«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 11 novembre 2018
  • Mise à jour: 28 novembre 2018

EDITO

Tous les astronomes le disent, contempler l’espace, c’est contempler le passé ; tout ce que l’on y voit est déjà arrivé. Et pourtant dans nos consciences, l’espace a valeur de futur, il est synonyme de science et de haute technologie, de découvertes et de conquêtes. L’espace nous convie donc à ne pas tenir pour vrai ce que l’on voit et ce que l’on pense, à nous faire réfléchir sur la vérité, sur nos croyances et nos connaissances.

Un problème philosophique aussi vieux que les religions car dans aucune d’elles il ne s’agit jamais simplement de croire, mais concomitamment d’obéir et de pratiquer un rituel comme on respecte une loi. Ceci est particulièrement vrai dans le judaïsme avec la loi mosaïque et dans l’islam avec la Sharî’a qui imposent des normes de vie quotidienne au croyant. Le parfait fidèle de ces religions les connait si bien qu’il n’a plus besoin de croire mais d’actualiser un savoir et d’agir en conséquence. Si l’on y rajoute, hormis pour les chiites, l’absence de clergé, l’hébreu ou l’arabe comme langue de pratique, nous trouvons deux religions, érigées en système cultuel et culturel. Leurs difficultés à se tolérer mutuellement, tient sans doute, en partie, à ce trop de ressemblance.

À ce titre, l’intégration de la diaspora juive souvent accablée d’actes antisémites condamnables suscite autant le respect qu’elle pose la question de la place de l’islam dans notre société. Si le gouvernement réfléchit à amender la loi de 1905, ou à la mettre en partie entre parenthèses pour faire une place dans la République aux musulmans français que l’islam institutionnel ne peut leur procurer, alors il y a tout à parier que cela est envisagé et possible parce qu’une partie de la communauté musulmane française le désire et y est prête, c’est à dire prête à s’émanciper des influences étrangères.

Cela fait une grande différence avec la religion chrétienne dont les Écritures et les pratiques s’accommodent de toutes les langues et de toutes les cultures. La réforme protestante en est une vivante conséquence et l’Église catholique, le plus puissant exemple dans le monde et en France, mais apparemment aujourd’hui, pas le plus moral.
Là encore, face à l’avalanche des révélations d’affaires de pédophilie dans l’Église catholique, l’Etat français est intervenu pour faire respecter la loi et protéger les citoyens. Pour la première fois en France une peine de prison ferme a été requise contre un ancien Évêque d’Orléans qui n’avait pas dénoncé les agissements pédophiles d’un prêtre de son diocèse. À l’issue du prononcé de son réquisitoire, le procureur d’Orléans a affirmé « Ce jugement doit être un électrochoc ». Il faut donc y croire même si on ne sait rien aujourd’hui du futur délibéré.

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