance d’une augmentation de salaire.

Nourriture symbolique du Roch Hachana.

Dans les communautés ashkénazes (originaires d’Europe de l’Est), la tradition veut que l’on trempe des quartiers de pomme dans du miel, en disant : « Que cette année soit pour nous aussi douce que la pomme trempée dans du miel ». Dans les communautés séfarades, ce sont de véritables banquets qui sont organisé durant ces deux jours. On y trouve également la pomme trempée dans du miel. Cependant, afin de ne pas oublier la solennité de la fête, il est de coutume d’éviter les conversations frivoles lors de ces repas et de ne parler que de Torah ; certains étudient aussi les mishnayot du traité Roch Hachana. Certains ont également coutume de ne pas dormir ou au moins de se réveiller avant l’aube.
En revanche ces réjouissances ont des limites. Les rapports conjugaux sont interdits.

[1La Mishna est le premier recueil de la loi juive orale et par conséquent de la littérature rabbinique. Compilée vers le début du IIIe siècle de l’ère chrétienne par Juda Hanassi, elle est, hormis quelques versets araméens, écrite dans un hébreu qui lui est propre, et recense les opinions, polémiques et éventuelles résolutions légales des Tannaïm (« Répétiteurs ») sur les prescriptions de la Torah, organisées thématiquement en six ordres subdivisés en 63 traités, les massekhtot.

[2Roch Hachana est précédée par une période pénitentielle initiée dès le mois d’eloul.

[3Moussaf est une prière juive récitée aux jours de joie fixés par la Torah tels que Pessa’h, Shavouot, Souccot ou Roch Hachana.

Evénement
Un attentat chasse l’autre et crée l’intolérable

Contre l’horreur, en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, la mobilisation a été forte cet après midi. D’importantes manifestations se sont déroulées, ce dimanche 18 octobre. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes (enseignants, militant(e)s, personnalités politiques et élu(e)s locaux et nationaux) partout en France. Les associations de défense des droits de l’homme (LDH), contre le racisme et l’antisémitisme (SOS racisme) et les syndicats d’enseignants y ont pris la parole pour exprimer la peine et la colère de toute la société française laïque et républicaine et sa détermination à ne pas laisser l’islamisme y prospérer.
Nous étions présents pour témoigner de notre peine pour cet homme libre, assassiné parce qu’il voulait le rester, exprimer notre compassion à sa famille et à ses collègues.
Mais les paroles comptent peu au regard des actes. Il faut agir maintenant. Nous prendrons notre part.

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