«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 17 avril 2020
  • Mise à jour: 21 avril 2020

Toucher la mort du doigt et renaitre

Dans leur grande majorité et la diversité de leurs institutions, hormis quelques célébrations « sauvages », les cultes de France font preuve de beaucoup de « civisme » face à cette pandémie qui force à l’humilité, renvoyant croyants et non-croyants, hommes et femmes, à leur finitude et à un au-delà qui reste, malgré toute foi, jamais désiré, bien mystérieux, et toujours effrayant.

En effet, cette crise nous convie tous à « toucher la mort du doigt », soit tragiquement, en côtoyant celle de proches, soit anxieusement en imaginant le pire de cet ennemi invisible qui bouleverse totalement notre visible en vidant les rues, transformant les hôpitaux en usines, fermant les sites industriels, saturant les écrans, et en faisant bientôt fleurir les masques de protection autant que les fleurs... La liste des bouleversements est si longue qu’elle échappe à toute énumération et au final à notre conscience, pour devenir un quotidien où l’on ne peut spontanément se donner rendez-vous, se dire simplement « à demain ». Un quotidien, aujourd’hui amputé de nombreuses libertés, des libertés qui souvent, il faut bien le dire, n’étaient que la répétition de gestes et de pensées qui finissent pas faire loi. Ainsi nous croyons être Libres quand nous sommes reconduits chaque jour à être fidèles non pas aux idéaux de la Liberté mais aux habitude qui n’en sont pas l’expression mais uniquement l’image.

Cette épidémie nous fait brusquement « toucher du doigt la mort » vers laquelle nous entrainent les habitudes. L’arrêt imposé des activités économiques nous livre tout à coup un monde moins bruyant, plus propre, où la nature et l’humanisme reprennent leur place. Mais, des fumées dissipées, le monde d’avant l’épidémie émerge, plus criant d’inhumanité et de pauvreté ; sourd qu’il était aux inégalités sociales et salariales (des soignants et des personnels du service du quotidien), à la fragilité de l’économie mondialisée comme à celle des personnes isolées et âgées.
La globalisation nocive de l’épidémie mettre-t-elle fin à celle de l’économie, du commerce et de la finance que beaucoup, y compris nos gouvernants, appellent de leurs vœux ? Le monde pourrait-il ressusciter ? L’humanité saura-t-elle profiter de ce ralentissement pour s’organiser de manière à tenir les promesses de développement durable et saisir l’opportunité « coûte que coûte » du changement actuel imposé.

Rien n’est moins sûr malheureusement. À l’exemple du gouvernement français qui vient d’octroyer une aide de 20 mds d’euros aux grands industriels français comme Airbus, Renault, etc, sans aucune contrepartie ou obligation environnementale ; ou bien pire encore, à voir comment Pékin déploie son aide vers le continent africain en tentant d’imposer une nouvelle vision de la crise sanitaire, un nouveau récit pour continuer sa main-mise sur certaines économies, tous les pays et les économies du monde vont reprendre et poursuivre une marche inexorable de croissance vers l’insoutenable climatique et la destruction environnementale. Le prochain péril.
Nous l’affrontons déjà depuis quelques années avec le changement climatique qui diminue nos ressources alimentaires, perturbe les eco-systèmes, mais aussi de manière inattendue rapproche de plus en plus les animaux des hommes faisant émerger ces dernières années des virus et des épidémies comme celles du Covid-19.

Face à de telles pandémies, l’avenir climatique sans changement ne nous permettra pas la résilience d’aujourd’hui. Il faut absolument en avoir conscience. Notre salut sur terre est au prix de cette connaissance, d’une re-naissance. Une résurrection gnostique, une résurrection de notre vivant.

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