«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 21 septembre 2020
  • Mise à jour: 25 septembre 2020

Yom Kippour, le jour du Grand Pardon

Tous les Juifs, même les moins pratiquants, respectent Yom Kippour, ce jour de la repentance considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l’année juive. Son thème central est le pardon et la réconciliation Cet année, Yom Kippour aura lieu du 27 au 28 Septembre.

Yom Kippour est une fête qui nous plonge au temps biblique des temples de Jérusalem. Fixé au dixième jour du premier mois de l’année juive civile, le jour de Yom Kippour est alors celui de l’absence tout labeur, du jeûne et d’un rituel élaboré au cours duquel un bouc chargé des fautes d’Israël est envoyé dans le désert tandis que le grand-prêtre d’Israël pénètre pour la seule fois de l’année dans le saint des saints afin d’y rencontrer Dieu.

Tableau de William Holman Hunt, The Scapegoat (Le Bouc Émissaire)


Depuis la destruction des temples, seul le souvenir de ce rituel subsiste dans la liturgie. La loi juive a en revanche conservé l’abstention de tout travail et diverses privations outre le jeûne pour réaliser au mieux la « mortification des esprits » décrétée par la Bible.
Selon, les rabbins, c’est en ce jour que Dieu signe le destin du peuple juif pour l’année à venir. Ils rapportent comme l’ont fait avant eux les prophètes que ce jour expie seulement les fautes commises envers Dieu mais non envers autrui. Ils enseignent de surcroît qu’il est, en dépit de sa solennité et de son austérité, l’un des jours les plus joyeux du calendrier juif.

Les traditions de Yom Kippour

Jour de la repentance, considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l’année juive, la célébration de Yom Kippour est marqué observé par un chômage et un jeûne complets, ainsi qu’une longue prière répartie en cinq offices, et enrichie de nombreuses compositions liturgiques déclamées. Un chantre souvent recruté pour l’occasion.
L’abstention totale de nourriture et de boisson commence généralement une demi-heure avant le coucher de soleil afin de limiter le risque de manger pendant la fête par inadvertance. Elle termine après le coucher du soleil de la nuit suivante. Il est obligatoire pour tout individu sain âgé de plus de 12 ans pour les femmes, 13 pour les hommes (bat ou bar mitsva), ainsi que pour les femmes enceintes. Cependant, en vertu du pikkouah nefesh le jeûne est interdit pour toute personne qui pourrait s’en porter mal, particulièrement les diabétiques et les personnes devant prendre des médicaments. Les femmes qui viennent d’accoucher dans les trois derniers jours sont également exemptées. Les Juifs séfarades l’appellent « le jeûne blanc », et se revêtiront de blanc, afin de symboliser leur désir « blanc » (pureté) de se libérer des péchés.

Yom Kippour est un jour si important qu’il est également respecté par une vaste majorité de Juif quand bien même ils n’observent pas strictement les autres célébrations. Ainsi, en Israël, l’observance publique (comme manger ou conduire un véhicule motorisé) est très suivie, au point que Yom Kippour y a reçu le surnom de « Fête des Bicyclettes », vu le nombre d’enfants qui roulent librement dans les rues sans crainte des voitures. Les programmes télévisés sont suspendus, et dans les régions juives il n’y a ni transport public, ni transport aérien, ni commerce ouvert. À la fin de cette journée, le son du Chofar (corne de bélier) retentit, afin d’annoncer la fin du jeûne.

Le rugelach polonais

Après 25 heures sans s’alimenter ni s’hydrater, boissons et des plats traditionnels permettent la rupture du jeûne de Yom Kippour. Ils varient selon les différentes origine géographique. Ainsi en Allemagne et en Alsace on consomme des zimtsterne, des petits gâteaux en forme d’étoiles glacés au sucre et aux saveurs de cannelle. Les juifs algériens confectionnent la mouna, une brioche en forme de dôme ou de couronne. Les Juifs américains rompent leur jeûne par un repas constitué de bagels, de saumon fumé et d’accompagnements assortis. Les Juifs originaires de Pologne ou du monde ashkenaze servent des rugelach, une sorte de croissant fourré à la crème ou au chocolat et aux noisettes, à la cannelle, aux fruits.

Erev Yom Kippour ou la veille de Yom Kippour

Le jour précédant le Yom Kippour est une partie intégrante de cette fête. Pas uniquement destiné aux préparatifs, Erev Yom Kippour est un moment où chacun doit pardonner son prochain, a fortiori manifester son amour, son amitié à tous, quels qu’ils soient. En bref, c’est une période qui, combinée avec le Yom Kippour, veut rectifier les habitudes de l’Homme.
Il est de coutume d’y faire un grand repas festif, la seoudat hamafsèqet après la prière de min’ha précédant le jour de Kippour. On y consomme traditionnellement du couscous chez les Séfarades, des kreplach et du riz chez les Ashkénazes. Beaucoup ont également coutume de manger un autre repas riche en poisson avant celui-là. Une grande majorité de juifs orthodoxes s’immergent également dans un mikveh. Les Hassidim y pratiquent encore les kapparot, une cérémonie traditionnelle, consistant à faire tourner un poulet vivant au-dessus de sa tête en récitant une formule traditionnelle : « Voici mon double, voici mon remplaçant, voici mon expiation. Puisse cette poule ou ce coq aller jusqu’à la mort pendant que je m’engagerai et continuerai une vie heureuse, longue et paisible ». Cette tradition est aujourd’hui remplacé par le don de la contre-valeur d’un poulet à une œuvre charitable.
Enfin, l’aumône, ou Tsedaka, est un rite fondamental qui a aussi lieu la veille de Yom Kippour. A cet effet, en Israël, des boites chargées de recevoir les aumônes, appelés troncs de Tsedaka, sont accrochées aux troncs d’arbres ou présentées dans les magasins.

Illustration de l’article : Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (1907).

Evénement
Un attentat chasse l’autre et crée l’intolérable

Contre l’horreur, en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, la mobilisation a été forte cet après midi. D’importantes manifestations se sont déroulées, ce dimanche 18 octobre. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes (enseignants, militant(e)s, personnalités politiques et élu(e)s locaux et nationaux) partout en France. Les associations de défense des droits de l’homme (LDH), contre le racisme et l’antisémitisme (SOS racisme) et les syndicats d’enseignants y ont pris la parole pour exprimer la peine et la colère de toute la société française laïque et républicaine et sa détermination à ne pas laisser l’islamisme y prospérer.
Nous étions présents pour témoigner de notre peine pour cet homme libre, assassiné parce qu’il voulait le rester, exprimer notre compassion à sa famille et à ses collègues.
Mais les paroles comptent peu au regard des actes. Il faut agir maintenant. Nous prendrons notre part.

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